Renata Tebaldi

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Informations générales

  • Nom :Tebaldi
  • Prénom :Renata
  • Date de naissance :01/02/1922
  • Date de mort :19/12/2004
  • Nationalité :Italie
  • Tessiture :Soprano

Biographie

Impossible d’évoquer Renata Tebaldi sans réveiller le souvenir de sa « rivalité » avec Maria Callas. Les querelles sans fin entre « tébaldistes » et « callassiens » continuent d’opposer les mélomanes et le duel légendaire que les deux divas se seraient livrées, sur scène et dans les studios d’enregistrement, semble définitivement appartenir à la « petite » histoire de l’opéra. Il est certain que leurs routes se sont croisées très tôt et que la Scala a été le théâtre privilégié de leur « affrontement », exacerbé avec un évident plaisir par leurs publics et leur entourage respectif. Leur maison de disques, Decca pour Tebaldi, EMI pour Callas, ont su mettre en valeur les qualités de chacune des deux chanteuses. Passions lyriques et arguments marketing se sont unis pour mettre en lumière l’opposition entre une tragédienne à la voix de feu et une chanteuse à la « voix de lait et de lumière » comme le soulignait André Tubeuf. Callas incarne ses personnages avec la passion du théâtre et Tebaldi interprète ses rôles avec le rayonnement de cette voix pure et émouvante dans laquelle on dit qu’Arturo Toscanini reconnaissait celle d’un « ange ». Les deux divas nous livrent chacune un aspect essentiel de l’art lyrique, que ce soit le frisson de l’émotion dramatique ou l’extase née de la beauté du chant.


Renata Tebaldi et Luciano Pavarotti

Renata Tebaldi est née à Pesaro, la ville natale de Rossini, le 1er février 1922. Sa mère, infirmière, s’est séparée très vite de son mari violoncelliste qui collectionnait les aventures. La fillette, atteinte de poliomyélite à l’âge de trois ans, est très entourée par sa mère dont elle restera très proche toute sa vie. La petite Renata se destine au piano qu’elle étudie au Conservatoire de Parme jusqu’à ce que son professeur remarque l’extraordinaire potentiel de sa voix et l’engage à passer une audition avec Ettore Campogalliani qui deviendra le professeur de Luciano Pavarotti. Renata Tebaldi commence à travailler le chant avec Carmen Mellis (1885-1967). Cette célèbre soprano italienne avait triomphé en Tosca à Covent Garden et elle était très appréciée de Puccini et des compositeurs « véristes ». Auprès d’elle, la jeune Renata allait acquérir la pleine maîtrise d’un style de chant privilégiant des sonorités soutenues et pleines de chaleur, toujours portées par la recherche d’une grande expressivité. Le répertoire vériste deviendra un domaine de prédilection et d’excellence pour Renata Tebaldi qui s’imposera en Tosca, en Mimi, ou encore en Cio-Cio-San pour n’évoquer que les grands rôles pucciniens.

En mai 1944, Renata Tebaldi fait des débuts remarqués à Rovigo, en Elena du Mefistofele de Boïto. L’année suivante, au Teatro Ducale de Parme, elle chante pour la première fois Mimi dans La Bohème de Puccini, un rôle qui allait devenir l’un de ses favoris. Elle le chantera 109 fois de 1945 à 1970.

La carrière de la jeune chanteuse commence véritablement en 1946, à Trieste, avec un autre rôle essentiel pour elle, celui de Desdémone dans l’Otello de Verdi, qu’elle chantera plus d’une centaine de fois jusqu’en 1973. C’est à la suite de cette représentation triomphale qu’elle attire l’attention d’Arturo Toscanini. Le grand chef d’orchestre la choisit pour être l’un des solistes qui se produiront lors du gala marquant la réouverture de la Scala de Milan le 11 mai 1946. Dès lors, toutes les grandes scènes italiennes réclament Renata Tebaldi. En février 1950, elle fait ses débuts à la Scala dans le rôle-titre d’Aïda que Toscanini lui a conseillé de travailler, mais elle doit quitter Milan pour honorer d’autres engagements et c’est Maria Callas qui reprend le rôle… Pendant plusieurs années, la Scala sera la maison favorite de Renata Tebaldi qui peut y approfondir tous ces rôles fétiches en développant son répertoire de soprano lirico-spinto. Elle aborde à cette époque quelques ouvrages oubliés comme Giulio Cesare de Haendel ou L’Assedio di Corinto de Rossini au Mai musical de Florence mais, très vite, elle se concentre uniquement sur les grands ouvrages de Puccini, Verdi, Giordano ou Cilea. Ainsi, de 1945 à 1970, elle aura chanté 88 fois Madeleine de Coigny dans l’André Chénier de Giordano.

1950 est une année très riche pour Renata Tebaldi puisqu’elle marque aussi ses débuts à Covent Garden en Desdémone. Bientôt, la firme Decca lui propose de signer un contrat d’exclusivité qui durera jusqu’à la fin de sa carrière. La chanteuse a la chance d’être l’une des premières artistes à pouvoir enregistrer des intégrales d’opéra avec les partenaires les plus brillants et les chefs les plus prestigieux comme Tullio Serafin ou Karajan. La diva réalisera vingt-sept intégrales dans vingt-deux rôles différents devenant la chanteuse emblématique de la firme aux côtés de son partenaire le plus fréquent, le grand ténor Mario Del Monaco.


Renata Tebaldi et Maria Callas

La carrière internationale de Renata Tebaldi est définitivement lancée et elle connaît son apogée en janvier 1955 avec ses premiers pas sur la scène du Metropolitan Opera de New York dans le rôle de Desdémone face à Mario Del Monaco en Otello. Il est indéniable que, à ce moment, la Callas l’a supplantée sur la scène de la Scala et que l’accueil enthousiaste de New-York tombe à pic. La soprano italienne devient rapidement l’une des chanteuses préférées du public new-yorkais qui l’acclamera durant quinze ans, dans quatorze opéras différents, lors de plus de deux cent cinquante soirées ! On encense la souplesse de son phrasé et la beauté de sa voix lumineuse. En janvier 1973, elle donnera au Met ses dernières représentations d’opéra toujours en Desdémone, sous la direction de James Levine. Pour en finir avec les anecdotes émaillant les relations apparemment difficiles entre les deux divas, rappelons que c’est au Met précisément que, le 17 septembre 1968, « la » Callas est venue applaudir « la » Tebaldi dans Adriana Lecouvreur de Cilea. Après s’être embrassées sous les flashs des photographes conviés à immortaliser cette « réconciliation », les deux femmes ne se sont plus jamais croisées. La Callas avait déjà terminé sa carrière aussi éblouissante que fulgurante et la Tebaldi voyait la sienne sur le point de s’achever.

Renata Tebaldi a toujours chanté en italien de peur d’abîmer sa voix comme elle le confiait en 1991 : « Il est difficile, sans altérer la rondeur du timbre, de passer du français avec ses nasales, à l’allemand, plus délicat dans les gutturales, pour revenir à l’italien ». Ce choix peut surprendre aujourd’hui s’agissant d’une artiste internationale à la carrière si riche. Mais il faut se rappeler que, à l’époque de Tebaldi, d’une part les opéras français ou allemands sont donnés en italien quand ils sont chantés en Italie, d’autre part son répertoire est quasi exclusivement voué à l’opéra italien.

En 1973, au Met, la diva fait ses adieux à l’opéra en incarnant une dernière fois Desdémone. On l’entendra encore dans quelques récitals, dont une série avec Franco Corelli, puis elle donne son concert d’adieux à la Scala le 23 mai 1976.

Elle se retire alors pour vivre dans la discrétion conformément à l’existence rangée qu’elle a toujours menée loin des paparazzi. Et elle s’éteint le 19 décembre 2004 laissant des milliers d’admirateurs nostalgiques de son merveilleux chant.

Catherine Duault

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