La saison 2021-2022 s'annonce riche, éclectique et attrayante à l'Opéra de Montpellier

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Ce matin, Valérie Chevalier présentait à Paris la saison 2021-2022 de l’Opéra de Montpellier. L’occasion de faire également un point sur la situation ainsi que sur les réussites et les projets de cette maison qui poursuit son ouverture au plus grand nombre, de tous âges et de tous horizons. L’occasion également pour Philippe Jaroussky de présenter ses futurs projets dans le cadre de sa résidence à l’Opéra.

Un Opéra de Montpellier dynamique

Il faut dire que l’Opéra de Montpellier fait partie des maisons qui se sont montrées particulièrement actives durant la pandémie, en maintenant la quasi-totalité de sa programmation de la saison tant lyrique que symphonique, et en offrant de nombreuses captations qui se poursuivent (encore actuellement avec Le Barbier de Séville vu en octobre qui devrait être diffusé en ligne le 5 août prochain).
La période a montré un certain engouement pour le numérique : la chaîne YouTube de la maison a multiplié par dix son nombre d'abonnés (de 200 à plus de 2000) depuis le début de la pandémie, la chaîne de podcasts a rencontré un grand succès (20 000 écoutes) et poursuit son aventure dans les coulisses de l’opéra, les jeux vidéo imaginés en fonction des opéras programmés et accessibles gratuitement sur le site de l'Opéra... 
Valérie Chevalier a également insisté sur le besoin de s’adapter aux circonstances, mais aussi au public qui évolue dans une ville à la fois très étudiante, qui attire de nombreux retraités et de jeunes parents avec des attentes plus familiales. L’expérience de la pandémie a également amené la maison à s’interroger sur les horaires de spectacles et a compris que des débuts plus tôt en soirée étaient les bienvenus, d’où l’apparition de soirée débutant à 19h au lieu de 20h.

Enfin, avant d’entrer dans le détail de la saison, Valérie Chevalier a aussi pris le temps d'annoncer que le contrat de Michael Schønwandt, son actuel chef principal, vient d’être reconduit pour deux saisons. De quoi donner un peu de temps à la maison pour lui trouver un successeur (les recherches débutent dès maintenant).

Une saison 2021-22 éclectique

La saison 2021-2022 devrait donc prolonger, avec sa programmation éclectique, la réussite globale des derniers rendez-vous avec le public, affichant des salles pleines (avec la limite des jauges en vigueur). Après plus de dix ans d’absence, Rigoletto ouvrira le bal dans une nouvelle « production Covid » – la prudence reste de mise – imaginée par Marie-Ève Signeyrole, qui donnera à voir un seul en scène. L’idée est de placer le « bouffon » en « comique » d’aujourd’hui, et de s’inspirer notamment de l’histoire de Courtemanche et des nombreux comiques qui ont connu des problèmes psychiatriques. Le public retrouvera dans le rôle-titre Gëzim Myshketa, que le public a déjà pu entendre en Bartolo, mais aussi la Gilda de Julia Muzychenko (pétillante Norina en 2019), le Duc de Mantoue de Rame Lahaj ou encore la Maddalena de Rihab Chaieb (« Fantasio superlatif » en 2018-2019) et la Giovanna de Julie Pasturaud. Une fort belle distribution qui a de quoi ravir.

Puis novembre laissera place à un premier report des productions victimes de la Covid-19, à savoir le Journal d’un disparu signé par Ivo van Hove (que nous avions vu à Lyon en 2018), complété ici par « la compositrice belge Annelies van Parys, avec cinq nouvelles compositions introduisant une perspective », toujours avec Marie Hamard et Peter Gijsbertsen. Le même mois sera présenté Virilité.e.s, autre report Covid et autre nouvelle production, dans laquelle sera creusée l’intériorité du chœur d’hommes et où Alicia Geugelin et Elise Schobeß « mettent en scène cette identité masculine en recherche de nouvelles représentations structurantes ».

La fin d’année sera fêtée dans la joie avec la Cendrillon de Rossini, dans une nouvelle production signée par Alicia Geugelin, et dirigée par Magnus Fryklund qui sera alors présent non plus en tant que chef assistant mais chef invité. Wallis Giunta, encore peu connue en France mais que nous avions pu admirer dans Trouble in Tahiti, tiendra le rôle d’Angelina face au Don Magnifico de Paolo Bordogna (Figaro de premier choix en septembre dernier), au Don Ramiro d’Alasdair Kent ou à la Tisba de Polly Leech, une des plus belles voix anglophones selon la directrice de la maison.

Maxime Pascal dirigera ensuite pour ses débuts ici Like Flesh, qui vient de recevoir le Prix FEDORA, en coproduction avec l’Opéra de Lille, Opéra national de Lorraine, Opera Ballet Vlaanderen (Anvers), et l’IRCAM-Centre Pompidou. Cette création contemporaine, née des Métamorphoses d’Ovide, « souhaite créer un nouveau mythe radical et passionné sur notre relation brisée à un environnement en crise » et s’appuiera, entre autres, sur la mise en scène de Silvia Costa qui a souvent accompagné Romeo Castellucci.

Autre report, Pelléas et Mélisande, absent depuis longtemps de la scène montpelliéraine, laissera entendre Marc Mauillon non pas aux côtés d’une soprano mais de l’actrice Judith Chemla, mariant le chant à la poésie de la déclamation, selon le souhait de Benjamin Lazar. Le reste du plateau sera notamment composé d’Allen Boxer (extraordinaire dans Les Châtiments à Dijon), Elodie Méchain et Vincent le Texier. Puis ce sera au tour d’Ariane à Naxos, qui n’a pas été donnée depuis 30 ans dans cette maison, de faire un retour très attendu depuis sa programmation initiale en avril 2020. Il s’agit de la mise en scène de Michel Fau, déjà présentée à Toulouse où nous avions pu apprécier le travail et la vision du metteur en scène. Katherine Broderick (enthousiasmante Isolde en 2019), sera Ariane/La Prima donna face au Bacchus/Ténor de Robert Watson ou la Zerbinette de Hila Fahima. Toutefois, cette reprise sera aussi et surtout l’occasion d’entendre le premier Compositeur de Karine Deshayes, ce qui devrait rendre ce rendez-vous d’autant plus attrayant.

Après 17 ans d’absence, Tosca fera elle aussi son retour dans la mise en scène de Rafael R Villalobos donnée actuellement au Théâtre royal de la Monnaie où nous l’avons vue. La cantatrice polonaise Ewa Vesin tiendra le rôle-titre face au Mario Cavaradossi d’Amadi Lagha, au Scarpia d’Alfred Walker, mais aussi, dans les rôles secondaires, au Berger de Ray Chenez qui devrait nous ravir après sa Berta. La saison se conclura ensuite en feu d’artifice avec Jules César, dans une coproduction avec notamment le Théâtre des Champs-Elysées. Nous retrouverons Philippe Jaroussky à la baguette, après sa superbe direction d’Il Primo omicidio en mai dernier, poursuivant ainsi sa résidence à l’Opéra de Montpellier. Il retrouvera Damiano Michieletto pour la mise en scène et ils marqueront ensemble l’entrée au répertoire de cette œuvre que les montpelliérains découvriront donc pour la première fois. La distribution ne sera toutefois pas exactement la même qu’à Paris (où Sabine Devieilhe incarnera sa première Cléopâtre), mais elle a de quoi donner envie de se précipiter, entre Gaëlle Arquez (Jules César), Emőke Baráth (Cléopâtre), Franco Fagioli (Sextus), Lucile Richardot (Cornelia) ou Carlo Vistoli (Ptolémée).

Cette résidence sera fructueuse puisqu’elle permettra également un autre rendez-vous avec le contre-ténor, cette fois-ci en tant que chanteur aux côtés d’Il Pomo d’Oro pour une autre œuvre de Haendel : Radamisto. Autour de Philippe Jaroussky, nous retrouverons à nouveau Emőke Baráth, mais aussi Zachary Wilder, Anna Bonitatibus ou Marie-Nicole Lemieux. Nous pourrons également entendre le contre-ténor lors d’un concert accompagné par la guitare de Thibault Garcia, balayant 400 ans de musique et s’inscrivant dans le cadre d’une tournée. Il reprendra sa baguette de chef pour un concert « Haendel forever », du même nom que le disque qu’il s’apprête à enregistrer le mois prochain avec Emőke Baráth. De plus, cette rencontre matinale nous a également permis d’apprendre qu’au cours de la saison suivante, nous devrions le retrouver avec cette même soprano dans un Orfeo de Sartorio imaginé par Benjamin Lazar (et dont le public parisien entendra vendredi quelques extraits).

Parmi les autres très nombreux rendez-vous de l’année, le public pourra retrouver Bruno de Sà (après avoir déjà succombé à sa voix angélique dans Il Primo omicidio) lors d’un récital « Rome 1700 » le 11 avril, porté par Les Accents sous la direction de Thibault Noally. Ludovic Tézier (et non Stéphane Degout comme indiqué dans le programme papier) sera présent en octobre et Marie-Nicole Lemieux reviendra pour un récital piano-voix le 8 mars. Citons également une autre actrice présente dans ce programme, et pas des moindres, puisque Monica Bellucci viendra le 8 novembre pour Lettres et Mémoires de Maria Callas. Ajoutons à cela les rendez-vous « midi musicaux », « Tea Time », « Opéra Junior », « Scène ouverte », « Concerts des Lauréats », escape game et bien d’autres (y compris pour son public sourd ou malentendant)…

Difficile, face à une telle programmation, de ne pas trouver son bonheur !

Plus d’informations bientôt sur le site officiel de l’Opéra de Montpellier.

Elodie Martinez

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