Elisabeth Schwarzkopf

Informations Biographie & roles Medias
Imprimer
Xl_avatar

Informations générales

  • Nom :Schwarzkopf
  • Prénom :Elisabeth
  • Date de naissance :09/12/1915
  • Date de mort :03/08/2006
  • Nationalité :Pologne
  • Tessiture :Soprano

Biographie

Dès que l’on évoque Elisabeth Schwarzkopf, tous les superlatifs abondent pour décrire au mieux la perfection de sa voix, de son art et de son apparence. Celle qui demeure l’une des plus grandes sopranos du XXème siècle a le pouvoir de réveiller tous les enthousiasmes en exaltant les plus vives passions lyriques. Au-delà de l’immense admiration qu’on voue à cette artiste d’exception, il y a l’émotion indicible que suscite l’écoute de cette voix lumineuse au timbre argenté et liquide comme un fluide magique. Travailleuse acharnée, elle avait choisi de polir à l’infini chaque inflexion du texte, chaque coloration du mot, pour accomplir le miracle d’un chant d’une beauté apollinienne. Mais quand certains saluent le génie et le raffinement d’une interprète perfectionniste, d’autres dénoncent les excès d’une sophistication qui brise la spontanéité et la sensibilité en lui préférant le chant plus incarné de sa contemporaine, Lisa Della Casa, avec laquelle elle partageait le même répertoire et les mêmes emplois. L’attirance pour une voix demeure le résultat d’une alchimie aussi mystérieuse que singulière.


Walter Legge ; © DR

L’essor de la carrière d’Elisabeth Schwarzkopf correspond à celui de l’industrie discographique et le parcours de la chanteuse est indissociable du soutien artistique que lui prodigua Walter Legge, le légendaire producteur de la firme EMI. « Sans lui », aimait-t-elle à dire, « je serais peut-être restée une très bonne première chanteuse de l’Opéra de Vienne… ». Conseillée et guidée par ce formidable découvreur de talents qui est aussi son époux, Elisabeth Schwarzkopf multiplie les enregistrements de référence. Elle reste inégalée dans ses interprétations des opéras de Mozart et Richard Strauss comme dans celles des lieder de Schubert, de Mahler ou de Hugo Wolf.

Elisabeth Schwarzkopf est née le 9 décembre 1915 à Posen, ville qui fait alors partie de l’Empire allemand et qui redeviendra polonaise sous le nom de Jarocin en 1945. Sous la férule de son père, maître d’école, l’enfant se plie à une rigoureuse discipline qui sera le fil conducteur de toute sa vie, marquée par un sens aigu du travail et du devoir. A dix-neuf ans, la jeune fille intègre la Hochschule für Musik de Berlin. En 1938, elle signe son premier engagement au Städtische Oper de Berlin où elle fait ses débuts en Fille-Fleur dans Parsifal de Wagner. Suivent des rôles de second plan jusqu’en 1939 où on lui propose de chanter Musetta dans La Bohème de Puccini. Pour faciliter sa carrière, la jeune femme n’hésite pas à adhérer au parti nazi en 1940, ce qui lui vaudra un procès en « dénazification » à la fin du conflit. Elle sera acquittée en 1946 et, plus tard, elle dira pour se justifier : « Ne sait-on pas, ou a-t-on oublié, que, sous certains régimes, on peut être inscrit à un parti sans pour autant être militant, ni même sympathisant ? ».


Maria Ivogün ; © DR

A partir de 1941, la jeune chanteuse se voit confier des rôles de plus en plus valorisants pour une soprano du type « lyrique léger ». Elle chante Zerbinetta dans Ariane à Naxos de Richard Strauss ou Susanna dans Les Noces de Figaro de Mozart. C’est aussi à cette époque qu’Elisabeth Schwarzkopf décide de se perfectionner avec la grande colorature hongroise Maria Ivogün (1891-1987) qui devine d’emblée l’immense potentiel de son élève. Le mari de Maria Ivogün est le pianiste Michael Raucheisen (1889-1984), un grand spécialiste du lied : il ouvre de nouvelles perspectives à Elisabeth Schwarzkopf en lui faisant travailler Schubert. Désormais, le lied occupera une place primordiale dans la carrière de la chanteuse.

1942 voit les premiers pas d’Elisabeth Schwarzkopf sur la scène du Staatsoper de Vienne dont le directeur est Karl Böhm. Mais les privations dues à la guerre vont mettre un terme à ces débuts prometteurs. La jeune femme contracte la tuberculose, et elle doit aller se soigner dans un sanatorium des monts Tatras. Comble de malheur, le Staatsoper est détruit par un bombardement en mars 1945. Il faut attendre l’automne 1946 pour que la chanteuse puisse retrouver des engagements, une fois lavée des accusations que lui ont valu son adhésion au parti nazi et sa participation aux concerts officiels du régime déchu. C’est le producteur de la firme EMI, Walter Legge (1906-1979), qui annonce à Elisabeth Schwarzkopf qu’elle est officiellement acquittée. Il est littéralement fasciné par le génie naissant de la soprano qu’il va accompagner dans son ascension en lui prodiguant les plus précieux conseils. En octobre 1946, Legge fait réaliser à la chanteuse son premier enregistrement, l’air de Konstanze dans L’enlèvement au Sérail de MozartHerbert von Karajan est au pupitre. Le génial producteur a également repéré ce jeune chef qui souffre d’être lui aussi encore interdit d’estrade. Une nouvelle ère de l’histoire du disque s’ouvre alors et les enregistrements de référence vont s’enchaîner sous la direction des plus grands chefs, que ce soit Karl Böhm, Tullio Serafin ou Carlo Maria Giulini.


Herbert von Karajan ; © DR

1947 est une année décisive pour Elisabeth Schwarzkopf qui fait sa première apparition au Festival de Salzbourg en Susanna dans Les Noces de Figaro avec Herbert von Karajan. C’est le début d’une brillante et fructueuse collaboration entre les deux artistes. A l’été 47, la soprano est Donna Elvira dans Don Giovanni au Covent Garden de Londres.Elle continue d’éblouir dans Mozart et sa carrière prend une dimension internationale. Dès 1948, Elisabeth Schwarzkopf intègre la prestigieuse troupe du Covent Garden de Londres où elle restera jusqu’en 1951.

Les grandes scènes européennes accueillent régulièrement celle qui enthousiasme le public. En 1951, elle est invitée pour la réouverture du Festival de Bayreuth. Ce sera son unique apparition sur la « colline sacrée » : elle y chante sous la direction de Furtwaengler la Neuvième Symphonie de Beethoven, Eva dans Les Maîtres chanteurs et Woglinde dans le Ring. Elle part ensuite pour la Fenice de Venise où elle crée Anne Trulove dans The Rake’s Progress de Stravinsky. Dans ses Mémoires Elisabeth Schwarzkopf évoque cet « incroyable été 1951 », si riche d’inoubliables émotions artistiques. Victor de Sabata lui propose la partie de soprano du Requiem de Verdi donné à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la mort du compositeur. En évoquant la chanteuse, Victor de Sabata, déclarera : « Dans tout ce que je rêve d’entendre, ce que j’imagine d’abord, c’est son timbre et sa sensibilité ».


Elisabeth Schwarzkopf ; © DR

En 1957, Elisabeth Schwarzkopf retrouve le Staatsoper de Vienne qui a été reconstruit deux ans plus tôt. C’est là qu’elle chante sa première Comtesse Madeleine dans Capriccio de Richard Strauss, un de ses rôles fétiche comme celui de la Maréchale dans Le Chevalier à la rose qu’elle a abordé pour la première fois à la Scala de Milan, en 1952. Richard Strauss est un de ses compositeurs de prédilection et elle demeure une interprète de référence pour ses Quatre Derniers Lieder. A partir de 1960, la chanteuse commence à s’éloigner de l’opéra pour se consacrer davantage à ses tournées de récitals. Elle excelle dans l’interprétation du lied auquel elle initie, au fil des ans, un public de plus en plus conquis. C’est à la Monnaie de Bruxelles qu’Elisabeth Schwarzkopf fait ses adieux à l’opéra à la fin de l’année 1967 dans Le Chevalier à la rose. Le 19 mars 1979 elle donne son dernier concert à Zurich. Trois jours plus tard, son mari, Walter Legge, s’éteint à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Continuer sans lui semble impossible à celle qui conclura ses Mémoires par cette douloureuse confidence : « Tout a été un effort commun et continu, et heureux. Il n’y a pas eu d’autres soirs. » Désormais, la chanteuse choisit de se consacrer uniquement à l’enseignement. Elle donne des masters class à travers le monde. C’est un professeur des plus exigeants qui peut parfois se montrer dure et désagréable avec ses élèves mais le baryton américain Thomas Hampson ne se souvient que des merveilleux moments passés à l’écouter prodiguer ses conseils : « Les heures d’études avec elle comptent parmi les moments les plus extraordinaires de mon existence, car elle faisait de chacune d’elles un voyage fascinant. Elle savait éveiller en vous mille et une façons d’utiliser votre voix, de varier les couleurs, de développer les idées autour des mots… »

Elisabeth Schwarzkopf est morte le 3 août 2006 en laissant le souvenir d’une artiste incomparable. Ainsi que le disait une de ses prestigieuses partenaires, Christa Ludwig : « Je crois que, jusqu’au bout, Elisabeth n’aura vécu que dans et pour son art. »

Catherine Duault

Répertoire

Interprété dans

Medias

Xl_walter_legge
Mode immersif

Commentaires

Loading