Rita Gorr

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Informations générales

  • Nom :Gorr
  • Prénom :Rita
  • Date de naissance :18/02/1926
  • Date de mort :22/01/2012
  • Nationalité :Belgique
  • Tessiture :Mezzo soprano

Biographie

Pour expliquer l’exceptionnelle longévité de sa carrière qui s’est prolongée pendant près de soixante ans, Rita Gorr invoquait « l’amour du chant, le don de soi et, surtout, une discipline de tous les instants. » Du vaste répertoire interprété par la mezzo-soprano belge se détachent les grands rôles wagnériens, la création française, en 1957, de Mère Marie dans Dialogues des Carmélites de Poulenc et surtout Dalila, la fascinante héroïne de Samson et Dalila de Saint-Saëns. Ce personnage aussi séducteur que cruel a rarement été servi par une telle interprète. Rita Gorr l’incarne superbement avec sa voix au timbre capiteux, à la fois tendre et ardente. « Mon cœur s’ouvre à ta voix » chante la perfide Dalila au deuxième acte de l’opéra de Saint-Saëns et comment ne pas succomber, comme Samson, à cette invitation aux accents aussi caressants que pressants ? Cette promesse de sensualité partagée, portée par une voix de velours qui rappelle les riches sonorités d’un violoncelle, nous pouvons l’entendre encore aujourd’hui grâce à un magnifique enregistrement réalisé en 1962, sous la direction de Georges Prêtre, avec Jon Vickers en Samson.


Rita Gorr en Venus, à l'Opéra de Paris ; © DR

Renata Tebaldi en Aida et Rita Gorr en Amneris ; © DR

Rita Gorr, qui s’appelait en réalité Marguerite Geirnaert, est née le 18 février 1926, à Zelzate, près de Gand. Elle se forme au Conservatoire de Bruxelles où elle suit les cours de la soprano Germaine Hoerner (1905-1972) qui s’est illustrée dans les grands rôles wagnériens. En 1946, la jeune fille attire l’attention sur elle en remportant le Premier prix du Concours de chant de Verviers. Quand elle fait ses débuts scéniques en 1949 à Anvers, en Fricka dans La Walkyrie de Wagner, elle se choisit un nom de scène : désormais on l’appellera Rita Gorr. C’est aussi cette année-là qu’elle intègre la troupe de l’Opéra de Strasbourg où elle va aborder la plupart des rôles qui ont fait sa gloire : Brangäne dans Tristan et Isolde, Venus dans Tannhäuser ou Ortrud dans Lohengrin sans oublier Orphée dans l’Orphée et Eurydice de Gluck ou encore Carmen et, bien sûr, Dalila. En 1952, lauréate du concours de Lausanne, Rita Gorr fait son entrée à l’Opéra-Comique, puis elle est engagée dans la troupe de l’Opéra de Paris dont elle sera un des piliers jusqu’à sa dissolution en 1972. Elle y triomphe en 1957 avec la création française de Mère Marie dans Dialogues des Carmélites. Poulenc voit en elle une interprète idéale qu’il trouve « en tous points superbe ». En 1959, Rita Gorr incarne, toujours à l’opéra de Paris, une inoubliable Amneris face à l’Aïda de Renata Tebaldi et elle est acclamée en Ortrud et en Venus sous la baguette du grand Hans Knappertsbusch.

Bientôt, la mezzo-soprano belge se voit invitée sur toutes les plus grandes scènes internationales. Elle fait ses débuts au Festival de Bayreuth en 1958, puis elle est accueillie à Covent Garden, à la Scala de Milan, au Metropolitan Opera de New-York et au Lyric Opera de Chicago. Parallèlement, Rita Gorr enregistre plusieurs versions de référence d’Aïda, de Lohengrin, des Dialogues des Carmélites et surtout de Samson et Dalila avec Jon Vickers pour partenaire, sous la direction de Georg Solti, puis de Georges Prêtre. Mais à partir de 1972, la chanteuse se fait de plus en plus rare car elle se consacre entièrement à son mari qui est gravement malade. Elle devra affronter bien des difficultés pour refaire surface après une dizaine d’années d’absence et ce n’est qu’au prix d’un travail acharné qu’elle peut faire son véritable retour en 1981, en chantant au Châtelet le rôle de la Mère dans Louise de Charpentier.


Georges Prêtre & Rita Gorr ; © DR

Dans cette seconde partie de sa carrière, Rita Gorr privilégie des emplois qui, tout en exigeant moins de moyens vocaux, n’en réclament pas moins une formidable présence scénique. Ainsi elle incarne magnifiquement Madame de Croissy dans Dialogues des Carmélites et la Comtesse de La Dame de pique de Tchaïkovski, deux personnages que les plus grandes interprètes ont souvent abordés à la fin de leur carrière. En 1999, quand elle fête le cinquantième anniversaire de ses débuts, à l’Opéra de Flandres, Rita Gorr impressionne le public par sa prestation en Comtesse. Elle reprend le même rôle, sur la même scène, à quatre-vingt-un ans, pour ses adieux définitifs en 2007. Celle qui fut considérée comme une des plus grandes mezzo-sopranos de sa génération s’éteint le 22 janvier 2012 à Denia, dans la province espagnole d’Alicante où elle avait choisi de se retirer. Aujourd’hui un peu oubliée, sa mémoire demeure pourtant dans le cœur des mélomanes, ne serait-ce que par cet enregistrement inégalable de Samson et Dalila sous la baguette flamboyante de Georges Prêtre.

Catherine Duault

Répertoire

Interprété dans

Medias

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