© Saison 2026/27 de l'Opéra-Comique
La scène de l’Opéra-Comique fera l’objet de travaux pendant plusieurs mois, obligeant l’institution parisienne à imaginer une saison 2026/27 hors norme et hors-les-murs, donnée dans des lieux insolites, du Grand Palais au Théâtre de Gennevilliers. Tour d’horizon des temps forts de cette prochaine saison.
À partir de juin et jusqu’en septembre 2027, l’Opéra-Comique fermera ses portes pour permettre d’importants travaux de rénovations – la cage de scène de la salle Favart doit notamment être modernisée pour renforcer la structure du plateau et la rendre modulable pour mieux répondre aux exigences scéniques des productions d'aujourd'hui ou imaginer de nouveaux effets visuels (grâce à un système de trappes), et les cintres seront repensés pour améliorer les conditions de travail des équipes techniques. Au terme de ces travaux, l’Opéra-Comique aura vocation à profiter des « technologies les plus avancées » pour les mettre « au service de la création », fort « d’un outil scénique capable d’accompagner les formes de création les plus diverses, aujourd’hui et pour les décennies à venir ».
Le temps des travaux, la salle Favart sera néanmoins (partiellement) inutilisable, contraignant Louis Langrée à imaginer une saison 2026-2027 « hors normes » qui se déploiera « hors-les-murs » dans des espaces inattendus – en vrac, au Grand Palais ou au musée d'Orsay, au Théâtre de Gennevilliers, à la Cité internationale des Arts, que ce soit à Paris et en banlieue ou en région. Et manifestement, la contrainte technique a contribué à nourrir la créativité de l’institution parisienne. Tour d’horizon des temps forts de la saison 26/27 de l’Opéra-Comique.
La saison 2026/27 de l’Opéra-Comique en un coup d' œil
- Zaïde ou le Chemin de lumière d’après Mozart, au Lycée Carnot (Paris 17e)
- Carmen, opéra-paysage itinérant d’après Bizet, à la Cité internationale des Arts (Paris 4e)
- L’Histoire du soldat d’Igor Stravinsky / Into the Little Hill de George Benjamin au T2G Théâtre de Gennevilliers
- La Fabuleuse Histoire de l'Opéra-Comique, en tournée dans 16 villes en France
- Heaven & Hell, création de Pascal Dusapin au Grand Palais
- Et plus de 60 propositions originales au foyer de l’Opéra-Comique...
Création de Heaven & Hell de Pascal Dusapin au Grand Palais
Sans doute l’une des propositions les plus notables de cette saison 26/27 un peu particulière, l’Opéra-Comique investira le Grand Palais à l’occasion de la création mondiale de Heaven & Hell. Librement inspiré du recueil poétique The Marriage of Heaven and Hell de William Blake qui fait dialoguer l’enfer et le paradis, cette commande de l’Opéra-Comique à Pascal Dusapin promet « la rencontre de deux univers spirituels : l’élan visionnaire de Blake et la solennité liturgique de la messe de Requiem ». Présentée par le compositeur comme un « opératorio », à mi-chemin entre l'opéra et l'oratorio, l’œuvre entend « explorer en deux langues, latine et anglaise, la tension entre deux visions de l’au-delà, de la justice divine et de la destinée humaine ».
Le cadre exceptionnel du Grand Palais (à l’occasion de la troisième édition du festival Grand Palais d’été) doit surtout donner toute son envergure à l’œuvre « conçue pour trois chœurs, une soliste et un ensemble instrumental ». En une grande forme chorale, quelque 200 interprètes participeront à la création de l’ouvrage dans une mise en scène confiée à Netia Jones et à la direction musicale de Mathieu Romano. Autour de la mezzo Christel Loetzsch, l’Ensemble Aedes, la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique et des chœurs amateurs formeront les effectifs de cette création.
L’Opéra-Comique complète sa programmation d’œuvres récentes, voire contemporaines, avec un diptyque réunissant L’Histoire du soldat d’Igor Stravinsky et Into the Little Hill de George Benjamin. Là encore, l’espace scénique infuse dans le projet artistique : les deux contes seront donnés en novembre prochain au Théâtre de Gennevilliers, dirigé Daniel Jeanneteau, qui a contribué à la création d’Into the Little Hill en 2006 et qui assurera ici la mise en scène de cette nouvelle production avec Marie-Christine Soma. La cheffe Lucie Leguay assurera la direction musicale pour accompagner tantôt les trois récitants de L’Histoire du soldat (Christèle Tual dans le rôle du Lecteur, Maxime Crescini dans celui du Soldat et Roland Vouilloz en Diable), tantôt la soprano Jennifer France et la mezzo Joanne Evans dans Into the Little Hill.
Des adaptations saluées par la critique
La saison 26/27 de l’Opéra-Comique se décline dans des lieux insolites et décline aussi des œuvres dans un format insolite.
L’établissement parisien reprendra par exemple Zaïde ou le Chemin de lumière, ce pasticcio étrenné avec succès l’année dernière au Festival de Salzbourg. On le sait, le Zaïde de Mozart est resté inachevé – le compositeur ayant préféré se consacrer notamment à L’enlèvement au sérail. Le chef Raphaël Pichon l'a complété avec les partitions d’autres œuvres du compositeur rarement jouées, pour imaginer un spectacle invitant à la « réflexion sur l’humanisme, la liberté, et le droit d’aimer et de vivre ». À Salzbourg, la production (minimaliste et jouant sur les éclairages) était donnée sur l’immense scène de la Felsenreitschule. L’Opéra-Comique la reprend dans l’imposant Hall Eiffel du Lycée Carnot, dans le 17e arrondissement de Paris. Pour l’occasion, les trois représentations (les mercredi 9, vendredi 11 et samedi 12 septembre 2026 à 21h) réunissent la même distribution qu’à Salzbourg, emmenée par Sabine Devieilhe dans le rôle-titre, aux côtés notamment de Xenia Puskarz Thomas et Johannes Martin Kränzle dans les rôles de Persada et Allazim.
L’Opéra-Comique donnera aussi Carmen à la Cité internationale des Arts, au collège François Couperin dans le 4e arrondissement de Paris, mais dans l’adaptation de Jeanne Desoubeaux – déjà donnée notamment au Midsummer Festival d'Hardelot où elle nous avait enthousiasmés par sa pertinence. La metteuse en scène part d’un constat : l’ouvrage se déroule dans des lieux publics, l’opéra de Bizet est donc donné ici « dans l’espace urbain, là où le débat peut et doit se développer ». Les artistes de la troupe de la compagnie Maurice et les autres racontent ainsi l’histoire de Carmen, le temps d’une « déambulation lyrique » qui permet une forme d’interaction avec le public.
L'Opéra-Comique en tournée
Faute de pouvoir se rendre salle Favart, c’est l’Opéra-Comique qui voyagera avec La Fabuleuse Histoire de l'Opéra-Comique. Ce spectacle de Léo Cohen-Paperman et Émilien Diard-Detœuf doit retracer quelque 300 ans d’histoire de l’institution parisienne, « en comédie et musique ». Présenté dans un « décor en perpétuel mouvement » et défendu par les jeunes artistes de l’Académie de l’Opéra-Comique (Louise Bourgeat, Sophie Marcoux, Carla Chevillard, Ulysse Timoteo, Charles Fraisse et Flannan Obé), ce spectacle « populaire et festif » doit aussi renouer avec l’esprit forain des origines de la compagnie de l’Opéra-Comique, que ce soit par « une connivence assumée entre la troupe chantante, les musiciens sur scène et surtout le public », mais aussi parce que la production fera l’objet de 25 représentations données partout en France, entre janvier et mai 2027.
Enfin pour les Parisiens, l’Opéra-Comique complètera également sa saison avec « plus de 60 propositions originales », non pas sur sa scène mais dans le foyer du théâtre. À l’occasion de 18 week-ends de janvier à juin 2027, l’établissement en travaux accueillera le public pour des « récitals, mini-opéras, master-classes, procès fictifs, conférences illustrées, concerts pour les tout-petits et même... des cours de yoga », majoritairement avec les artistes de l’Académie de l’Opéra-Comique. Un moyen efficace de maintenir un lien avec le public « au gré d’échanges et rencontres que favorise ce cadre intime et chaleureux ».
Le détail de cette programmation 2026-2027 hors norme et hors-les-murs est disponible sur le site de l'Opéra-Comique.
publié le 22 mai 2026 à 14h54 par Aurelien Pfeffer
22 mai 2026 | Imprimer
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