Mady Mesplé

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Informations générales

  • Nom :Mesplé
  • Prénom :Mady
  • Date de naissance :07/03/1931
  • Date de mort :30/05/2020
  • Nationalité :France
  • Tessiture :Soprano

Biographie

Ses vocalises cristallines à la justesse impeccable et son timbre aux couleurs chatoyantes ont propulsé Mady Mesplé au premier rang du paysage lyrique français. Dans le sillage de Lily Pons (1898-1976) et de Mado Robin (1918-1960), ses célèbres devancières dans l’univers du chant colorature, elle a enchanté durant des décennies le public des plus grandes scènes internationales tout en conservant une exquise simplicité. La chanteuse avait acquis une grande popularité grâce à ses apparitions régulières à la télévision qui ont malheureusement souvent donné une image édulcorée et réductrice de son immense carrière en la faisant apparaître d’abord comme une spécialiste de l’opérette française et viennoise. Mady Mesplé voyait le point de départ de sa carrière internationale dans le périlleux rôle-titre de Lucia di Lammermoor de Donizetti qu’elle avait abordé triomphalement au Festival d’Edimbourg en 1962 en remplaçant au pied levé la grande Joan Sutherland. Cet exploit lui valut tous les éloges alors que le défi semblait des plus périlleux : « A l’Opéra, dans mon entourage, tout le monde y était opposé. On trouvait que c’était de l’improvisation », confiait-elle plus tard. A l’instar de Mado Robin dont une partie de l’immense succès s’était également construit à la télévision, Mady Mesplé a permis à l’art lyrique de franchir la porte de bien des foyers où l’opéra ne serait jamais entré sans le charme de cette femme lumineuse et chaleureuse qui restera l’exemple d’une artiste dont la principale exigence aura été de servir la musique au plus haut niveau, que ce soit à travers les grands rôles du répertoire ou le renouveau de la musique contemporaine.


Madeleine Lioux et André Malraux ; © DR

Madeleine Mesplé est née à Toulouse le 7 mars 1931 dans une famille modeste où la musique joue d’emblée un rôle déterminant puisque les parents se sont rencontrés dans une chorale ! La mère, secrétaire dans une maison de confection, favorise l’éclosion des talents musicaux de sa fille en lui faisant prendre des cours à la maison. A sept ans et demi, l’enfant obtient une dispense pour entrer au Conservatoire de Toulouse où elle a pour professeur de piano Madame Marchant dont elle quittera la classe au bout de deux ans pour celle de Madeleine Lioux  (qui allait devenir la seconde épouse d’André Malraux).


Louis Izar ; © DR

A 15 ans, la jeune fille désire avant tout se consacrer au piano et elle rêve de « monter à Paris » pour y poursuivre ses études, mais sa famille n’en a pas les moyens. Munie d’un premier prix de piano, Madeleine devient donc accompagnatrice pour les chanteurs de la classe d’art lyrique, et il lui arrive même de se produire dans les bals et les dancings de la région toulousaine. Elle se passionne aussi pour les opéras et les opérettes auxquels elle assiste régulièrement au Théâtre du Capitole avec la complicité d’un de ses oncles choriste. A 18 ans, elle reprend le chemin du Conservatoire pour suivre les cours de chant de la soprano Juliette Chauny-Lasson, femme du ténor Louis Izar, directeur du Capitole. Le couple encourage la jeune fille qui a obtenu un premier prix de chant à passer une audition à l’Opéra de Liège où sa candidature est retenue. C’est le début d’un magnifique parcours. En 1953, à vingt et un ans, celle qui s’appellera désormais Mady Mesplé débute dans Lakmé de Léo Delibes. Liège sera la scène où elle chantera pour la première fois la plupart des rôles qui vont assurer sa gloire, qu’il s’agisse de Lakmé ou de Gilda dans Rigoletto de Verdi, ou encore de Rosine, version soprano, dans le Barbier de Séville de Rossini. Lakmé, la fille du Brahmane au chant ensorceleur, accompagnera la chanteuse depuis ses débuts à Liège jusqu’à la mémorable soirée du 29 décembre 1960 marquant la 1500ème représentation de l’ouvrage à l’Opéra-Comique. Avec Mado RobinMady Mesplé a été la plus grande interprète du rôle où faisaient merveille son timbre d’une pureté cristalline, le raffinement de sa diction et la souplesse caressante de son phrasé. Un enregistrement EMI a immortalisé l’art de Mady Mesplé en Lakmé, sous la baguette d’Alain Lombard.


Mady Mesplé en Lakmé ; © DR

Rapidement, tous les théâtres la réclament et elle connaît désormais ce qu’elle appelait elle-même « une vie de valises et de trains » ! En 1956, elle est à l’Opéra-Comique où elle triomphe dans Lakmé, évidemment, mais aussi dans un nouveau rôle, Olympia, des Contes d’Hoffmannle dernier ouvrage d’Offenbach. Elle chantera beaucoup ce rôle aux prouesses vocales spectaculaires et, vingt ans plus tard, elle le reprendra au Palais Garnier dans une mise en scène de Patrice Chéreau qui fera date. La Reine de la Nuit dans La Flûte enchantée de Mozart lui vaut aussi des triomphes mémorables mais elle ne souhaite pas se limiter aux acrobaties vocales pour asseoir pleinement sa carrière. A côté de tous les rôles éblouissants que lui permet son type de voix, elle aborde des ouvrages modernes et des créations contemporaines qu’elle met tout son talent à faire découvrir.  En 1958, elle fait ses débuts au Palais Garnier dans les Dialogues des Carmélites de Poulenc. En 1965, on lui doit la création en France d’Elégie pour jeunes amants de Hans Werner Henze. Betsy Jolas, Charles Chaynes et Paul Méfano composeront pour elle et elle collabore à plusieurs reprises avec Pierre Boulez. Mais Mady Mesplé explore aussi l’univers de l’opérette où elle excelle à séduire le grand public avec sa voix chaleureuse et virtuose ; au fil de ses apparitions à la télévision, elle devient rapidement très populaire grâce à son sens du phrasé et de la clarté, allié au plus grand naturel. Elle accroît encore son aura à travers de très nombreux enregistrements réalisés pour l’essentiel chez EMI.


Janine Reiss ; © DR

A partir des années 80, Mady Mesplé se consacre de moins en moins à l’opéra pour se recentrer sur les récitals ; elle se produit dans le monde entier, accompagnée de la pianiste Janine Reiss, entre autres. Parallèlement, elle s’investit beaucoup dans l’enseignement en donnant des cours dans plusieurs conservatoires nationaux, ou en organisant des master class. Elle enseignera durant plusieurs années à l’Ecole normale de musique de Paris. En 1996, on découvre qu’elle est atteinte de la maladie de Parkinson. Elle racontera son combat contre la maladie dans un ouvrage publié en 2011, La Voix du corps Vivre avec la maladie de Parkinson. Elle y confie : « En 2011, je fais mes adieux à la scène. J’ai 70 ans et ils se déroulent dans la joie, alors que je les avais tant redoutés. Mais j’ai mal aux jambes, je perds l’équilibre (…) Chanter face au public m’aidait à oublier que j’étais malade car son enthousiasme me galvanisait. Maintenant, je n’ai même pas envie de chanter pour moi. Ma voix s’est tue ». Terrible constat pour une femme dont l’exigence essentielle avait toujours été de servir la Musique. Mady Mesplé meurt à 89 ans, le 30 mai 2020, dans cette ville qui l’a vue naitre et qu’elle aimait tant, Toulouse. 

Catherine Duault

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