Germaine Lubin

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Informations générales

  • Nom :Lubin
  • Prénom :Germaine
  • Date de naissance :01/02/1890
  • Date de mort :27/10/1979
  • Nationalité :France
  • Tessiture :Soprano

Biographie

« Je crois qu’on m’a fait payer très cher les dons que j’avais reçus et que je n’ai pas su faire oublier » : cette réflexion pleine d’amertume et de morgue révèle le caractère altier de l’immense artiste que fut Germaine Lubin, véritable reine de l’Opéra de Paris pendant la période de l’entre-deux-guerres. Elle s’impose rapidement comme la plus accomplie des sopranos françaises. En 1932, pour saluer sa prise de rôle dans l’Elektra de Richard Strauss, un critique écrit : « grâce à la perfection de sa technique vocale, la cantatrice est à l’aise au milieu des difficultés dont le rôle est semé. L’ampleur de sa voix, sa pureté, la qualité du timbre, ses accents profonds, émouvants et passionnés, sont incomparables ». A la Libération, la plus grande wagnérienne française allait payer très cher son manque de discernement politique. Admirée d’Hitler, elle ne faisait pas mystère de son amitié avec le maréchal Pétain qu’elle avait rencontré en 1918, et auquel elle restera fidèle jusqu’au bout. On ne lui pardonnera pas d’avoir continué à développer sa carrière dans la capitale occupée, et en particulier d’avoir chanté Isolde, son rôle de prédilection, devant un parterre d’officiers et de dignitaires nazis lors de la venue du Staatsoper de Berlin à Paris en 1941 (le jeune Herbert von Karajan était au pupitre). La sanction a certainement été aggravée par la malveillance et le ressentiment de tous ceux qu’elle avait blessés par excès d’orgueil. Germaine Lubin est alors privée de ses droits civiques et de ses biens et elle est condamnée à vingt ans d’interdiction de séjour au titre de « l’indignité nationale ». Elle bénéficiera ensuite d’une atténuation de sa peine mais sa carrière sera définitivement compromise. Elle décide elle-même d’y mettre fin pour se consacrer à l’enseignement : Régine Crespin sera l’une de ses élèves.


Felia Litvinne ; © DR

Germaine Lubin est née à Paris le 1er février 1890. Elle passe son enfance en Guyane où son père, pharmacien et musicien amateur, lui dispense ses premières leçons de piano. De retour dans la capitale, elle décide de devenir cantatrice et elle entre à dix-huit ans au Conservatoire de Paris où elle obtient trois premiers prix en chant, en opéra et en opéra-comique. La jeune fille a travaillé avec acharnement et elle ne cessera jamais de le faire durant toute sa carrière en prenant conseil auprès des plus grandes chanteuses. Même après avoir atteint les sommets de la gloire, Germaine Lubin continue à chercher la perfection en travaillant avec Lili Lehmann (1848-1929) ou avec Felia Litvinne (1860-1936), qui fut son constant modèle et qui lui enseigna l’art de la déclamation.

En novembre 1912, Germaine Lubin fait ses débuts à l’Opéra-Comique en chantant Antonia dans Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Albert Carré, le directeur de l’Opéra-Comique, lui offre la possibilité d’apparaître dans plusieurs opéras contemporains comme Pénélope de Gabriel Fauré. Elle participe aussi à la première mondiale d’un ouvrage aujourd’hui oublié, Le Pays de Guy Ropartz.


Paul Géraldy ; © DR

En 1913, elle devient l’épouse du poète Paul Géraldy (1885-1983) qui lui ouvre les portes des salons littéraires et musicaux parisiens. Ils auront un fils en 1916 et ils se sépareront en 1926. En 1916, Germaine Lubin débute à l’Opéra de Paris dans un ouvrage de Vincent d’Indy, Le Chant de la cloche. Elle chante ensuite Marguerite dans le Faust de Gounod puis Juliette dans Roméo et Juliette du même compositeur. Le célèbre ténor Jean de Reske (1850-1925) lui conseille alors d’abandonner les rôles légers pour aborder le répertoire de soprano dramatique. Avantagée par sa beauté blonde et sa plastique parfaite, Germaine Lubin va incarner idéalement les héroïnes wagnériennes. En 1921, elle est Siegelinde dans La Walkyrie puis Elsa dans Lohengrin, ou Elisabeth dans Tannhäuser. En 1930, la chanteuse triomphe à Paris dans le rôle qu’elle a marqué à jamais, Isolde. Elle le chantera sous la direction des plus grands chefs d’orchestre que ce soit Wilhem Furtwängler, Victor de Sabata ou Sir Thomas Beecham. En 1931, on la retrouve en Kundry dans Parsifal. En dehors de Wagner qui reste son compositeur préféré, elle chante aussi Gluck, Berlioz, Beethoven, et Richard Strauss. A l’Opéra de Vienne, en 1924 et 1925, elle sera successivement Elsa de Lohengrin et Ariane dans Ariane à Naxos dirigé par Strauss lui-même. Elle participera à la création parisienne du Chevalier à la rose en 1927 et d’Ariane à Naxos en 1943.


Hitler avec, entre autre, Germaine Lubin ; © DR

La carrière de Germaine Lubin est rapidement devenue internationale mais elle n’a jamais chanté aux Etats-Unis. La soprano se produit sur les plus grandes scènes européennes, à Monte-Carlo, à Londres, à Vienne, mais aussi au Festival de Salzbourg et surtout en 1938, au Festival de Bayreuth où elle subjugue littéralement le public allemand. En 1939, elle est la première Française à chanter Isolde à Bayreuth sous la direction de Victor de Sabata avec Max Lorenz comme partenaire. La presse allemande salue unanimement l’étonnante performance d’une interprète rarement égalée. Hélas pour elle, un certain Adolf Hitler partage pleinement cet enthousiasme et cette admiration lui sera fatale quand elle sera arrêtée en 1944 et incarcérée pour faits de collaboration. Les erreurs d’une femme uniquement préoccupée par le chant doivent-elles à jamais entacher son extraordinaire talent ? Elle est morte à Paris le 27 octobre 1979.

 

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