Enrico Caruso

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Informations générales

  • Nom :Caruso
  • Prénom :Enrico
  • Date de naissance :25/02/1873
  • Date de mort :02/08/1921
  • Nationalité :Italie
  • Tessiture :Ténor

Biographie

Même le public le plus éloigné de l’opéra connaît le nom d'Enrico Caruso, ce ténor mythique qui semble symboliser à lui seul l’univers du chant. Il n’est pas exagéré de dire qu’il est considéré comme le plus grand chanteur qui ait jamais existé et il demeure un modèle absolu ; mais pour parfaire sa légende, l’artiste s’est aussi largement appuyé sur toutes les ressources de la photographie et de la presse écrite et il a su pleinement participer à l’essor de l’industrie du disque. Entre 1902 et 1920, Caruso a gravé près de deux-cent cinquante 78 tours qui se sont vendus à des millions d’exemplaires ! Bien évidemment, les techniques d’enregistrement et le style vocal ont considérablement évolué depuis le début du XXème siècle, mais l’émotion demeure à l’écoute de ces témoignages qui immortalisent, en dépit de leur évidente imperfection technique, une voix dont la souplesse et la légèreté sont rehaussées par une exceptionnelle palette de couleurs. Enumérer toutes les étapes de la prodigieuse carrière de Caruso conduirait à citer tous les plus grands compositeurs, toutes les plus grandes scènes et tous les plus grands partenaires de son époque. Mais c’est au Metropolitan Opera de New-York qu’il va consolider sa gloire mondiale au cours de centaines de représentations dans trente-sept ouvrages différents. 


Enrico Caruso ; © DR

Enrico Caruso est né à Naples le 25 février 1873 dans une famille très modeste. Son père travaille durement comme ouvrier pour faire vivre une famille qui est loin d’être aussi nombreuse qu’on l’a prétendu : Enrico est le troisième d’une fratrie qui comptera sept enfants, et non dix-sept, comme certains l’ont parfois avancé en s’appuyant sur les propres déclarations du chanteur jamais à court de détails sensationnels ! Dès l’âge de onze ans, le petit garçon doit entrer en apprentissage dans une fonderie et il apprend le chant, le soir, avec un curé de son quartier. Enrico commence par se produire dans des cafés ou des réceptions où il chante des ballades napolitaines, puis il décide de postuler pour un rôle au Teatro Fondo de Naples tout en continuant à travailler dans un atelier mécanique. Malheureusement, Enrico ne parvient pas à suivre l’orchestre durant les répétitions et il doit déclarer forfait !

Ce n’est qu’en 1891 que Caruso commence à entreprendre de véritables études de chant. Il fait ses débuts le 15 mars 1895 au Teatro Nuovo de Naples dans L’amico Francesco. L’ouvrage et son auteur, Mario Morelli, sont totalement oubliés aujourd’hui. Peu à peu, Caruso se voit confier des rôles plus importants. Il prend de l’assurance et son répertoire s’élargit tandis qu’il se produit sur plusieurs scènes à Naples, puis au Caire et en Sicile. Le chef d’orchestre Vincenzo Lombardi lui prodigue ses conseils pour qu’il parvienne à maîtriser ses aigus. Le contre-ut ne sera jamais aisé pour Caruso et le si naturel restera sa meilleure note dans le registre aigu mais la beauté naturelle de sa voix, comme sa projection et sa souplesse ensorcelante désarmaient toutes les réserves. Qu’on la qualifie de « velours » ou « d’or », cette voix allait triompher dans le monde entier.


Enrico Caruso dans La fanciulla del West ; © DR

Le 27 novembre 1897, Caruso participe à la création de L’Arlesiana de Francesco Cilea (1866-1950) au Teatro Lirico de Milan. Francesco Tamagno (1850-1905), le créateur de l’Otello de Verdi, prophétise alors : « Il sera plus grand que n’importe lequel d’entre nous ! ». C’est dans le même théâtre que, le 17 novembre 1898, Caruso triomphe une nouvelle fois en créant Fedora de Umberto Giordano (1867-1948). Le chanteur va rapidement devenir un des ténors fétiches de toute une nouvelle génération de compositeurs italiens. Ainsi, il participera aux créations des Maschere de Pietro Mascagni (1863-1945) le 17 janvier 1901, de Germania d’Alberto Franchetti (1860-1942) le 11 mars 1902 et d’Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea (1866-1950) le 6 novembre 1902. Le 10 décembre 1910, Caruso créera La fanciulla del West sous la direction de Toscanini, en présence de l’auteur, Giacomo Puccini. Il faut aussi mentionner, en 1914, la création de Julien de Gustave Charpentier (1860-1956) aux côtés de Géraldine Farrar (1882-1967).


Enrico Caruso dans La Bohème, en 1903 au Met ; © DR

La carrière de Caruso prend définitivement son essor et le 26 décembre 1900, il fait l’ouverture de saison de la Scala de Milan en Rodolfo dans La Bohème (1896) de Puccini (1858-1924), sous la direction d’Arturo Toscanini (1867-1957). Le 1er février 1901, devenu incontournable, il est un des interprètes du fameux quatuor de Rigoletto (1851) inscrit au programme du grand concert donné en hommage à Verdi, mort cinq jours plus tôt. Caruso part bientôt pour Buenos-Aires où il chantera son unique rôle wagnérien, Lohengrin. Durant toute sa carrière, il n’hésitera jamais à enchaîner les tournées même les plus exténuantes ou les plus risquées, comme celle de Cuba où il échappera de justesse à un attentat anarchiste lors d’une représentation d’Aïda. Caruso travaillait à un rythme effréné au risque de mettre sa santé en danger. 

En décembre 1901, il a le bonheur d’être invité au San Carlo, le théâtre le plus prestigieux de Naples, sa ville natale. On imagine sa joie à l’idée de triompher dans la ville de son enfance. Mais son Elixir d’amour laisse de marbre les Napolitains et le chanteur, profondément meurtri par la froideur de cet accueil, jure qu’il ne chantera jamais plus à Naples ! Et il tiendra parole.

Après avoir conquis l’Amérique du Sud au cours de l’été 1903, Caruso fait ses débuts au Metropolitan Opera, le 23 novembre, dans Rigoletto de Verdi. C’est une date charnière car le ténor napolitain restera lié au Metropolitan jusqu’à la fin de sa vie, sans toutefois cesser de se produire régulièrement en Europe. En dix-sept années de « règne », Caruso donnera huit cent vingt-trois représentations au Met en se voyant octroyer toutes les soirées d’inauguration de saison, à l’exception d’une seule. Il sera très difficile ensuite de renouer avec cet âge d’or du « ténor italien » du Met. Il y faudra tout le talent de chanteurs comme Beniamino Gigli (1890-1957), Mario del Monaco (1915-1982), Franco Corelli (1921-2003) ou plus récemment Luciano Pavarotti (1935-2007).


Geraldine Farrar (Carmen) et Enrico Caruso (Don José) dans Carmen,
Metropolitan Opera, 1914 ; © DR

Allant de Gluck à des compositeurs contemporains, le répertoire de Caruso est d’une richesse inhabituelle. Notons qu’il a beaucoup servi l’opéra français avec Les Huguenots, L’Africaine et Le Prophète de Meyerbeer, un opéra pourtant très lourd pour un ténor. On pouvait aussi l’entendre dans Faust de Gounod, Carmen de Bizet ou Manon de Massenet. Mais il y a deux ouvrages que le ténor affectionnait particulièrement : La Gioconda de Ponchielli et Martha (1847) un opéra-comique allemand de Friedrich von Flotow (1812-1883), qu’il chantait dans une traduction italienne.         

Travailleur acharné et acteur de génie, le ténor à la voix exceptionnelle eut encore l’intelligence de pressentir le formidable potentiel que lui offrait une industrie promise à un bel avenir, celle du disque. Accompagné au piano ou à l’orchestre, le chanteur enregistre des airs d’opéra ou des scènes entières, mais aussi des mélodies ou des chansons populaires. Il a comme partenaires les plus grands interprètes : Nellie Melba (1861-1931), Amelita Galli-Curci (1882-1963), ou encore Antonio Scotti (1866-1936). Plus adulé qu’une rockstar d’aujourd’hui, le ténor avait le don de s’exposer continuellement à la curiosité de ses « fans » qui savaient tout de ses cachets exorbitants, des deux bains qu’il aimait prendre chaque jour, de sa passion pour les montres et les tabatières anciennes, et des porte-bonheurs qu’il avait sur lui quand il entrait en scène… On imagine sans peine jusqu’où il serait allé avec la formidable caisse de résonance que sont les réseaux sociaux !


Enrico Caruso en Eléazar dans La Juive, Metropolitan Opera, 1920 ; © DR

Les causes précises de sa disparition n’ont jamais été clairement établies, ce qui ajoute une aura de mystère à sa légende. Début 1921, le ténor s’affaiblit, sans parvenir à se rétablir de plusieurs opérations nécessitées par des abcès à l’intérieur du thorax. Atteint d’une pleurésie mal diagnostiquée, Enrico Caruso s’affaiblit progressivement, et meurt de péritonite le 2 août 1921, à l’âge de quarante-huit ans, au Grand Hôtel Vesuvio, à Naples après avoir passé ses dernières semaines à l’Hôtel Vittoria à Sorrente. Le 24 décembre 1920, il avait donné son ultime représentation au Met de New-York : il y interprétait le rôle d’Eléazar dans La Juive (1835) d’Halévy (1799-1862). Il s’était magnifiquement illustré dans ce personnage, allant jusqu’à interroger des rabbins dans les synagogues de New-York afin d’incarner avec le plus grand réalisme cet orfèvre juif du XVème siècle. Peut-être comme un pressentiment de ce passage vers le ciel que ses aigus tutoyaient.

Catherine Duault

Répertoire

Interprété dans

Enrico Caruso (Interprète)

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