© Saison 2026/27 de l'Opéra national du Rhin
Chrysoline Dupont dévoile sa première saison à la tête de l’Opéra national du Rhin, qu’elle place sous le signe « de l’émotion et du sensible » : elle programme de grands opéras confiés à de jeunes metteurs en scène, des œuvres rares et des curiosités, tout en faisant de la place à la jeune génération de chanteuses et chanteurs – notamment à l’occasion de prises de rôle. Présentation de cette saison 26/27 de l’OnR.
Le 1er juillet prochain, Chrysoline Dupont succédera officiellement à Alain Perroux à la tête de l’Opéra national du Rhin. La (future) directrice de l’institution strasbourgeoise est néanmoins d’ores et déjà à pied d’œuvre depuis sa nomination en 2024 : elle signe une première saison 2026/27 qu’elle a souhaité placer « sous le signe de l’émotion et du sensible ». Elle (s’)interroge : « pourquoi franchir le seuil d’une maison d’opéra (...) ? » et répond, « pour être ému, bouleversé, consolé, pour la promesse d’une expérience poétique, mais surtout pour partager et se rassembler car l’émotion nous relie et nous permet de faire société ».
Pour susciter cette émotion, elle compose une saison réunissant « cinq nouvelles productions lyriques, un oratorio, quatre ballets, ainsi qu’un opéra volant, un opéra pour enfants, des récitals et concerts » avec la promesse de faire « dialoguer les grandes œuvres du répertoire avec des lectures résolument contemporaines ». Et pour nourrir « une confiance envers la jeunesse et un dialogue entre les générations », ces productions seront défendues par de jeunes artistes notamment issus de l’Opéra Studio (avec « plusieurs prises de rôles majeures (...) et premières mises en scène ») aux côtés d’interprètes plus confirmés. Tour d’horizon des temps forts de cette prochaine saison.
La saison 2026/27 de l'Opéra national du Rhin en un coup d'œil
- Ariane à Naxos, par Myriam Marzouki / Christoph Koncz
- Le Paradis et la Péri, par Bertrand Couderc / Antonello Manacorda
- La Valse rêvée d’Offenbach, par Barthélémy Fortier / Guillemette Daboval
- Pelléas et Mélisande, par Richard Brunel / Louis Langrée
- L’Amour des trois oranges, par Laurent Pelly / Aziz Shokhakimov
- Rigoletto, par Eddy Garaudel / Clelia Cafiero
- Le Petit Ramoneur (opéra pour enfants), par Johanna Boyé
- Lucie de Lammermoor, par Evgeny Titov / Karen Kamensek
Comme un clin d’œil, Chrysoline Dupont ouvre sa première saison à l’Opéra national du Rhin dès fin octobre 2026 avec une nouvelle production d’Ariane à Naxos – et sa mécanique de mise en abyme (un opéra mettant en scène la création d’un opéra), à mi-chemin entre pastiche et parodie. Myriam Marzouki en assurera la mise en scène, pour faire « résonner l’œuvre de 1916 avec les inquiétudes de notre époque ». La confiance en la jeunesse revendiquée par la nouvelle directrice s’exprimera au travers de la distribution réunie par l’OnR, notamment marquée par une double prise de rôles : Eugénie Joneau chantera sa première Ariane et Julie Roset incarnera la facétieuse Zerbinetta, aux côtés notamment de AJ Glueckert en Bacchus.
Lectures contemporaines du répertoire
Les grandes œuvres de répertoire sont bien présentes dans la programmation, mais Chrysoline Dupont entend manifestement en proposer une lecture actuelle. Le Rigoletto de Verdi est confié au jeune metteur en scène Eddy Garaudel, pour sa « première mise en scène d’une grande œuvre lyrique, dans une lecture contemporaine glaçante révélant violence des dominations et solitude du bouffon ». Pour faire vivre cette approche de l’œuvre, le baryton Aleksei Isaev (qui fait sensation dans le répertoire verdien) interprétera le rôle-titre aux côtés notamment de la Gilda de Julia Muzychenko, à la voix déjà séduisante dans ce même rôle à Montpellier. Ils seront accompagnés en fosse par la cheffe italienne Clelia Cafiero.
L’OnR proposera également un Pelléas et Mélisande confié à une belle équipe artistique : Richard Brunel à la mise en scène et Louis Langrée à la direction musicale. La production aurait dû être donnée à l’Opéra de Lyon (coproducteur du spectacle) avant que le Covid n’en décide autrement, et doit transposer l’ouvrage de Debussy dans « un univers inspiré d’un sanatorium » pour explorer les interactions entre « pouvoir, enfermement et relations entre générations, dans une approche délicate et profondément humaine ». La distribution pique tout autant la curiosité : l’enthousiasmante Lauranne Oliva chantera sa première Mélisande aux côtés de Guillaume Andrieux en Pelléas, alors que Stéphane Degout interprètera le rôle de Golaud pour la première fois après avoir déjà régulièrement chanté le rôle-titre.
Des raretés et curiosités
Pour inviter à la découverte, l’Opéra national du Rhin promet aussi quelques curiosités et œuvres relativement peu données sur les scènes françaises. Mentionnons d’abord Le Paradis et la Péri, oratorio aussi envoutant que fascinant de Robert Schumann, inspiré d’un conte perse évoquant un ange aspirant à regagner le paradis. La soprano Nikola Hillebrand chantera la Péri aux côtés de Huw Montague Rendall, accompagnée par Antonello Manacorda à la tête de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg. Bertrand Couderc, qu’on connait pour sa gestion des lumières au théâtre ou à l’opéra signera là sa première « mise en espace et en lumière ».
L’Opéra de Lyon ouvrira sa saison avec une nouvelle production de la version française de L'Amour des trois oranges de Prokofiev, confiée à Laurent Pelly. L’Opéra national du Rhin la reprendra quelques mois plus tard, en mars 2027, dans la même distribution emmenée par Le Roi de Piotr Micinski, le Prince de Linard Vrielink ou la Princesse Clarice de Lucie Roche. La partition de Prokofiev sera interprétée par l’Orchestre philharmonique de Strasbourg dirigé par son directeur musical, Aziz Shokhakimov.
En mars et avril 2027, l’Opéra national du Rhin empruntera aussi la Lucie de Lammermoor mise en scène par Evgeny Titov, donnée actuellement à l’Opéra-Comique en version française (qu’on voit plus rarement que la version originale italienne de l'opéra de Donizetti). Une nouvelle distribution défendra la production, notamment marquée par la prise de rôle de Lauranne Oliva dans le rôle-titre face à l’Edgard de Julien Dran. En fosse, la cheffe américaine Karen Kamensek assurera la direction musicale.
S'adresser à tous les publics
Pour compléter sa saison, l’OnR s’adressera aussi aux jeunes spectateurs (et à leurs parents) au travers d’une nouvelle production du Petit Ramoneur, court opéra de Benjamin Britten. Interprétée par les élèves de la Maîtrise de l’OnR (sous la direction de Sandrine Abello) et les solistes de l’Opéra Studio de l’institution, la production est confiée à l’actrice et metteuse en scène Johanna Boyé. Elle adaptera l’histoire du jeune ramoneur qui tente d’échapper à ses patrons, dans le cadre d’une « expérience participative » qui invitera le public à chanter avec les enfants de la Maîtrise.
La saison dernière, l’Opéra national du Rhin indique avoir accueilli « 150 000 spectateurs, dont près de 30% de moins de 28 ans ». Gageons que l’établissement entend de nouveau séduire le public avec sa prochaine saison : l’Opéra a vocation à être toujours « plus ouvert et plus accessible » et à cette fin, « 30% des places mises à la vente sont à moins de 50 euros ». Le détail de la saison 26/27 de l’OnR est disponible sur le site de l’institution.
publié le 5 mai 2026 à 15h36 par La rédaction
05 mai 2026 | Imprimer
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