Le Théâtre Royal de la Monnaie annonce sa saison 20/21

Xl_1200px-th__tre_de_la_monnaie_1

« Once upon Now » (Il était Maintenant) : tel est le motto choisi par Peter de Caluwe pour définir la saison 20/21 du Théâtre Royal de La Monnaie, une saison où alterneront ouvrages contemporains/créations et œuvres du répertoire. C’est ainsi - à l’instar de la saison actuelle avec Macbeth Underworld de Pascal Dusapin et Le Silence des ombres de Benjamin Attahir (nous avons assisté à l’un et à l’autre) - que la nouvelle saison débutera avec deux créations : d'abord The Time of our singing du belge Kris Defoort, basé sur le roman éponyme de Richard Powers : « une grande saga familiale, une quête artistique et identitaire célébrant la symbiose de la musique classique et du jazz ». L’ouvrage sera dirigé par le chef canadien Kwamé Ryan et mis en scène par le très actif homme de théâtre américain Ted Huffman. Suivra The Sleeping Thousand d’Adam Maor, qui se veut être « une critique sociale, brûlante d’actualité, du conflit israélo-palestinien », et dont la première mondiale a eu lieu lors du dernier festival d’Aix-en-Provence.

En octobre/novembre, c’est un ouvrage qui connaît un réel regain d’intérêt ces dernières années que La Monnaie mettra à son affiche : Die tote Stadt (La Ville morte) d’Erich Korngold, dans une mise en scène de Mariusz Trelinski, le célèbre directeur du Teatr Wielki de Varsovie. Roberto Sacca sera Paul, Marlis Petersen chantera Marie, tandis que l’excellent baryton allemand Georg Nigl (mémorable Jakob Lenz in loco) interprètera le double rôle de Frank et Pierrot. Pour la fin d’année, ce sera le testament de Giuseppe Verdi qui égaiera le public, un Falstaff importé du Teatro Real de Madrid, dirigé ici par le directeur musical de La Monnaie, le chef français Alain Altinoglu. Cette production signée par le talentueux Laurent Pelly sera défendue par une double distribution pour les principaux rôles : Roberto Frontali alternera avec Werner van Mechelen dans le rôle-titre, Mattia Olivieri partagera celui de Ford avec Lionel Lhote, quand Myrto Papatanasiu et Anne-Catherine Gillet incarneront tour à tour Alice Ford, et Daniela Barcellona et Beth Taylor le personnage de Mrs Quickly. Anicio Zorzi Giustiniani sera Fenton face à la Nannetta d’Elena Galitskaya.

Basé sur l'étrange histoire de fantômes de Henry James, The Turn of the screw de Benjamin Brittenthriller psychologique sous forme d'opéra de chambre - ouvrira l’année 2021. La sulfureuse Andrea Breth (à qui l’on doit le Jakob Lenz précité) en proposera une nouvelle version, tandis que le chef britannique Ben Glassberg sera à la baguette. Le Prologue sera assuré par John-Graham Hall, tandis que Sally Matthews officiera dans le rôle de La Gouvernante, Carole Wilson dans celui de Mme Goose, Giselle Allen sera Miss Jissel, et enfin Julian Hubbard Peter Quint.

Après la Trilogie Mozart de cette saison (brutalement interrompue pour cause de Covid 19 galopant…), le cycle de la Saison 20/21 tournera autour de la Tétralogie de Gaetano Donizetti consacrée à la période elisabéthaine : Elisabetta al castello di Kenilworth (1829), Anna Bolena (1830), Maria Stuarda (1834) et Roberto Devereux (1837). Avec Bastarda !, le metteur en scène et concepteur du projet Olivier Fredj ainsi que le chef d’orchestre Francesco Lanzillotta « se proposent de refondre cette tétralogie officieuse dans une fresque ambitieuse en deux soirées retraçant la vie d’Elizabeth I. À partir de moments emblématiques des quatre opéras de Donizetti, c’est une nouvelle partition qui sera composée au profit d’une dramaturgie inédite ». Un projet qui promet d’être un des temps forts de la saison bruxelloise, et qui sera porté par une distribution alléchante : Davinia Rodriguez en Elisabetta, Salome Jicia en Anna Bolena, Enea Scala en Percy et Leicester, Luca Tittoto en Enrico VIII, Rafaella Lupinacci en Giovanna et Sara, et enfin David Hansen en Smeaton, ce qui marque un retour en force des contre-ténors dans les emplois de mezzos… On restera chez les Tudors au mois de mai, avec le rare Henry VIII de Camille Saint-Saens, considéré comme un « hommage au grand opéra français du XIXe siècle, qui raconte l'annulation par le roi de son mariage avec Catherine d'Aragon, au profit d'Anne Boleyn, et la séparation de l'Église d'Angleterre avec l'autorité papale ». Il sera confié à l’incontournable Olivier Py, à qui l’on doit de grandes soirées dans cette même salle (à commencer par Les Huguenots de Giacomo Meyerbeer en 2011…). Dirigé par Alain Altinoglu, l’ouvrage réunira notamment Laurent Naouri en Roi Barbe-Bleue, Véronique Gens en Catherine d’Aragon et Nora Gubisch en Anne Boleyn. La saison s’achèvera avec l’un des plus gros succès (critique et public) de la maison belge ces dernières années, le fameux Parsifal imaginé par Romeo Castellucci en 2010 pour La Monnaie, dans lequel l’homme de théâtre italien « avait voulu mettre en exergue les nombreuses possibilités interprétatives de ce festival scénique sacré ». Julian Hubbard incarnera le rôle-titre, Marina Prudenskaya celui de Kundry, et ils seront entourés par Andrew Schroeder en Amfortas, Kurt Gysen en Titurel et  Gabor Bretz en Gurnemanz.

De nombreux concerts et récitals viendront également agrémenter la saison, comme l’opéra en format concertant De Kinderen der Zee de Lodewijk Mortelmans, ou encore de nombreuses soirées en compagnie de Sabine Devieilhe (le 16/9), Sir simon Keenlyside (le 17/12), Eva-Maria Westbroek (le 11 /1), Bejun Mehta (le 25/3), et Stéphanie d’Oustrac (le 9/5).

Plus d’informations sur le site officiel de La Monnaie


| Imprimer

En savoir plus

Commentaires

Loading