Festival d'Aix-en-Provence 2018
Du 4 juillet 2018 au 24 juillet 2018

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Après plus de dix ans à la tête du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence (il était en poste depuis 2007), Bernard Foccroulle achève cette année son mandat de directeur général et laissera sa place l’année prochaine à Pierre Audi. Et alors que cette édition 2018 est marquée par un double anniversaire (celui des soixante-dix ans du Festival et les vingt ans de son Académie ayant contribué à la formation de nombreux chanteurs), cette dernière programmation signée Bernard Foccroulle se veut emblématique des grandes traditions d’Aix-en-Provence, ici articulées autour de deux thèmes principaux : les « sentiments amoureux » (les amours à l’opéra sous toutes leurs formes) et la « relation au passé » (ces grands récits immémoriaux qui inspirent l’opéra et éclairent l’actualité). 

Toujours en phase avec l’héritage des directions passées et sa philosophie d’innover, le festival proposera cinq nouvelles productions, dont une création française et une commande, ainsi que la reprise de la production de La Flûte enchantée donnée en 2014 et qui nous avait alors procurés un « bonheur constant » selon les mots d’Alain Duault (lire la chronique). La mise en scène signée Simon McBurney sera reprise cet été par Josie Daxter, tandis que la direction musicale sera assurée par Raphaël Pichon. L’occasion également de retrouver Stanislas de Barbeyrac dans le rôle de Tamino, rôle dans lequel nous avions eu le plaisir de l’entendre à Paris début février 2017 avec une « voix rayonnante et un chant tout empreint de classe, de pureté de ligne, de présence noble ». Il était d’ailleurs déjà présent lors de la production en 2014, de même que Mari Eriksmoen (Pamina), Kathryn Lewek (la Reine de la Nuit) ou encore Thomas Oliemans (Papageno). Point de Sabine Devieilhe donc dans le rôle de la Reine, mais cette dernière sera tout de même présente au festival en Zerbinetta dans la nouvelle production d'Ariadne à Naxos mise en scène par Katie Mitchell et sous la direction de Marc Albrecht. Lise Davidsen, qui avait remporté le concours Operalia en 2015, tiendra pour sa part le rôle-titre face notamment au ténor d’Eric Cutler. La production permettra par ailleurs d’entendre pas moins de neuf artistes issus de l’Académie (comme Andrea Hill ou Elena Galitskaya)

Outre Mozart, qui tient toujours une place particulière dans le festival, et Strauss, Prokofiev sera également présent avec L’Ange de feu mis en scène par Mariusz Trelinski, dirigé par l’ancien chef permanent de l’Opéra de Lyon, Kazushi Ono et qui laissera entendre Scott Hendricks dans le rôle de Ruprecht.

Les amoureux du baroque trouveront pour leur part leur bonheur avec Didon et Enée mis en scène par à qui l’on doit déjà celle de David et Jonathas en 2012 au festival (production durant laquelle il avait déjà côtoyé le chef d’orchestre). Nous aurons alors le plaisir d’entendre Lucile Richardot dans le rôle de l’enchanteresse. Nule doute que le charme de cette voix profonde et ambrée devrait en effet opérer aux côtés de Kelebogile Besong et Tobias Greenhalgh en Didon et Enée.

Viendront également compléter cette programmation deux créations, dont une mondiale puisqu’il s’agit d’une commande passée par le festival initialement en 2016 mais qui, suite à une baisse des subventions, avait dû être reportée à cette année. Il s’agit de Seven Stones, un opéra a capella pour quatre chanteurs solistes et douze chanteurs choristes sur un livret de Sjón et une composition d'Ondřej Adámek. Le projet est en coproduction avec Accentus / Axe 21 et l’Opéra de Rouen et raconte l’histoire d’un collectionneur minéralogiste qui, perdu dans une ruelle enneigée, se souvient de sa recherche de la première pierre, celle qui devait servir à lapider la femme adultère sauvée par le Christ.

Enfin, Orfeo et Majnun, une co-production et une co-commande créée à la Monnaie le 29 juin 2018. Il ne s’agira donc pas d’une création mondiale mais d’une création française donnée uniquement le 8 juillet sur le cours Mirabeau. L’occasion de retrouver Jean Chahid déjà présent en 2016 dans Kalîla wa Dimna.

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