La Saison 2020-2021 fête les 150 ans de l'Opéra de Lausanne

Xl_fa_ade_op_ra_de_lausanne © DR

Comme bien des maisons lyriques, l’Opéra de Lausanne est actuellement fortement touché par les mesures sanitaires prises face à la pandémie, mais se tourne néanmoins vers l’avenir et pense à sa future saison, qui marquera les 150 ans de la célèbre institution vaudoise. Pour fêter l’événement, Lausanne a mis les petits plats dans les grands, et propose pas moins de six opéras (dont deux à destination du jeune public), deux opérettes, et un grand Concert de Gala pour célébrer dignement son anniversaire.

La nouvelle production qui ouvre la saison lyrique – au mois d’octobre (du 4 au 11) – est un Eugène Onéguine de Tchaïkovski que signe le maître des lieux, alias Eric Vigié, et qui devrait être visuellement de toute beauté puisqu'il a fait appel à Gary McCann, qui nous a récemment éblouis à Liège, avec ses scénographies de Don Carlos (en février dernier) et d’Anna Bolena (quelques mois plus tôt). Cette coproduction avec l’Opéra Royal de Walllonie (justement) affiche des familiers de ce répertoire, et l’on retrouve dans le quatuor amoureux : Kostas Smoriginas en Onéguine, Pavel Petrov en Lenski, Maria Bayankina en Tatiana et Irina Shishkova en Olga. L’ouvrage est dirigé par le chef étasunien Gavriel Heine.

En novembre (du 4 au 8), place à une création mondiale destinée au jeune public : Le Petit chaperon rouge de Guy-François Leuenberger (né en 1983) que dirige l’ancien chef des Chœurs de l’Opéra de Paris, Patrick-Marie Aubert, tandis que la metteure en scène suisse Paola Landolt se voit confiée la régie. Le conte des frères Grimm, promet le site de l’opéra, sera ici proposé dans « une version optimiste et pleine de fraîcheur, qui ravira aussi bien les grands que les petits ». Anne Sophie Petit incarne le Chaperon rouge, Lydia Psäti la Mère, Hoël Troadec la Mère-Grand, et Benoît Capt le loup !

Pour les fêtes de fin d’années, l’Opéra de Lausanne ne fait pas l’économie de l’habituelle opérette, mais se démarque néanmoins par la rareté du titre, puisqu’il propose la désopilante Auberge du Cheval Blanc, « la plus célèbre opérette berlinoise de l’entre-deux guerres, savoureux mélange de folklore tyrolien, d’opérette viennoise et de cabaret berlinois », née sous la plume du compositeur autrichien Ralph Benatzki (1884-1957). Donnée ici dans une version en français, dans une nouvelle production signée par Gilles Rico, elle sera défendue par une équipée vocale de haut-vol : Julien Dran en Guy Florès, Mathias Vidal en Leopold, Fabienne Conrad en Josepha, Patrick Rocca en Napoléon Bistagne, et Clémentine Bourgoin en Sylvabelle, tout ce petit monde étant placé sous la férule experte de Jean-Yves Ossonce (qui nous a offert tant de merveilleuses directions musicales in loco, comme Faust en 2016 ou Les Contes d’Hoffmann en début de saison).

Du 24 au 31 janvier prochain, après avoir fait les délices des spectateurs de l’Opéra Royal de Wallonie (nous y étions), puis ceux de l’Opéra-Comique (nous y étions aussi), voilà le retour du génial Domino noir de Daniel-François-Esprit Auber, dans la drôlissime production imaginée par le duo constitué par Valérie Lesort et Christian Hecq. Distingué par le Grand prix 2018 du Syndicat de la Critique, le spectacle reposera cette fois sur les épaules de Philippe Talbot en Horace et de Jodie Devos en Angèle (après Cyrille Dubois et Anne-Catherine Gillet), tandis que Marie Lenormand retrouve les habits de Jacinthe et Laurent Montel ceux de Lord Elfort. L’excellent Laurent Campellone dirige les forces lausannoises.

Privé de son festival d’Avignon 2020, Olivier Py offrira en février 2021 (les 5 et 7) un des succès de l’édition 2019, L’Amour vainqueur, le quatrième spectacle que l’homme de théâtre français a conçu à partir d’un des Contes des frères Grimm : « L’Amour vainqueur est une opérette où cinq personnages – une princesse volontaire, un prétendant défiguré, un général diabolique, un jardinier écolo et une fille de vaisselle – nous emmènent en alexandrins blancs dans leurs aventures faites d’amour, de travestissement et de lutte. Dans ce spectacle pour enfants, l’auteur et metteur en scène allie avec esprit le plaisir du théâtre musical et la conscience d’un monde trouble : le nôtre. Au désespoir il répond par la fantaisie, à la guerre par le chant, pour que l’amour, en compagnie des comédiens, chanteurs et musiciens, soit vainqueur » (avec Clémentine Bourgoin, Pierre Lebon, Flannan Obé et Antoni Sykopoulos).

Les 27 et 29 mars, place au champagne et aux cotillons pour célébrer les 150 ans de l’Opéra de Lausanne, deux soirées animées par la pétulante Rossy de Palma, qui offriront « Airs, Ensembles et Ouvertures du grand répertoire lyrique du XIXe siècle ». Musicalement dirigée par le chef italien Roberto Rizzi-Brignoli, les deux soirées permettront de goûter au talent de la soprano Camille Schnoor, de la mezzo Marina Viotti, du ténor Tadeusz Szlenkier, et de la basse Nicolas Cavallier.

Du 2 au 9 mai, Rinaldo de Haendel investira les lieux, dans une production signée rien moins que par Robert Carsen, en provenance du Festival de Glyndebourne. Et des artistes de haut-vol vont faire briller ce bijou de la musique baroque : Philippe Jaroussky en Rinaldo, Anett Fritsch en Almirena, Carlo Vistoli en Goffredo, Kangmin Justin Kim en Eustazio, José Antonio Lopez en Argante et Arianna Vendittelli en Armida, tous placés sous la baguette du chef vénitien Andrea Marcon.

Pour refermer l’année scolaire (du 6 au 16 juin), le théâtre vaudois prévoit le chef d’œuvre de Vincenzo Bellini, la grandiose Norma, dans une nouvelle production imaginée par le metteur en scène chouchou d’Eric Vigié : le protéiforme Stefano Poda (dont nous avons vu, ici-même, le Faust en 2016, la Lucia en 2017, et Les Contes d’Hoffmann en 2019). Sous la férule de Diego Fasolis, Salomé Jicia sera Norma, Paolo Fanale Pollione, Lucia Cirillo Adalgisa et Riccardo Fassi Oroveso.

Enfin, comme chaque deux étés (et après Les Chevaliers de la Table-Ronde de Hervé l’an passé…), la saison s’achèvera par une opérette, dans le cadre de La Route lyrique, le festival itinérant que propose l’Opéra de Lausanne, qui se décentralise alors dans tout le canton de Vaud pour amener la musique jusque dans les villages les plus reculés. Pour l’édition 2021, c’est l’hilarant Dédé de Henri Christiné (1867-1941) qui a été retenu, et dont la première aura lieu le 6 juillet dans le ravissant Théâtre de Jorat à Mézières (artistes encore non communiqués).

Plus d'informations sont disponibles sur le site officiel de l'Opéra de Lausanne

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