Saison 2026-2027 du Royal Ballet and Opera de Londres : « enchantement et exaltation »

Xl_royal_ballet_and_opera_londres_saison_2026_2027 © Saison 2026 2027, Royal Ballet and Opera - Covent Garden

Quelles sont les promesses de la saison 2026-2027 du Royal Ballet and Opera de Londres ? Une programmation qui explore près de trois siècles de musique, de Rameau à des œuvres contemporaines, mêlant de grandes œuvres de répertoire et des expérimentations novatrices (notamment sur la petite scène du Linbury Theatre). Tour d’horizon des temps forts de la saison 26/27. 

« Alors que le monde est en pleine tourmente, l’Opéra Royal dévoile une saison placée sous le signe de l’enchantement et de l’exaltation, articulée autour d’un répertoire foisonnant ». C’est ainsi qu’Oliver Mears introduit la prochaine saison 2026-2027 du Royal Ballet and Opera de Londres. Et la diversité des répertoires est effectivement au-rendez : de Rameau (mis en scène pour la première fois à Covent Garden) aux œuvres contemporaines, en passant par Mozart, Verdi ou Puccini et Janáček mais aussi Wagner qui cette saison encore aura les honneurs de la programmation londonienne. Au total, l’Opéra Royal promet dix nouvelles productions et entend expérimenter sur sa scène alternative du Linbury Theatre.

La saison 2026/27 du Royal Ballet and Opera en un coup d'œil

  • Don Giovanni (reprise), par Kasper Holten / Stefano Montanari (10 sept. - 15 oct. 26)
  • Alcina (reprise), par Richard Jones / David Bates (15 sept - 3 oct 26)
  • Parsifal, par Evgeny Titov / Jakub Hrůša (1er - 17 oct. 26)
  • 4.48 Psychosis (reprise), par Ted Huffman (17-25 oct. 26)
  • Carmen (reprise), par Damiano Michieletto / Sesto Quatrini (29 oct. - 21 nov 26)
  • Un ballo in maschera, par Philipp Stölzl / Jakub Hrůša (30 nov. - 18 déc. 26)
  • La Flûte enchantée (reprise), par David McVicar / Dalia Stasevska (13 déc - 17 fév. 27)
  • Le Crépuscule des dieux, par Barrie Kosky / Antonio Pappano (21 jan. - 7 fév. 27)
  • Good Sometimes Queen (création), par Ola Ince (23-29 janv. 27) 
  • Così fan tutte, par Netia Jones / Thomas Hengelbrock (10-28 fév. 27)
  • Les Boréades, par R.B. Schlather / Camille Delaforgue (4-14 mars 27)
  • Il trittico (reprise), par Richard Jones / Speranza Scappucci (5-18 mars 27)
  • Káťa Kabanová (reprise), par Richard Jones / Jakub Hrůša (22 mars / 10 avr. 27)
  • Le Sacre du Printemps / Le Château de Barbe-Bleue, version de concert (2 avr. 27)
  • La Gioconda, par Oliver Mears / Antonio Pappano (29 avr. - 18 mai 27) 
  • UR_, par Netia Jones (27 mai - 2 juin 27)
  • Aida (reprise), par Robert Carsen / Michele Mariotti (19 mai - 12 juin 27)
  • Hercules, par Barrie Kosky / Laurence Cummings (18 juin - 9 juil. 27)
  • Madama Butterfly (reprise), par Moshe Leiser, Patrice Caurier / Henrik Nánási
  • Elektra (reprise), par Christof Loy / Semyon Bychkov (12 - 24 juil. 27)

Wagner à l’honneur

Le Royal Opera vient de faire sensation avec Siegfried, troisième volet de la Tétralogie de Wagner mise en scène par Barrie Kosky à Londres, sous la direction musicale d’Antonio Pappano. Ce Ring s’achèvera la saison prochaine avec Le Crépuscule des dieux, confié à la même équipe artistique pour accompagner une distribution composée notamment d’Andreas Schager (Siegfried), Elisabet Strid (Brünnhilde), Christopher Purves (Alberich) ou Mika Kares (Hagen).

L’institution londonienne y ajoute une nouvelle production de Parsifal, confiée cette fois au metteur en scène Evgeny Titov qui promet « une perspective visionnaire et dystopique » de l’opéra de Wagner. En fosse, le nouveau directeur musical de la maison, Jakub Hrůša, accompagnera une distribution d’envergure emmenée par Stanislas de Barbeyrac, Ekaterina Gubanova, Christian Gerhaher ou Brindley Sherratt.

Grande distribution pour grand répertoire

Antonio Pappano reviendra dans la fosse de l’Opéra Royal en avril et mai 2027 pour diriger La Gioconda, dans la production d’Oliver Mears étrennée au Festival de Pâques de Salzbourg en 2024. Sur scène, Anna Netrebko reprendra le rôle-titre, aux côtés notamment de Stefan Pop et Gabriele Viviani dans les rôles respectifs d’Enzo et de l'infâme Barnaba.

De son côté, en décembre 2026, Jakub Hrůša dirigera une nouvelle production d’Un ballo in maschera de Verdi, dans une mise en scène « surréaliste » de Philipp Stölzl, pour ses débuts sur la scène londonienne – avec une distribution réunissant notamment Charles Castronovo, Malin Byström, Aleksei Isaev, Anita Rachvelishvili et Kseniia Nikolaieva.

Le jeune chef sera de retour sur le podium du RBO en mars 2027 pour diriger la reprise de l’impressionnante Kátia Kabanová mis en scène par Richard Jones, avec Corinne Winters dans le rôle-titre. On peut noter aussi le retour d’Il trittico de Puccini, également mis en scène par Richard Jones, confiée à la baguette de la cheffe invitée Speranza Scappucci, avec sur scène notamment Natalya Romaniw, Étienne Dupuis, SeokJong Baek, Ermonela Jaho ou Bryn Terfel. On peut y ajouter aussi Alcina avec Lisette Oropesa et Emily D’Angelo, Elektra avec Ausrine Stundyte ou encore Tosca avec Aleksandra Kurzak et Saimir Pirgu.

Raretés et curiosités

Au rang des raretés de cette saison 26/27, l’Opéra Royal poursuit son exploration du répertoire de Haendel avec une nouvelle production du rare Hercules, signée Barrie Kosky – l'ouvrage n’avait plus été donné à Covent Garden depuis 1750. La direction musicale revient à un spécialiste du répertoire baroque, Laurence Cummings, pour accompagner notamment Anthony Robin Schneider dans le rôle-titre.

Sur le front des curiosités, l’Opéra Royal imagine aussi un diptyque réunissant une version de concert du Château de Barbe-Bleue de Bartok avec Elīna Garanča et Christian Van Horn couplé au Sacre du Printemps de Stravinsky.

L’institution confiera aussi la mise en scène d’une nouvelle production de Così fan tutte à Netia Jones. L’œuvre est loin d’être une rareté, mais la metteuse en scène entend « revisiter la comédie de mœurs de Mozart à travers un regard contemporain acéré, où les intrigues amoureuses du XVIIIe siècle côtoient des manœuvres high-tech profondément satiriques » – on connait son goût pour la vidéo et l’utilisation de technologies, on pourra être curieux de découvrir cette relecture du grand classique de Mozart. Sur scène, Louise Alder, Simone McIntosh, Mingjie Lei et Huw Montague Rendall incarneront les quatre amants, alors que Gerald Finley jouera les marionnettistes dans le rôle de Don Alfonso.

Innovations au Linbury Theatre

L’Opéra Royal n’a pas les moyens financiers de produire de nouvelles créations pour sa grande salle – dixit Oliver Mears, même si des projets sont en cours pour les prochaines saisons. Pour autant, la même Netia Jones est directrice associée du Royal Ballet and Opera, avec pour mission du renouveler répertoire de la vénérable institution britannique et de faire vivre sa scène alternative du Linbury Theatre – en 26/27, elle y signe sa première saison.

Le Théâtre accueillera notamment la création mondiale de Good Sometimes Queen, dans une mise en scène d’Ola Ince et un nouvel arrangement pour le Doric String Quartet. Signé du compositeur australien Brett Dean sur un livret de Matthew Jocelyn, l’ouvrage s’articule autour de deux cycles de chants explorant les destins de Marie Stuart et d’Ophélie, le personnage de Shakespeare. Madame ma bonne Soeur évoque les mots et lettres de Marie Stuart à travers cinq portraits musicaux, quant à Once I played Ophelia, l’œuvre prend des allures de « tapisserie musicale composée des paroles prononcées par l’héroïne de Hamlet de Shakespeare ».

Netia Jones programme également une reprise de 4.48 Psychosis de Philip Venables, dans une mise en scène de Ted Huffman, alors que la compositrice islandaise Anna Thorvaldsdottir verra son opéra de chambre UR_ (2015) porté à la scène dans une production de Netia Jones qui fera cohabiter « les dernières technologies et d’antiques rituels » dans une expérience musicale « voyageant entre le passé et le futur, l’éveil et l’obscurité, la nature et la modernité ».

Dans une autre forme d’innovation, le Linbury Theatre accueillera également une production des Boréades de Rameau, en coproduction avec l’Irish National Opera. « Innovation » car c’est la première fois que le compositeur baroque sera mis en scène à Covent Garden, par le Royal Opera. La production sera confiée au metteur en scène de théâtre américain R. B. Schlather, alors que la direction musicale reviendra à Camille Delaforge, à la tête de l’Irish Baroque Orchestra.

Selon Alex Beard, le patron du Royal Ballet and Opera, cette saison 26/27 doit « célébrer l’audace narrative, l’innovation artistique et les spectacles inspirants qui repoussent les limites de nos formes artistiques », avec l’ambition de « créer un lien avec le public, non seulement dans nos deux salles, mais aussi à travers le monde ». Le détail de cette saison est disponible sur le site de l’institution londonienne.

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