Une saison 2020-2021 qui s'inscrit dans le Temps au Théâtre des Champs-Elysées

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Après plus d’un siècle, le Théâtre des Champs-Elysées reste l’une des scènes majeures de la capitale et continue de suivre la même ligne conductrice qu’avait posée son fondateur Gabriel Astruc, à savoir la représentation de la pluridisciplinarité des genres de la musique classique, en faisant cohabiter dans sa programmation récitals, opéras, concerts et danse. Fort de cette expérience et de ce passé, Michel Franck propose pour 2020-2021 une saison qui s’inscrit dans le Temps et entend « laisser du temps au temps » : raison pour laquelle il ouvre sa scène aux jeunes talents qui ont vocation à s'éapnouir, aux opéras participatifs pour sensibiliser les plus jeunes, mais aussi aux créations (qui, avec le temps, deviendront peut-être des oeuvres de répertoires) ou aux classiques atemporels qui ont déjà passé les suffrages du temps.

Six productions mises en scène (dont un diptyque) seront ainsi proposées au TCE durant la prochaine saison, à commencer par Der Messias qui n’est pas exactement le chef d’œuvre de Haendel puisque la maison parisienne proposera ici une version revisitée par Mozart, plutôt rare, bien que cette production ait déjà été également donnée à Salzbourg en janvier et reprise en juillet prochain. Elle sera musicalement magnifiée par Marc Minkowski tandis que Robert Wilson se chargera de la mise en scène. Suivra en octobre Le ballet royal de la Nuit, spectacle enchanteur dirigé par Sébastien Daucé et imaginée par Francesca Lattuada qui a déjà ravi le public l'ayant vu, notamment à Caen, Dijon ou Versailles. Véritable féérie baroque mythique qui a participé à faire de Louis XIV le Roi Soleil puisqu'il y apparaissait en Apollon, tout en Soleil, lors de la dernière veille pour la création du spectacle en 1653.

Changement d'atmosphère et de décors en novembre avec la Salomé de Strauss, mise en scène par Krzysztof Warlikowski que les Munichois ont déjà pu voir en 2019, lors de sa création, déjà reprise en octobre de la même année. Ce travail scénique mêlant théâtre, cruauté, atmosphère nazie et désespoir sera porté dans la fosse par Henrik Nánási tandis que Patricia Petibon endossera le rôle-titre face notamment à Sophie Koch ou Gábor Bretz. La soprano star sera également présente en mars pour ce qui sera l'un des grands temps forts de la saison : la nouvelle production dans laquelle se côtoieront La Voix humaine de Poulenc et Point d'Orgue, oeuvre commandée par le Théâtre des Champs-Elysées à Thierry Escaich (à qui l'on doit Benjamin dernière nuit en 2016 et Shirine, qui aurait dû être créé à Lyon le mois prochain) ainsi qu'à Olivier Py, non seulement pour la mise en scène mais aussi pour l'écriture. L'oeuvre était d'ailleurs nommée pour le prix Fedora en début d'année et Patricia Petibon retrouvera ici Jean-Sébastien Bou et Cyrille Dubois, tandis que Jérémie Rhorer sera au pupitre, recréant ainsi l'équipe gagnante des Dialogues des Carmélites qui ont tant marqué l'histoire du théâtre et son public, maintes fois repris depuis. La production continuera d'ailleurs à être reprise, cette fois-ci à Barcelone en octobre-novembre 2020.

Autre nouvelle production de la saison, La Somnambula de Bellini – déjà donnée en version de concert avec Sabine Devieilhe en 2016 – sera ici mise en scène par un nom que les mélomanes connaissent bien en tant que chanteur au rayonnement internationnal, à savoir Rolando Villazón qui troque ainsi sa casquette de ténor pour la direction scénique. Ce ne sera toutefois pas sa première expérience, puisqu'on le trouvait déjà dans ce rôle en janvier dernier pour Les Noces de Figaro à Salzbourg. La distribution réunira notamment Nadine Sierra et Alexander Tsymbalyuk sous la baguette de Riccardo Frizza. Enfin, la dernière oeuvre lyrique mise en scène au TCE durant la saison sera l'opéra participatif désormais annuel (après Un BarbierCarmen, étoile du cirque et Les Petites Noces) autour cette fois de l'Elisir d'Amore avec Un Elixir d'amour. Une double distribution sera à nouveau mise en place sous la direction de Manuel Renga pour la mise en scène et Marc Leroy-Calatayud pour la musique.

Un peu plus de vingt opéras en version de concert et oratorios viendront compléter la programmation, tous plus alléchants les uns que les autres. L'Oreste de Haendel ouvrira le bal en novembre avec Franco Fagioli et Francesca Aspromonte aux côtés d'Il Pomo d'oro, suivi dans le même mois par le rare Combat de Tancrède de Monteverdi avec Magdalena Kožená et Werther, dans lequel nous retrouverons Stéphanie d'Oustrac, dans ce rôle de Charlotte qu'elle sert si bien depuis sa prise de rôle nancéenne, face à Sir Simon Keenlyside, Jean-Sébastien Bou et Florie Valiquette

Si Zürich propose l'oeuvre de Pergolèse, le TCE opte pour l'Olimpiade de Vivaldi en décembre, avec notamment Ambroisine Bré et Chiara Skerath sous la direction toujours ensorcelante de Jean-Christophe Spinosi, tandis qu'une autre oeuvre rare marquera la fin de saison avec La Fille de Madame Angot de Lecocq qui connut un véritable triomphe à sa création en 1872 avant de tomber dans l'oubli. La production affiche un plateau fort attrayant, comprenant Anne-Catherine Gillet, Véronique Gens, Mathias Vidal ou encore Yann Beuron.

D'autres oeuvres plus connues se joindront également à la programmation, comme Un Bal masqué, Cosi fan tutte (avec ni plus ni moins que Julia Kleiter, Sandrine Piau, Emőke Baráth, Michael Spyres et Vittorio Prato), Parsifal (avec Brandon Jovanovich et Anja Kampe), Les Puritains (où nous pourrons entendre Jessica Pratt et Xabier Anduaga), Capriccio, et Tamerlano (avec à nouveau Michael Spyres mais aussi Bejun Mehta et Jakub Józef Orliński. Enfin, la saison devrait finir dans un éclat de rire avec La Belle Hélène, réunissant Michèle Losier, Camille Poul, Marie Lenormand, Cyrille Dubois et bien d'autres.

Afin d'aggrémenter cette riche saison, de nombreuses oeuvres plus spirituelles viendront ponctuer l'année (comme le Te Deum de Charpentier, le Stabat Mater de Pergolèse avec Emőke Baráth et Carlo Vistoli, le Requiem de Mozart ou les Passions de Bach), ainsi que dix-neuf récitals réunissant des noms prestigieux, français et internationnaux : Sabine Devieilhe, Sonya Yoncheva, Jakub Józef Orlinski, Pretty Yende, Benjamin Bernheim, Michael Spyres, Lawrence Brownlee, Olga Peretyatko, Karine Deshayes, Erwin Schrott, Jonas Kaufmann, Jodie Devos, Philippe Jaroussky, Patrizia Ciofi ou encore Lisette Oropesa pour n'en citer que quelques-uns, parfois en solo, mais aussi parfois en duo, trio ou même quatuor ! 

Au total, ce ne sont pas moins d'un peu plus de deux cents levers de rideau qui sont prévus pour cette saison qui marque également le début du troisième mandat de son directeur, Michel Franck. Une très belle saison s'annonce donc, pleine de promesses et de rendez-vous immanquables ! Les abonnements en ligne seront par ailleurs possibles dès demain.

Plus d'informations sur la brochure du TCE, et bientôt sur le site officiel du Théâtre.

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