Georges Bizet

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Informations générales

  • Date de naissance :25/10/1838
  • Date de décès :03/06/1875
  • Nationalité :France

Biographie

Né le 25 octobre 1838 à Paris (26, rue de la Tour d'Auvergne), Alexandre-César-Léopold Bizet reçoit de son parrain le prénom de Georges (mars 1840) qu’il conservera durant sa vie et au-delà, pour la postérité.
Coiffeur-perruquier, son père (Adolphe Armand Bizet) se reconvertit en professeur et compositeur en 1837. Par sa mère (Aimée Delsarte, pianiste), G. Bizet est aussi le neveu de François Delsarte, professeur de chant réputé dans toute l’Europe. L’ambiance familiale est donc propice à la musique pour laquelle il montrera très tôt, d’étonnantes dispositions.
Dès l’âge de neuf ans, il est admis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans la classe de piano de Marmontel où il remporte son Premier prix d’instrument en 1852. En 1853, il étudie la composition avec Jacques Fromental Halévy qui compte parmi ses élèves, Charles Gounod avec lequel il se liera d’amitié. Le jeune Bizet obtient un Premier prix d'orgue et de fugue en 1855. Il travaille également avec Pierre Zimmermann, complétant son enseignement par des cours de contrepoint.

Un musicien surdoué

Un Nocturne pour piano puis une Grande Valse écrits en 1854 concrétisent ses premières compositions. A l'automne 1855, Bizet compose en un mois sa première Symphonie en ut majeur, inspirée par la 1ère Symphonie de Gounod.
En 1856, il adresse sa première partition lyrique, Le Docteur miracle, au jury d’un concours organisé par Jacques Offenbach. Il remportera le Premier prix ex-æquo avec Charles Lecocq, autre débutant. Bizet montre avec cette opérette (créée en avril 1857) qu’il maîtrise divers styles dont il fait des parodies : Rossini, Cherubini, Offenbach... Divertissement qui ne l’empêche pas de travailler à d’autres registres, plus sérieux.
En juillet 1857, un jury composé de membres de l’Institut décerne le Grand Prix de Rome au jeune Bizet, alors âgé de 19 ans, pour sa cantate Clovis et Clotilde. Cette récompense lui ouvre les portes de la Villa Medicis, à Rome, pour un séjour de trois ans synonymes de liberté. G. Bizet quitte Paris en décembre 1857 et arrive à Rome cinq semaines plus tard au terme d’un voyage qui lui fera découvrir les paysages provençaux et italiens encore méconnus. Il produira à Rome un opéra-bouffe italien : Don Procopio ; La Chasse d'Ossian ; La Gulza de l'émir, opéra en un acte qu'il détruira ensuite.

L’été 1860 marquera le retour à Paris où après avoir laissé de côté Ivan le Terrible (inachevé), G. Bizet se lance dans la composition des Pêcheurs de perles commandé par Léon Carvalho pour le Théâtre-Lyrique (livret de Michel Carré et Eugène Cormon). Créé le 30 septembre 1863, cet opéra en trois actes ne réunira pas tous les suffrages malgré les louanges de Berlioz dans sa chronique du Journal des débats qui apprécie « Un nombre considérable de beaux morceaux expressifs pleins de feux et d'un riche coloris ».

Compositeur ou pianiste virtuose

Traversant des périodes difficiles, le jeune compositeur travaille « à façon » chez des éditeurs (Choudens ou Heugel) où, pour survivre, il transcrit pour piano des orchestrations d’opéras à la mode. Aidé en cela par ses dons incomparables de lecteur à vue et de pianiste (remarqués par Liszt lui-même), ces besognes limitent du même coup ses ambitions. Pourtant, devenir compositeur est la voie fermement voulue par Bizet et confirmée par Berlioz qui écrit après la première des Pêcheurs de perles « qu’il faudrait dorénavant accepter Bizet comme compositeur malgré son rare talent de pianiste lecteur ».
Ce choix pourrait être dicté par le penchant qu’il manifesta pour Geneviève Halévy, fille de Fromental Halévy, son ancien professeur de composition. Avant d’obtenir sa main, Bizet accepte un nouveau contrat de Carvalho pour un opéra en quatre actes, la Jolie Fille de Perth, d’après un roman de Walter Scott. Commencé en juillet 1866, l’ouvrage est achevé fin décembre. Malgré le secours de quelques bienveillantes critiques (Théophile Gautier louera « les mérites de la Nouvelle école musicale dont Bizet lui semble le meilleur élément »), le succès est mitigé.
Georges Bizet épousera Geneviève Halevy en juin 1869, jeune fille de vingt ans, de santé mentale fragile. Dilapidant les maigres ressources familiales, elle obligera G. Bizet à transcrire sans relâche. Leur fils Jacques (1872-1922) sera le grand ami de l'adolescence de Marcel Proust.

Bizet travaille à l’écriture de Vercingétorix et de Griselidis (d’après Victorien Sardou) mais, interrompant ses travaux, il s'engage dans la Garde nationale durant la guerre Franco-prussienne de 1870. Comme sa mère, Geneviève est sujette à des accès de folie. Bizet l’amène au Vésinet où vit son père, tandis que les émeutes font rage à Paris. A cette époque, le compositeur songe à immigrer : « L’avenir me paraît impossible en France. Entre les fureurs des Blancs et des Rouges (...), la musique n’aura plus rien à faire ici. Il faudra s’expatrier ». Bizet épouse finalement le parti de l’ordre qui écrase les Communards et rentre à Paris en juillet 1871. En deux mois, il achève la partition d’un opéra en un acte : Djamileh, d’après Namouna d’Alfred de Musset puis Jeux d’enfants, petite suite d’orchestre peu jouée mais qui révèle une transformation du musicien et annonce de prochains chefs-d’oeuvres.
Au moment de ces compositions, il est décrit ainsi dans sa maison du Vésinet par Louis Gallet, son librettiste : « En chapeau de canotier, en veston large, il se promenait avec l’aisance heureuse d’un gentilhomme campagnard, fumant sa pipe, devisant joyeusement avec ses amis, les recevant à sa table avec bonhomie toujours un peu narquoise (...) L’air toujours très doux et très fin sous le binocle inamovible, la lèvre presque continuellement arquée par un sourire imperceptiblement moqueur, il causait discrètement d’une voix un peu sifflante et de cet air détaché que je lui ai toujours connu... ».

Après la mort, le succès...

Deux commandes seront déterminantes pour la suite de sa carrière : Carmen, ouvrage tiré d’une nouvelle de Prosper Mérimée dont les librettistes, Meilhac et Halévy, doivent écrire le texte. La seconde est une musique de scène pour la pièce d’Alphonse Daudet qui va être créée, l’Arlésienne, qui déconcertera le public et sera rapidement retirée de l’affiche. Ultérieurement, Bizet en présentera deux versions : l’une pour piano, l’autre pour orchestre qui, créée aux Concerts Pasdeloup dès novembre 1872, connaîtra un succès jamais démenti. Il poursuit aussi la composition de Carmen, l’esquisse d’un Cid et une cantate sur Geneviève de Paris (deux livrets de Gallet). Il n’achèvera que la première de ces œuvres alors qu’il trouve enfin sa voie créatrice.
À l'image d'un Rossini, Bizet imaginait une vie matérielle confortable, une « vie de rentier », grâce à quelques succès rapides à l'Opéra Comique qui ne se produisirent jamais. Sa vie a été dévorée par les travaux alimentaires pour les éditeurs et par les leçons de piano. « Je mène une existence insensée... » écrit-il dans ses lettres.
En 1875, contre l’avis de tous, Georges Bizet décide de partir se reposer à Bougival où il a loué une maison pour se consacrer à la rédaction des 1 200 pages manuscrites que compte l’orchestration de Carmen. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur, le jour de la première de cette oeuvre dont la première eut lieu le 3 mars 1875 à l'Opéra Comique et se révéla être un désastre, condamnée par la presse et rejeté par un public au conformisme bourgeois.
La santé de G. Bizet se dégrade. Depuis longtemps, des crises d’angines réapparaissent à chaque période de travail intense. Fin mai, il souffre de rhumatismes articulaires. Puis, le grand air aidant, la douleur décroît. Après s'être baigné dans la Seine, le 29 mai en compagnie de son ami Delaborde, apparaît le premier symptôme de complication cardiaque. Il meurt d’un infarctus le 3 Juin 1875 à l’âge de trente-six ans. Les funérailles eurent lieu le 5 juin en l’église de la Trinité, en l’absence de Geneviève (pour raison de déséquilibre mental). Georges Bizet est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Mais en Europe, après sa mort, la carrière éblouissante de Carmen est rapide. Le premier triomphe de cette œuvre lumineuse a lieu à Vienne (octobre 1875). Brahms, enthousiaste, assiste à vingt représentations ! Richard Wagner et Nietzsche furent aussi des admirateurs de l'œuvre dont Tchaïkovski disait que « d'ici dix ans, Carmen serait l'opéra le plus célèbre de toute la planète » (Les Amis de Georges Bizet). « Carmen, une histoire pure et limpide comme celle d'une tragédie antique, qui commence dans la naïveté d'une carte postale et s'achève dans le sang ». (J-F Sivadier, metteur en scène).

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