La femme sans ombre - Die Frau ohne S...

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Informations générales

Description de l'Œuvre

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« Si on voulait de nouveau faire quelque chose ensemble, cela devrait être une action colorée et puissante…Un conte de fées où deux hommes et deux femmes sont opposés les uns aux autres…Cela serait à ‘La Flûte enchantée’ ce que ‘le Chevalier à la rose’ est aux ‘Noces de Figaro’, c’est-à-dire qu’il y aurait ici comme là non pas imitation mais une certaine analogie ». C’est en ces termes que le librettiste favori de Richard Strauss, Hugo von Hoffmannsthal, évoque leur projet commun qui nécessitera huit années de travail pour devenir La Femme sans ombre, une œuvre à la richesse aussi fascinante que complexe. Il faut se frayer un chemin dans ce parcours initiatique féérique, rempli de significations symboliques et de références littéraires et musicales. Il faut aussi savoir se laisser emporter par la poésie du merveilleux. On peut y voir un hymne à l’amour conjugal capable de rendre possible l’union d’un mortel avec une « fille des fées ». L’héroïne du septième opéra de Richard Strauss est un être immortel pour lequel l’absence d’ombre signifie l’impossibilité d’avoir des enfants. Elle aspire à quitter une vaine immortalité pour s’incarner en donnant la vie. Le thème de l’incommunicabilité entre le monde des immortels et celui des humains, ramène aux sources du romantisme, tourné vers le fantastique et la féérie - tel qu’on le voit à l’œuvre dans le premier opéra de Wagner, Les Fées. La volonté affichée de marcher sur les traces de La Flûte enchantée conduit à un « Singspiel », dans lequel un couple « noble » et un couple de simples mortels, se révèlent à eux-mêmes au terme d’un parcours initiatique jalonné d’épreuves. La complexité d’une intrigue se déroulant entre le monde des esprits et celui des humains, ajoutée à la richesse symphonique d’une orchestration qui peut aller jusqu’à rendre mal aisée la compréhension des dialogues, expliquent sans doute la réputation de difficulté attachée à l’ouvrage. La Femme sans ombre surprend par sa mystérieuse et captivante richesse. Le grand chef Karl Böhm a beaucoup œuvré pour cet opéra trop rarement donné. Il y faut des chanteurs et un orchestre exceptionnels sans oublier une grande inventivité dans la mise en scène.

Résumé

La fille du Roi des Esprits est devenue la femme de l’Empereur des îles du sud-est au prix de la perte de ses dons magiques mais elle n’a pas réussi à acquérir une ombre, qui serait le signe tangible de sa nouvelle appartenance au monde des humains. Le père de l’Impératrice lui fait savoir qu’il lui reste trois jours pour parvenir à projeter une ombre, sinon, son époux sera changé en pierre et elle devra rejoindre le monde des esprits. Dès lors, l’Impératrice est prête à tout pour se procurer une ombre, promesse d’humanité et de fertilité. Sa fidèle nourrice lui promet de la conduire vers le monde des humains où il lui sera possible d’en négocier une auprès de la femme insatisfaite du pauvre teinturier Barak. La Nourrice usant de sortilèges parvient à convaincre la femme de Barak de céder son ombre mais au dernier moment, l’Impératrice, touchée par le malheur qui attend le couple ensorcelé, renonce à son propre bonheur pour les sauver. Par ce renoncement, elle devient enfin humaine, rompant la malédiction qui pesait sur les deux couples dont les voix fusionnent dans un quatuor célébrant l’amour conjugal et la fécondité.

Acte 1

Sur la terrasse du Palais, la Nourrice chargée de veiller sur l’Impératrice, reçoit la visite du Messager des Esprits, envoyé par Keikobad, Roi des Esprits et père de L’Impératrice. Si sa fille n’a pas réussi à projeter une ombre d’ici trois jours, son mari l’Empereur sera changé en pierre et elle devra rejoindre son père. L’Impératrice doit acquérir une ombre pour appartenir définitivement au monde des humains. A son réveil, apprenant la menace qui guette son époux bien aimé, incapable de la rendre femme et mère, l’Impératrice supplie la Nourrice de l’accompagner dans le monde des humains où il sera possible de monnayer une ombre. La Nourrice sera le mauvais génie de sa maîtresse qu’elle souhaite voir échouer dans son entreprise pour l’obliger à regagner définitivement le monde des esprits. Quittant le palais qui « s’élève jusqu’aux étoiles », elles plongent toutes deux avec effroi dans le gouffre où vivent ceux qui « s’agitent comme des sauvages ».

Arrivées dans la pauvre maison du teinturier Barak, un spectacle chaotique les attend. La Femme est excédée par les frères de son mari qui se comportent en parasites. Elle est déçue par son existence difficile et par son mari trop lourdaud. Elle est donc une proie idéale pour les manigances de la Nourrice qui lui fait miroiter une existence agréable en lui promettant les faveurs d’un beau jeune homme. La Nourrice conclut un pacte avec la Femme. En échange de son ombre, l’Impératrice et elle-même seront durant trois jours à son service. La Femme s’engage aussi à ne pas avoir d’enfants, en repoussant son mari.

Acte 2

Le pauvre teinturier demeure égal à lui-même face à sa Femme toujours pleine de rancœur qui tente de résister aux propositions de la Nourrice. Quant à l’Empereur, il s’inquiète de ne rien comprendre à ce que trament la Nourrice et sa femme. L’Impératrice est torturée par le remords. Elle ne sait plus si elle doit mettre fin à l’entreprise de la Nourrice qui plongera le couple de Barak dans le malheur. Doit-elle accepter de sacrifier son époux pour préserver ces pauvres gens ? La Femme avoue à Barak qu’elle a vendu son ombre. Pour la première fois, il est hors de lui et pense la tuer. Devant ces terribles conséquences, l’Impératrice refuse de s’emparer de l’ombre achetée au prix du sang. Dans la plus grande confusion, le sol s’ouvre, engloutissant Barak et sa femme, tandis que la Nourrice entraîne l’Impératrice.

Acte 3

Barak et sa femme sont prisonniers dans une caverne. Ils sont séparés. La Femme, déchirée par la voix des enfants à venir qu’elle a condamnés au néant, voudrait rejoindre son époux qui se désole de n’avoir pas su la protéger. L’Impératrice s’apprête à affronter son père malgré les imprécations de la Nourrice dont les sortilèges sont vaincus. Elle sera condamnée à errer parmi les humains qu’elle exècre. Dans le temple souterrain où elle a pénétré, l’Impératrice découvre son époux changé en pierre. Un seul mot lui suffirait pour le sauver et s’emparer de l’ombre de la Femme qui serait alors condamnée au malheur avec son mari Barak. L’Impératrice, émue par leurs cris, refuse d’aller jusqu’au bout du pacte, prouvant son humanité par sa grande compassion. L’Empereur reprend vie. Barak et sa femme se retrouvent. Les voix des deux couples et des enfants à venir s’unissent dans un hymne à l’amour et à la vie.

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