Une saison 2018-2019 toujours aussi riche pour l'Opéra de Zurich

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L’Opéra de Zurich a annoncé une nouvelle saison 2018-2019 chargée qui devrait ravir son public et attiser la curiosité puisque ce ne sont pas moins de dix-sept nouvelles productions (en incluant le ballet, Winterthur et l’opéra en version de concert) qui viendront s’ajouter aux vingt reprises prévues cette année, sans oublier les nombreux concerts et ballets !

La saison s’ouvrira par une rareté d’Offenbach, Vent-du-soir ou l’horrible festin, qui est une opérette en un acte contant l’histoire loufoque du chef de la tribu des Gros-Loulous, Vent-du-Soir, qui reçoit la visite de Lapin-Courageux, roi des Papas-Toutous. Les deux hommes s’entendent bien car chacun a mangé la femme de l’autre, et Vent-du-Soir voudrait recevoir convenablement son hôte. Il décide de sacrifier un jeune étranger nommé Arthur, qui est amoureux de sa fille Atala. Or, Lapin-Courageux apprend, au sortir de table, que c’est son propre fils que, sans le savoir, Vent-du-Soir lui a fait manger lorsqu’il entend sonner dans son estomac la montre qu’il a offerte à son fils ! Finalement, les convives apprendront qu’en réalité, c’est un ours dans la peau duquel Arthur s’était sauvé qu’ils ont mangé à sa place. La mise en scène est signée par Rüdiger Burbach et la direction musicale est confiée à Thomas Barthel. Une nouvelle production débutera parallèlement, celle de Konrad oder das Kind aus der Konservenbüchse (Konrad ou l'enfant de la boîte de conserve en français), un théâtre musical familiale puisqu’il est accessible aux enfants, composé par Gisbert Näther d’après le livre pour enfant de Christine Nöstlinger. Dès le lendemain, une autre nouvelle production se tiendra, celle des Stigmatisée (Die Gezeichneten) dans une mise en scène du très imaginatif Barrie Kosky avec notamment Thomas Johannes Mayer, Christopher Purves et Catherine Naglestad sous la baguette de Vladimir Jurowski (sauf les 9 et 12 octobre où il sera remplacé par Giedrė Šlekytė).

La maison suisse programme également une nouvelle production de Cosi fan tutte et a demandé à Kirill Serebrennikov d’en signer la mise en scène, tandis que Cornelius Meister la dirigera musicalement. Frédéric Antoun y reprendra le rôle de Ferrando qu’il avait déjà brillamment tenu à Marseille en 2016 (lire notre chronique) aux côtés du Guglielmo d’Andrei Bondarenko, de la Despina de Rebeca Olvera et de la Dorabella d’Anna Goryachova. Robert Carsen mettra en scène une nouvelle production de Hänsel und Gretel marquée par une double distribution, et Andreas Homoki se chargera de Sweeney ToddBryn Terfel tiendra le rôle-titre et Mélissa Petit celui de Johanna. Nous resterons peu ou prou dans le thème avec Le Grand Macabre de György Ligeti dirigé par Fabio Luisi et mis en scène par Tatjana Gürbaca avant de partir vers des horizons plus légers grâce à La finta giardiniera, également mise en scène par Tatjana Gürbaca.

En avril, nous retrouverons Elsa Dreisig dans le rôle-titre de Manon auprès du Chevalier des Grieux de Piotr Beczala (lauréat des derniers International Opera Awards) et sous la baguette de Marco Armiliato. Il Turco in Italia prendra la suite, réunissant Nahuel Di Pierro dans le rôle de Selim, Julie Fuchs en Donna Fiorilla, Edgardo Rocha pour incarner Don Narciso, ou encore Pietro Spagnoli en Prosdocimo, le tout sous la direction d’Enrique Mazzola pour cette nouvelle production signée Jan Philipp Gloger. L’IOS (le Studio de l’Opéra) sera pour sa part mis en scène par Johannes Pölzgutter dans Le Barbier de Séville, puis Hippolyte et Aricie prendra la relève sous la direction d’Emmanuelle Haïm. A cette occasion, Mélissa Petit et Cyrille Dubois tiendront les rôles des deux héros face à la Phèdre de Stéphanie d’Oustrac (que nous avons rencontrée dernièrement à l’occasion de sa prise de rôle en Charlotte) et au Thésée de Jean-François Lapointe, tous dans la nouvelle mise en scène de Jetske Mijnssen. Probablement l’un des grands rendez-vous de la saison !

Autre rendez-vous qui devrait ravir le public, La Forza del Destino, pour lequel nous retrouverons Andreas Homoki et Fabio Luisi, mais aussi et surtout Anja Harteros dans le rôle de Donna Leonora. La saison sera également marquée par la création mondiale de Last Call, une pièce musicale de Michael Pelzel dirigée ici par Jonathan Stockhammer. Nous serons alors transportés dans le futur, alors que l’Humanité est perdue dans une surabondance de médias et que ceux liés à la communication sont devenus hors de contrôle, au point que l’on décide d’abandonner la Terre. Toutefois, un homme et une femme sont oubliés et vont finalement se rapprocher et apprendre « une nouvelle forme de communication, ou plutôt ancienne, simplement perdue : le contact physique, le silence, le fait de vraiment se connaître ». Enfin, il faudra compter sur la version concertante de La Sonnambula en mai qui, sous la direction de Maurizio Benini, verra Pretty Yende dans le rôle d’Amina et Lawrence Brownlee dans celui d’Elvino.

Outre ces nouvelles productions, l’Opéra de Zürich propose également de nombreuses reprises, dont La verità in cimento (créée en 2015) où Julie Fuchs reprendra le rôle de Rosane, le Macbeth de Barrie Kosky, La Bohème d’Ole Anders Tandberg qui accueillera Benjamin Bernheim en Rodolfo, de même que lors des représentations en 2017, et Guanqun Yu en Mimi. Nous retrouverons également Nahuel Di Pierro en Osmin dans l’Enlèvement au Sérail de David Hermann, rejoint par Spencer Lang et Brenda Rae, sous la direction de Riccardo Minasi. Parmi les reprises, celle qui sera parmi les plus attendues est très probablement la Semele de Robert Carsen dirigée par William Christie avec à nouveau Nahuel Di Pierro et Rebeca Olvera, mais aussi Frédéric Antoun et surtout Cecilia Bartoli dans le rôle-titre. Cette dernière célèbrera par ailleurs ses 30 ans de carrière sur la scène suisse lors d’un gala de charité le 10 janvier durant lequel elle revisitera certains des rôles qui ont marqué ces années à Zürich, entre Haendel, Mozart et Rossini. Elle sera alors accompagnée par l’Orchestra La Scintilla sous la direction de Gianluca Capuano

Sabine Devieilhe sera pour sa part Sophie dans Der Rosenkavalier de Sven-Eric Bechtolf en février, tandis que Diana Damrau et Venera Gimadieva se partageront le rôle-titre de Lucia di Lammermoor dans une mise en scène de Damiano Michieletto, la seconde venant justement de ravir les publics de Bordeaux et de Dresde dans ce même rôle. La Norma de Robert Wilson verra Maria Agresta dans le rôle-titre et Michael Spyres dans celui de Pollione. Enfin, la saison lyrique se terminera par l’Elektra mise en scène par Martin Kušej et avec Evelyn Herlitzius dans le rôle-titre.

L’opulence est dont toujours au rendez-vous, alliant grands noms et découvertes dans des productions de registres variés dans lesquels tout le monde devrait pouvoir trouver son bonheur.

Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel de l’Opéra de Zürich.

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