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Bel canto

Ce terme signifie littéralement « beau chant ». On pourrait donc considérer que tout l’opéra est du « bel canto » puisqu’il est essentiellement fait pour mettre en valeur « le beau chant » et l’on confond parfois l’ensemble de l’opéra italien avec le « bel canto ». Or le terme désigneune manière de chanter et un style d’écriture musicale qui se fondent sur la recherche de la beauté dans l’interprétation. Il existe une école de chant italienne au XVIIème et au XVIIIème siècle qui repose sur une technique privilégiant la ligne de chant et la pureté de la voix.

Dans l’esthétique « belcantiste », la séduction vocale l’emporte sur la situation dramatique ravalée au rang de support. Ainsi, les castrats et les femmes pouvaient interpréter indifféremment des rôles masculins ou féminins. De la seconde moitié du XVIIème siècle jusqu’à la fin du XVIIIème, s’épanouit un « bel canto » baroque dont les ouvrages de Haendel (1685-1759) marquent l’apogée.

Le XIXème siècle voit triompher puis décliner le « bel canto » romantique avec trois compositeurs-phares : Gioacchino Rossini (1792-1868), Vincenzo Bellini (1801-1835), et Gaetano Donizetti (1797-1848). Les voix sont mises en valeur à travers des mélodies suaves comme les fameuses cantilènes chères à Bellini, tandis que chez Rossini on trouve des vocalises époustouflantes. Donizetti se distingue par des compositions ornées de cadences extraordinaires dont la virtuosité culmine dans la fameuse scène de folie à l’acte 3 de Lucia di Lammermoor (1835). Cependant, les vocalises sont désormais bien plus qu’une séduisante ornementation et leur déploiement correspond à la montée de l’intensité émotionnelle. Au cours du XIXème siècle, par désir de répondre aux exigences d’un nouveau réalisme dramatique en se conformant à la vraisemblance, les compositeurs s’éloignent progressivement des procédés du « bel canto ». L’opéra romantique préfère suivre le sens du drame plutôt que la tyrannie du « beau chant ». Verdi (1813-1901) fait triompher l’opéra dramatique qui cherche avant tout à exprimer des sentiments forts. Le passage du « bel canto » à l’opéra romantique est particulièrement sensible dans Rigoletto (1851). L’air de Gilda « Caro nome » (acte 1), et celui du Duc « La donna e mobile » (acte 3) appartiennent encore au registre du « bel canto » tandis que l’air de Rigoletto « Cortigiani, vil razza damnata » (acte 2) s’impose par sa puissance dramatique.

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