Une saison 2022-2023 pleine de promesses à l'Opéra de Montpellier

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Après avoir présenté hier sa saison 2022-2023 à domicile, l’Opéra Orchestre national de Montpellier donnait ce matin une conférence de presse à Paris pour celles et ceux n’ayant pas pu faire le déplacement la veille. Face aux coupes de budget auxquelles la maison montpellieraine n’échappe malheureusement pas, la qualité sera néanmoins toujours de mise mais ce seront finalement sept productions lyriques – dont une production d’Opéra Junior et une version de concert – qui attendent les spectateurs cette saison, ainsi que de très nombreux rendez-vous divers et variés qui permettront de poursuivre la politique efficace d’ouverture de l’Opéra au plus grand nombre.

C’est par une production particulièrement attendue que s’ouvrira la saison, puisqu’elle devait à l’origine ouvrir celle de 2020-2021 avant d’être reportée : il s’agit d’Aida mise en scène par Annabel Arden qui offrira une vision immersive et politique. L’orchestre, présent sur scène, sera dirigé par Ainārs Rubiķis – le directeur musical du Komische Oper Berlin – et le rôle-titre reviendra à Sunyoung Seo que nous avions découverte à Nancy en Cio-Cio San, laissant présager une très belle Aida. Nous aurons également le plaisir de retrouver Amadi Lagha en Radamès – après son brillant Mario Cavaradossi ici-même le mois dernier – ou encore Ketevan Kemoklidze en Amneris, Leon Kim en Amonasro, et Cyrielle Ndjiki Nya, une grande voix lyrique en plein développement qui fait partie de la première promotion d'artistes lyriques de Génération Opéra. Nous retrouverons d’ailleurs la soprano en Deuxième Dame dans La Flûte enchantée imaginée par Anna Bernreitner, que nous avions pu voir à Nancy en décembre 2021. La production fera donc également halte à Montpellier pour le début d’année, et le public aura ainsi l’occasion de découvrir la totale réussite visuelle et esthétique de ce spectacle que nous avions saluée. Le plateau pourra aussi compter sur le Papageno de Mikhail Timoshenko, le Tamino d’Amitai Pati, la Pamina de Rihan Lois, le Monostatos de Benoît Rameau ou encore la Reine de la Nuit de Rainelle Krause.

En mars, l’Opéra proposera Climat de Russell Hepplewhite. Il s’agit là aussi d’un report, qui était initialement une commande faite pour les 30 ans d’Opéra Junior, destiné aux plus grands du chœur. L’œuvre a pour but de « nous pousser à prendre conscience des problèmes écologiques et à engager un dialogue entre générations ».

Nous reviendrons ensuite sur des sentiers plus connus avec Iphigénie en Tauride, sous la baguette de Pierre Dumoussaud et dont la mise en scène sera confiée à Rafael R. Villalobos, à qui l’on doit déjà ici un Barbier de Séville enthousiasmant en 2020, et la récente Tosca controversée. La directrice de la maison Valérie Chevalier nous assure toutefois qu’il n'y aura pas de passage SM dans cette nouvelle production aux « décors époustouflants », en coproduction notamment avec l’Opera Ballet Vlaanderen ! Difficile toutefois de s’abstenir d’une certaine vision politique lorsque l’on prend en compte le fait que la Tauride est l’actuelle Crimée… Côté voix, nous pourrons compter sur Vannina Santoni dans le rôle-titre, mais aussi sur Jean-Sébastien Bou (Oreste), Valentin Thill (Pylade) – lui aussi dans le promotion de Génération Opéra et qui fera ainsi entendre son émission claire et sa diction parfaite –, ou encore Louise Foor (Diane), qui devrait faire parler d’elle.

Autre coproduction avec l’Opera Ballet Vlaanderen, où les représentations ont lieu actuellement, les Scènes du Faust de Goethe imaginées par Julian Rosefeldt qui devaient initialement être données à Montpellier en 2021 seront finalement proposées en mai prochain. Michael Schønwandt dirigera la fosse, ainsi que le plateau composé de Brian Mulligan, Eleonor Lyons, ou encore Polly Leechentendue à Montpellier en décembre dernier, dans La Cenerentola.

Avant d’être proposé le 4 juillet au TCE, Grisélidis de Massenet résonnera au Corum sous la baguette de Jean-Marie Zeitouni, qui a déjà fort bien défendu le compositeur en mai 2021 avec Werther. Un enregistrement est d’ailleurs prévu afin d’immortaliser ce projet, fruit d’un profond travail de recherches, et servi par un alléchant plateau : Vannina Santoni, Frédéric Antoun, Thomas Dolié, Antoinette Dennefeld ou encore Adèle Charvet. Une autre rareté suivra le même mois, puisque l’Opéra prévoit ni plus ni moins que la création française de l’Orfeo d’Antonio Sartorio. Cette production célèbrera les retrouvailles de Philippe Jaroussky (à la direction musicale) et du metteur en scène Benjamin Lazar. Ce dernier, présent à la présentation de ce matin, a souligné à quel point ce projet tient à cœur à Philippe Jaroussky, qui connaît très bien l’œuvre pour en avoir notamment enregistré quelques extraits. Cet Orfeo a connu un grand succès à sa création, et est marqué par un véritable souci du divertissement ainsi que par le réalisme des sentiments. Le personnage d’Euridice est d’ailleurs beaucoup développé, et c’est elle-même qui vient demander en songe à Orphée de venir la délivrer des Enfers. Le metteur en scène nous plongera dans un espace onirique, en s’inspirant du Songe de Poliphile (Hypnerotomachia Poliphili) de Francesco Colonna ainsi que du cinéma de Sergueï Paradjanov. De quoi piquer bien des curiosités, d’autant plus que le plateau a de beaux attraits : Arianna Vendittelli et Ana Quintans incarneront le couple mythique, face à Kangmin Justin Kim, Céline Scheen, Yannis François, ou encore Zachary Wilder.

Comme chaque année, de nombreux concerts viendront compléter la saison. Citons par exemple « Airs oubliés », un récital de Philippe Jaroussky sous la direction de Julien Chauvin que Valérie Chevalier invite à Montpellier pour la première fois, de même que Stéphane Degout accompagné en mars au piano par Tanguy de Williencourt. Le contre-ténor et chef d’orchestre poursuit par ailleurs sa résidence, et proposera également un autre récital, cette fois-ci avec l’Ensemble L’Arpeggiata dirigé par Christina Pluhar, tandis que Michael Spyres optera pour un récital « Tenore assoluto » aux côtés d’Il Pomo d’Oro. Dans le cadre des Journées du Patrimoine, l’Opéra proposera une nouvelle création, « Etape par étape », lors de laquelle 50 matelas seront disposés pour cocooner le public qui écoutera au passage Mélodie Ruvio et Fabien Hyon. Victor Jacob dirigera un concert « Nouvelles voix » avec Léo Vermot Desroches, Rémy Bres-Feuillet et Juliette Mey (qui appartient elle aussi à première promotion Génération Opéra). N’oublions pas également les différents concerts des lauréats ou la Petite Messe Solennelle de Rossini sous la baguette de Michele Spotti, servie par de grande voix rossiniennes : Maria Laura Iacobellis, Marianna Pizzolato, Juan Francisco Gatell et Fabrizio Beggi.

Une fois encore, la saison s’annonce riche de beaux rendez-vous à Montpellier, dans une atmosphère toujours aussi enthousiasmante !

Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel de l’Opéra qui vient de faire peau neuve maintenant que le nombre d’utilisateurs mobiles dépasse celui des autres utilisateurs.

Elodie Martinez

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