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Legato

Le legato est un terme italien qui signifie « lié », et qui désigne une façon de jouer ou de chanter dans laquelle les notes se suivent sans interruption. La phrase musicale se déploie comme un ruban sonore ininterrompu. Mais il y a différentes manières de chanter « legato ». On peut chanter un simple « legato » quand la voyelle se poursuit dans la consonne suivante de manière ascendante ou descendante. On peut aussi faire un « portamento » en partant d’une note pour aller à l’autre en passant par tous les sons intermédiaires. L’art du legato qui permet à l’interprète d’obtenir plus d’expressivité, est essentiel dans la technique du bel canto.

Leitmotiv

Le « leitmotiv » est un élément (accord, morceau de phrase musicale) qui revient de façon récurrente afin de cadrer un thème qui, tout au long de l’œuvre, constitue un fil conducteur. Il peut aussi être associé à un personnage, à un sentiment, à une idée abstraite, à une situation particulière, à une émotion, et, à ce moment-là, la musique peut contredire le texte et dire la vérité intérieure d’un personnage.

Debussy, assez méchamment, et par anti-wagnérisme, a qualifié les leitmotivs de « poteaux indicateurs ». Car c’est chez Wagner que le mot et la chose s’épanouissent, même si Wagner a plutôt employé le terme de « Grundmotiv » (motif fondamental) : chez lui, le leitmotiv permet en effet à l’orchestre de commenter l’action en sous-main, à la manière d’un narrateur.

Avant Wagner, Grétry, Cherubini, Méhul, Weber, Mozart ont eu recours à des formules mélodiques récurrentes caractérisant un personnage ou une situation. Mais Wagner en a systématisé l’utilisation, en particulier dans son Ring à l’intérieur duquel on en a recensé 91 ! 

Lied

D'abord chant ecclésiastique allemand populaire au XVIe siècle, un lied (pluriel : lieder) regroupait trois ou quatre voix interprétant des mélodies courtoises. Plus tard, le genre prendra la forme de poèmes chantés par une voix, accompagné par un ensemble instrumental. Mahler ou Strauss composeront de nombreux lieder.

Livret

Le livret (de l'italien libretto, « petit livre ») désigne traditionnellement le texte littéraire qui complète la musique d’une œuvre lyrique. Le livret, original ou adapté, pose les dialogues chantés ou parlés de l’œuvre, ou encore parfois ses indications de mises à scène.

Livret

C’est un mot qui vient de l’italien libretto, c’est-à-dire petit livre, et qui désigne le texte littéraire qui va servir de base théâtrale au compositeur d’opéra. Il est le plus souvent écrit par un dramaturge spécialisé dans cette tâche : ainsi Métastase (1698-1782) au 18ème siècle a été le librettiste le plus connu en Europe et il a écrit des livrets pour presque tous les compositeurs de son époque, les dits livrets servant parfois à plusieurs compositeurs successivement. Eugène Scribe (1791-1861) est son équivalent au 19ème siècle ; il a fourni des livrets à Meyerbeer, Halévy, Boieldieu ou Auber mais aussi à Rossini, Bellini, Donizetti et Verdi. Au 19ème siècle, il y a aussi un duo de brillants librettistes français, Henri Meilhac (1830-1897) et Ludovic Halévy (1834-1908) qui passent allègrement de l’opéra à l’opérette, c’est-à-dire des livrets de Carmen (1875) à ceux des grandes opérettes d’Offenbach, La Belle Hélène (1864), La Périchole (1868) ou La Vie parisienne (1866). Il y a aussi des librettistes dont l’excellence les a rendus célèbres à l’égal des compositeurs auxquels ils sont associés : Lorenzo da Ponte (1749-1838), auteur de trois livrets de Mozart, Don Giovanni (1787), Les Noces de Figaro (1786) ou Cosi fan tutte (1790). Je pense aussi à Hugo von Hoffmansthal (1874-1929), le sublime poète associé à Richard Strauss pour Le Chevalier à la rose (1911) mais aussi Elektra (1909), Ariane à Naxos (1916), La Femme sans ombre (1919) ou Arabella (1933). Enfin il y a les compositeurs qui sont à eux-mêmes leurs propres librettistes, de Wagner qui écrivait tous ses livrets à Richard Strauss qui en a écrit quelques-uns, de sa Salomé (1905), à partir de la pièce d’Oscar Wilde, à Capriccio (1942) un opéra qui pose justement la question des rapports de la musique et du livret à l’opéra. Quoi qu’il en soit, le livret peut trouver sa source dans les chefs-d’œuvre de la littérature (Otello, Hamlet, Roméo et Juliette, etc) mais aussi dans un roman à la mode (La Dame aux camélias, Scènes de la vie de bohême, Manon Lescaut, Carmen, etc), ou encore dans un thème métaphysique (Faust), dans un conte de fées, un drame, une farce… A la fin, c’est le compositeur qui est le seul responsable. Dans Capriccio de Strauss s’engage une joute amoureuse entre un poète et un compositeur pour séduire une comtesse, Madeleine. La question est alors posée : parole ou musique, qu’est-ce qui doit prévaloir ? La comtesse Madeleine, incapable de choisir entre ses deux prétendants, n’y répondra pas !