Le Théâtre des Champs-Elysées annonce une saison 2018-2019 au féminin

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Hier, le Théâtre des Champs-Elysées dévoilait sa saison 2018-2019, non seulement au public présent dans sa salle de l'établissement parisien, mais aussi via son compte Twitter. Une saison qui a manifestement de quoi ravir et qui s'inscrit dans la droite ligne de la saison actuelle puisqu’il y aura toujours quatre opéras mis en scène, vingt-deux opéras en version de concert et oratorios et quinze récitals. Et manifestement, cette saison se conjugue notamment au féminin, au moins dans le cadre des quatre opéras mis en scène, articulés autour de quatre grandes héroïnes.

Le premier de ces opéras sera donné en novembre-décembre. Il s’agit de La Traviata mis en scène par Deborah Warner (à qui l’on doit entre autres un superbe Messie à Lyon en 2012 et qui reprendra son Fidelio en juin à Milan), qui avait déjà travaillé sur cette œuvre au Theater an der Wien en Autriche il y a une dizaine d’années et qui retravaillera cette production afin d’en proposer une nouvelle lecture. Vannina Santoni tiendra le rôle de Violetta pour la première fois de sa carrière, aux côtés de l’Alfredo de Saimir Pirgu, un rôle qu’il connaît bien pour l’avoir déjà interprété notamment à Londres et à Vérone en 2016, et du Giorgio Germont de Laurent Naouri. La direction de cette nouvelle production sera confiée à Jérémie Rhorer qui sera à la tête du Cercle de l’Harmonie pour interpréter cette œuvre sur instruments d’époque et avec le « la verdien ». En effet, Verdi avait fortement insisté pour que l’on joue avec un diapason à 432, mais les productions actuelles jouent depuis longtemps avec un diapason à 442. Ce changement devrait permettre d’obtenir pour les chanteurs une ligne de chant plus souple et moins de tension dans la voix, notamment dans les aigus. Ce sera aussi l’occasion de respecter le souhait du compositeur et d’entendre sa Traviata comme il le souhaitait.

Le deuxième opéra sera Ariane à Naxos, toujours sous la baguette de Jérémie Rhorer mais dans la mise en scène de Katie Mitchell qui sera créée cet été au festival d’Aix-en-Provence. La distribution ne sera toutefois pas la même et nous retrouverons Camilla Nylund dans le rôle d’Ariane aux côtés de Roberto Saccà, déjà Bacchus au festival de Salzbourg en 2012 (en alternance avec Jonas Kaufmann), Kate Lindsey, Olga Pudova, Jean-Sébastien Bou ou encore Elena Galitskaya qui retrouvera le rôle d’Echo après l’avoir interprété dans la même production de cet été ou encore à Nancy la saison passée.

En mai, Carmen prendra ses quartiers au Théâtre des Champs-Elysées mais dans une version retravaillée puisque sera donnée Une Carmen, étoile du cirque, prenant la suite du projet débuté par Un barbier cette saison. Réduite à 1h15, la mise en scène d’Andrea Bernard transposera la trame de Carmen (Eléonore Pancrazi, justement Berta dans l’une des distributions du Barbier de cette saison) dans l'univers du cirque « où se côtoient autour de Carmen l’Etoile, ses  deux prétendants, Don José le gardien du cirque (Samy Camps) et Escamillo, l’homme d’acier (Jean Kristof Bouton) » et bien d’autres personnages. De même que pour Un barbier, le public (de tout âge) sera invité à chanter après une courte préparation. Dans ce beau projet, Hélène Carpentier (lauréate du dernier concours Voix Nouvelles) deviendra Micaëla, l’assistante du lanceur de couteaux.

Dernier opéra mis en scène de la saison, Iphigénie en Tauride sera donnée en juin dans la reprise de la mise en scène de Robert Carsen créée par le Lyric Opera of Chicago, le San Francisco Opera et la Royal Opera House. La distribution a déjà de quoi faire frémir (de plaisir) puisque Gaëlle Arquez sera Iphigénie, Stéphane Degout (actuellement formidable Rodrigue à Lyon) sera Oreste, Paolo Fanale, Pylade ; Alexandre Duhamel, Thoas ; et Catherine Trottmann enfin sera Diane.

A ces opéras mis en scène se joindront une vingtaine de versions concertantes et oratorios que l’on peut répartir en quatre groupes : italien, baroque, germanique et français. Nous pourrons donc entendre Rigoletto qui comptera parmi ses voix Ekaterina Siurina et Simon Keenlyside, La Bohème, avec Erika Grimaldi, Nabucco, le traditionel opéra en coproduction avec Lyon en novembre ici sous la baguette de Daniele Rustioni avec Leo Nucci qui nous avait étonné dans ce rôle à Monte-Carlo aux côtés d’Anna Pirozzi qu’il retrouve pour l’occasion. Joyce DiDonato reviendra dans le rôle-titre de Maria Stuarda sous la direction de Speranza Scappucci tandis qu’Erwin Schrott retrouvera le rôle de Don Giovanni dans lequel il a déjà brillé, comme à Monte-Carlo en 2015. Adrianne Pieczonka et Michael Spyres seront pour leur part Leonore et Florestan dans Fidelio en octobre. Côté baroque, la salle parisienne reprend la version de concert de Serse donnée à Versailles en 2017 dans la même distribution,  qui réunit Franco Fagioli, Vivica Genaux ou encore Francesca Aspromonte. Emmanuelle Haïm dirigera Rodelinda avec Jeanine de Bique dans le rôle-titre, tandis que Hervé Niquet s’attèlera à Armide avec Véronique Gens. L’Orfeo de Monteverdi ne sera pas oublié avec Emiliano Gonzalez-Toro et Emőke Baráth pour incarner le couple malheureux, appuyé par la Pastore de Mathias Vidal ou encore La Messagera de Léa Desandre. Enfin, deux autres Haendel viendront s’ajouter à ces titre : Semele, avec Brenda Rae sous la direction de Harry Bicket, et surtout l’un des opéras qui sera probablement l’un des plus attendus, à savoir Agrippina qui réunira Joyce DiDonato dans le rôle-titre, Marie-Nicole Lemieux en Ottone / Giunone et Franco Fagioli en Nerone. N’oublions pas également Hippolyte et Aricie, dirigé là aussi par Emmanuelle Haïm, réunissant Cyrille Dubois (Hippolyte), Mélissa Petit (Aricie), Stéphanie d’Oustrac (Phèdre) et Jean-François Lapointe (Thésée).

Comme si cela ne suffisait pas, Juan Diego Flórez sera le Chevalier des Grieux face à la Manon de Nino Machaidze dans l’opéra éponyme, mais la légèreté sera également au rendez-vous avec Maître Péronilla d’Offenbach, sorte de parodie de l’opéra-comique du XVIIIe siècle – loin d’être l’œuvre la plus jouée du compositeur, ce qui attise d'autant la curiosité des mélomanes, et plus encore au regard de sa distribution : Véronique Gens, Anaïs Constans, Antoinette Dennefeld ou encore Antoine Philippot. S'ajoueront également Candide de Bernstein avec Jack Swanson, Sabine Devieilhe et Anne Sofie von Otter, ou encore Arabella avec Anja Harteros pour ne citer que ces oeuvres. 

Enfin, comme à son habitude, le Théâtre des Champs-Elysées ajoutera à toutes ces dates de nombreux récitals qui permettront d’entendre certains des grands noms de l’art lyrique : Jonas Kaufmann dès septembre, Roberto Alagna et son épouse Aleksandra Kurzak qui chanteront ensemble des airs et duos d’opéras de Puccini, Pretty Yende, Nadine Sierra, Sandrine Piau, Patricia Petibon, Barbara Hendricks, Marianne Crebassa aux côtés du pianiste Fazil Say ou encore Philippe Jaroussky, un habitué des lieux.

Une saison 2018-2019 qui promet donc richesse et diversité, où l'on retrouvera sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées des habitués du lieu, mais aussi de nouveaux noms, dans un répertoire alliant différents genres afin que chacun y trouve son bonheur, et cela à tout âge !

L’intégralité de la programmation est actuellement en ligne à cette adresse.

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