Saison 2021-2022 du Grand Théâtre de Genève : "Faites l'amour..."

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À l'occasion d'une conférence de presse, le Grand Théâtre de Genève présentait aujourd'hui sa prochaine saison 2021-2022. Ainsi, après l'incontournable « point Covid » rappelant les difficultés rencontrées, les efforts financiés et créatifs, voire administratifs qui ont été engagés, ou encore après avoir rappelé que même si le numérique ne peut pas remplacer l’expérience du réel, il peut néanmoins contribuer au rayonnement d’une maison et attirer un nouveau public, Aviel Cahn (directeur général) et  Philippe Cohen (directeur du Ballet) entraient dans le vif du sujet : les neufs opéras qui attendent le public genevois en 2021-2022 lors de cette saison placée sous le thème « Faites l'amour, ...»

En septembre, la maison proposera Huit Minutes, issu de « La Plage » du Grand Théâtre de Genève, fruit du travail collaboratif et interdisciplinaire d’OperaLab.ch. Un projet un peu à part qui devrait permettre aux « alumni de écoles des HES-SO (de) présenter leur création lyrique au Cube de la HEAD-Genève en collaboration avec des nombreux partenaires genevois et romands ».
Mais dès le 13 septembre, la saison lyrique s’ouvrira pleinement avec une rareté, Guerre et Paix de Prokofiev. L’œuvre monumentale est rarement jouée – ce sera sa première représentation en Suisse – car elle exige un plateau et des moyens importants. Ce sera par l’occasion d’accueillir aussi pour la première fois Calixto Bieito et de démarrer un cycle russe que le metteur en scène poursuivra les saisons suivantes. Le plateau réunira, entre autres, Dmitry Ulyanovformidable Tsar Dodon actuellement à Lyon –, Björn Bürger, Alexey Tikhomirov, Daniel Johansson, ou encore Ruzan Mantashyan, superbe Marguerite ici-même en 2018. Alejo Pérez, spécialiste du genre, sera à la tête de la fosse.

Changement total de genre avec Le Couronnement de Poppée en collaboration avec le Budapest Festival Orchestra et son chef Iván Fische (après L’Orfeo en 2019). Valer Sabadus tiendra le rôle de Néron face à la Poppée de Jeanine De Bique dans ce qui promet d’être un beau rendez-vous musical. Nous resterons ensuite dans les coulisses royales entre politique et personnel avec Anna Bolena, qui marquera le début d’une trilogie Tudor courant sur trois ans. Le projet consiste à faire appel à la même équipe, tant artistique que scénique, pour l’ensemble de la trilogue. La mise en scène sera donc confiée à Mariame Clément (qui fera ses premiers pas à Genève) et la direction musicale à Stefano Montanari, tandis que le plateau réunira Elsa Dreisig (Anna Bolena et future Elisabetta), Alex Esposito (Enrico VIII), Edgardo Rocha (Riccardo Percy), ou Stephanie d’Oustrac (Giovanna Seymour). Il s’agira au cours de ce cycle de ne pas voir trois destins distincts, mais l’histoire d’une femme à travers plusieurs de ses âges, et imaginer qu’Elisabeth, bien qu’absente de la partition d’Anna Bolena, soit en réalité présente dans l’anonymat de la foule ou des coulisses.

En fin d’année, Les Pêcheurs de perles seront repris dans la mise en scène de Lotte de Beer (dont nous rendions compte en anglais), qui fera elle aussi ses premiers pas en Suisse. Sous la baguette de David Reiland, la distribution réunira Frédéric Antoun, Kristina Mkhitaryan, Audun Iversen et Michael Mofidian. Elektra ouvrira de son côté l’année 2022 avec une nouvelle production imaginée par Ulrich Rasche, un nom encore peu connu en France, mais grande figure du théâtre allemand « qui viendra apporter son esthétique signature faite de structures et de machines métalliques démesurées ». Ingela Brimberg, que nous avions entendue en Chrysothémis à Verbier en 2017, y tiendra le rôle-titre face à la Klytemnästra de Tanja Ariane Baumgartner, à la Chrysothemis de Sarah Jakubiak, ou encore à l’Orest de Karoly Szemeredy, entendu dernièrement à Lyon en Barbe-Bleue.

En février-mars, retour au baroque avec l’Atys de Lully signé scéniquement par Angelin Preljocaj et musicalement par Leonardo García Alarcón. Cette coproduction avec l’Opéra royal de Versailles marquera l’entrée au répertoire de l’œuvre à Genève, et promet un très beau moment musical, avec un plateau de haute volée où Matthew Newlin sera Atys, Giuseppina Bridelli, Cybèle, Ana Quintans, Sangaride, Valerio Contaldo, Morphée et le Dieu de Fleuve, ou encore Luigi Di Donato, le fleuve Sangar et le Temps.

Fin mars, le public genevois pourra assister à Sleepless, une co-commande avec le Staatstheater Berlin Unter den Linden où l’œuvre sera créée mondialement en novembre 2021. Composée par Peter Eötvös, également à la direction musicale pour certaines dates, l’opéra s’inspire de Trilogie, « œuvre intime et fataliste de l’écrivain norvégien Jon Fosse » et relate l’histoire d’un jeune couple qui décide de vivre sa vie en-dehors des normes préétablies. La mise en scène est confiée à Kornél Mundruczó, à qui l’on doit déjà L'Affaire Makropoulos vue à l’Opéra de Flandre en 2016 (reprise à Genève en 2020).

Tatjana Gürbaca, dont le travail a pu être vu de nombreuses fois à Zürich, fera ses premiers pas genevois en mai avec la nouvelle production de Jenůfa, dirigée par Tomáš Hanus avec Corinne Winters dans le rôle-titre, avant que Turandot ne vienne conclure la saison en juin-juillet. Initialement prévue en ouverture de la saison actuelle, il s’agit de la première production reportée suite au Covid, mais bien d’autres devraient suivre les saisons à venir. Mise en scène par Daniel Kramer et dirigée par Antonino Fogliani, elle permettra d’entendre Ingela Brimberg dans le rôle-titre, ainsi que le final de Berio donné pour la première fois scéniquement en Suisse.

A cela s’ajouteront de nombreux récitals, comme chaque année, avec en 2021-2022 Stéphane Degout, Ian Bostridge, Pretty Yende, Anita Rachvelishvili, Asmik Grigorian et Patricia Petibon, présente pour sa part pour le concert du Nouvel An. Un petit festival dédié à Peter Eötvös se tiendra également en parallèle de la création de Sleepless, sans oublier les nombreux rendez-vous de La Plage (avec de nombreux spectacles pour toutes la famille, comme Mon premier récital accessible dès trois ans), les conférences, les ateliers, les ballets et bien d’autres choses encore.

Plus d’informations sont disponibles sur le site de l’Opéra.

Elodie Martinez

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