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Ténor

La voix de ténor est la voix masculine la plus aiguë. Bien sûr, il existe des voix plus aiguës, celles des contreténors, mais elles sont classées à part du fait de leur utilisation exclusive de la voix de tête et dévolues au répertoire baroque. Jusque dans la première partie du 19ème siècle, les aigus étaient émis par les ténors en voix de tête (qu’on appelle aussi voix de fausset, falsetto pour les Italiens). Le développement des orchestrations après l’époque du bel canto a conduit les ténors à développer la voix de poitrine, plus puissante mais moins étendue. C’est un ténor français, Gilbert Duprez (1806-1896), qui a imposé cette évolution vers 1840, ouvrant la voie aux ténors verdiens et pucciniens. Car, selon l’étendue, la puissance et la couleur de la voix, on distingue plusieurs catégories de ténor :

- Le ténor léger(que les Italiens appellent tenor di grazia, ténor de grâce), qui possède la tessiture la plus élevée mais la moins puissante ; il est idéal pour Almaviva du Barbier de Séville de Rossini, Arturo des Puritains de Bellini ou Tonio de La Fille du régiment de Donizetti, mais aussi pour Nadir des Pêcheurs de perles de Bizet.

- Le ténor lyrique, dont la tessiture est la même que celle du ténor léger mais dont la voix est plus large, plus puissante ; c’est la voix du Duc dans Rigoletto, de Don José dans Carmen ou de Max dans Le Freischütz de Weber.

- Le ténor dramatique, dont la voix est moins agile mais beaucoup plus puissante, capable de traverser un orchestre très fourni et d’exprimer une véhémence de caractère rare ; c’est la voix de Samson dans Samson et Dalila de Saint-Saëns, d’Otello de Verdi ou de Enée des Troyens de Berlioz.

Mais ces trois catégories de base possèdent aussi des subdivisions plus subtiles : on parle ainsi de la voix de ténor lyrique léger, qui se situe entre le ténor léger et le ténor lyrique ; ou de ténor lirico spinto, qui possède la même tessiture que le ténor lyrique mais avec une voix plus ample, plus sombre : c’est le prototype du ténor verdien genre Manrico du Trouvère ou puccinien, type Calaf dans Turandot ; on parle enfin, chez les ténors dramatiques, de Heldentenor (ou ténor héroïque) pour qualifier le ténor wagnérien, Tannhaüser ou Siegfried.

Ce qui est sûr, c’est que ce sont toujours les ténors qui incarnent les jeunes premiers, les amoureux et ceux qui sont aimés.

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