Christa Ludwig

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Informations générales

  • Nom :Ludwig
  • Prénom :Christa
  • Date de naissance :16/03/1928
  • Nationalité :Allemagne
  • Tessiture :Mezzo soprano

Biographie

La carrière de la mezzo-soprano Christa Ludwig est aussi exceptionnelle que protéiforme. Comment résumer en quelques lignes un parcours qui réunit autant de genres et de répertoires différents ? Comment rendre compte d’une discographie aussi impressionnante qui recèle de si nombreux enregistrements presque toujours considérés comme des références ? Qu’il s’agisse d’opéra ou d’oratorio, de lied ou de symphonie, ou encore de musique baroque, Christa Ludwig excelle avec sa voix d’une chaleur pénétrante, dont le timbre immédiatement reconnaissable, marque l’auditeur durablement séduit par ces sonorités profondes et envoûtantes. Grâce à une étonnante plasticité vocale, la chanteuse peut aborder avec un égal bonheur différents emplois de mezzos, depuis les plus légers, comme Dorabella dans Cosi fan tutte de Mozart, jusqu’aux plus lourds, chez Verdi, comme Eboli dans Don Carlos ou Azucena dans Le Trouvère. S’y adjoignent également des rôles de soprano comme la Teinturière dans La Femme sans ombre de Richard Strauss, ou la Maréchale du Chevalier à la rose, de Strauss encore.

A ces qualités vocales s’ajoute une allure souveraine mais toujours empreinte de naturel. Douée d’un instinct musical et dramatique hors pair, Christa Ludwig maîtrise un large éventail de rôles, passant de Mozart à Rossini, de Verdi à Wagner et de Strauss à Massenet. « Le rayonnement de ces ondes qui sont là, sur la scène et avec la musique, c’est quelque chose dont on ne peut se passer » affirmait-elle pour expliquer son lien essentiel avec la scène. Christa Ludwig a aussi marqué l’histoire du lied, en interprétant Schubert avec la plus extrême sensibilité. Elle a chanté le fameux Voyage d’hiver, généralement réservé aux voix masculines, prenant ainsi la suite de la célèbre soprano Lotte Lehmann (1888-1976), la première grande chanteuse à s’être confrontée à cette œuvre si exigeante. Le baryton-basse Hans Hotter, qui demeure le meilleur interprète de ce cycle, avait réussi à convaincre Christa Ludwig de tenter cette belle aventure artistique en lui déclarant :« Si une femme peut le faire, c’est bien toi !»

Christa Ludwig est née à Berlin le 16 mars 1928. Son père, Anton Ludwig, commence par être ténor avant de devenir intendant de l’Opéra d’Aix-la-Chapelle, ville où s’installe la famille. La mère, Eugénie Besalla, est mezzo-soprano. Elle fait partie de la troupe de l’opéra dont le directeur musical est alors un jeune chef autrichien promis au plus bel avenir, Herbert von Karajan… La petite Christa est loin d’imaginer que ce dernier jouera un rôle essentiel dans son futur parcours artistique ! Karajan sera, bien des années plus tard, un des trois chefs d’orchestre préférés de la chanteuse : « Böhm m’a apporté l’exactitude, Karajan, la beauté du phrasé et du son, Berstein, la profondeur et le secret de la musique. »  Mais pour l’heure, la fillette suit les leçons de sa mère et son apprentissage n’est pas des plus aisés. Elle confiera ensuite que sa voix était faible et limitée. Ce n’est qu’à force de travail qu’elle a pu la développer et en faire le splendide instrument que nous connaissons.

En 1946, la jeune fille intègre la troupe de l’Opéra de Francfort où elle débute en Orlofsky dans La Chauve-Souris de Johann Strauss. Christa Ludwig reste à Francfort jusqu’en 1952, puis elle rejoint le Staatsoper de Vienne en 1955. Elle y restera jusqu’en 1994, année où elle mettra un terme à sa carrière en interprétant une dernière fois Clytemnestre dans Elektra de Richard Strauss. C’est donc à Vienne, pendant près de quarante ans, que la chanteuse aborde les très nombreux rôles qui témoignent de la formidable variété de ses talents. Parallèlement, elle fait ses débuts en 1955 au Festival de Salzbourg, en Deuxième Dame dans La Flûte Enchantée de Mozart et en Compositeur dans Ariane à Naxos de Richard Strauss. Le Festival l’accueille ensuite régulièrement et elle y crée en 1957 Die Schule der Frauen, un opéra de Rolf Liebermann. En 1973, elle participera à une autre création mondiale, celle de De temporum fine comoedia de Carl Orff. 

Dès 1959, les portes du Metropolitan Opera de New-York s’ouvrent pour Christa Ludwig ; elle y assurera notamment, en 1966, l’entrée au répertoire de La Femme sans ombre de Richard Strauss, dans un rôle qu’elle affectionnait particulièrement, celui de la Teinturière. La même année, on peut l’entendre au Festival de Bayreuth, en Brangäne dans Tristan et Isolde. Christa Ludwig y revient l’année suivante en Kundry dans Parsifal. Ces deux seules apparitions sur la Colline sacrée resteront marquantes.

A partir de 1972, l’Opéra de Paris invite très régulièrement la mezzo ; elle y fait ses débuts en Teinturière pour y assurer, comme au Metropolitan, l’entrée au répertoire de La Femme sans ombre. A côté de cette intense activité scénique se déploie une impressionnante carrière discographique où brillent d’un éclat particulier les enregistrements de Mozart, de Strauss, de Wagner. Signalons que deux de ses nombreuses intégrales sont enregistrées avec le baryton autrichien Walter Berry (1929-2000), le premier mari de Christa Ludwig : il s’agit du Fidelio de Beethoven sous la direction d’Otto Klemperer et du Château de Barbe-Bleue de Bartok dirigé par Istvan Kertesz. En 1972, la chanteuse divorça pour épouser le comédien Paul-Emile Deiber (1925-2011), sociétaire de la Comédie-Française.

Après avoir fait ses adieux à la scène en 1994, Christa Ludwig choisit de se consacrer à l’enseignement avec la volonté de transmettre un véritable viatique professionnel. Quel était le secret d’une carrière comme la sienne, aussi riche qu’accomplie ? En 2018, à la veille de l’hommage qui devait lui être rendu sur la scène du Staatsoper de Vienne à l’occasion de ses 90 ans, Christa Ludwig déclarait dans une interview : « Nous avons la chance, nous mezzos, de pouvoir incarner de très beaux personnages plus longtemps que les sopranos. Quand l’âge impose sa loi, notre corps réagit, certes, le souffle se fait plus court, mais nous pouvons encore chanter avec notre tête. Tout vient de la tête. »

Catherine Duault

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