© Saison 2026/27 de l'Opéra Orchestre de Montpellier Occitanie
L’Opéra-Orchestre National de Montpellier Occitanie dévoile une saison 26/27 réunissant de grandes œuvres de répertoire mais aussi de vraies curiosités (de l’opéra coréen par exemple), des redécouvertes d’œuvres perdues ou encore des créations. Tour d’horizon de ce qu’il ne faut pas rater à Montpellier en 2026 et 2027.
À son tour, l’Opéra-Orchestre National de Montpellier Occitanie a annoncé sa saison 2026-2027, sous le thème de « Prendre son temps » pour une invitation au voyage sous toutes ses formes : « Une saison est toujours une invitation. La nôtre choisit le voyage. Un voyage pour repenser les frontières, les déplacer, les traverser, parfois les regarder autrement ». Un voyage pensé aussi pour que chacun puisse embarquer et voguer à sa vitesse grâce à des propositions adaptées : « Les familles se retrouvent autour de parcours et de rendez-vous qui leur sont dédiés. Les différents formats et horaires permettent à chacun de vivre la saison selon son propre rythme. L’Opéra Orchestre affirme la diversité comme une réalité vivante et une responsabilité assumée. Parce que le temps partagé crée du commun, une salle de spectacle reste un lieu où le monde peut encore se raconter dans un même désir d’horizons partagés ».
Côté lyrique, la maison propose trois volets : celui de la redécouverte, de la création et du patrimoine.
Des œuvres connues sauront ravir le public
La saison débutera par une œuvre encore trop rarement donnée : la Médée de Charpentier. Elle sera proposée en version de concert portée par Marie-Nicole Lemieux dont le timbre devrait faire des merveilles dans le rôle-titre, le ténor tchèque Petr Nekoranec en Jason (après nous avoir ébloui en Oronte dans Alcina) ou encore Juliette Mey en Créuse.
Carmina Burana de Carl Orff sera mise en scène et chorégraphiée par Anne Lopez, avec notamment Clara Guillon, Paul-Antoine Bénos Djian et Théo Hoffman. Le Chœur de la maison sera rejoint par le Chœur Opera Junior mais aussi par le Goyang Festival Choir, originaire de Corée du Sud, pour un total de deux cents artistes sur scène. La production marquera ainsi le lancement des 140 ans des relations diplomatiques entre la France et la République de Corée, véritable « partenaire d’avenir pour l’Opéra ».
Deux œuvres emblématiques seront également proposées cette saison. Tout d’abord, Les Noces de Figaro, en coproduction avec Strasbourg. Mathilda du Tillieul McNicol – à qui l’on doit la mise en espace d’Exils, dont nous rendions compte en 2025 – s’attèlera à ce monument mozartien, épaulée en fosse par Julio García-Vico et sur scène par un plateau de premier plan : Angélique Boudeville et Andrew Manea en Comtesse et Comte Almaviva, mais aussi Milan Siljanov en Figaro, Polly Leech – entendue in loco dans La Cenerentola en 2021 –, ou encore Julia Muzychenko (bien connue du public Montpelliérain pour ses rôles de Musetta ou de Nannetta, entre autres) qui fera ses premiers pas dans le rôle de Susanna.
Le collectif Opera Popolare reviendra pour mettre en scène l’Orfeo de Monteverdi servi pas une distribution réunissant notamment Gwendoline Blondeel (Eurydice), Anthea Pichanick (La Messagère), Fiona McGown (Proserpine), mais aussi Arnaud Gluck dont nous suivons le nom depuis sa découverte lors du concours de chant de Froville. Quant au rôle-titre, il sera tenu par Pierre Gennaï mais aussi par Ruggero Dondi. En effet, comme à Lyon en 2015 avec l’œuvre de Gluck, le collectif décide de dissocier le vieil Orphée du plus jeune, le premier se remémorant ce que l’autre vit. Le public sera transporté dans un Ehpad, tandis que se poseront les questions de rapport au temps, à nos aînés, de la place des jeunes par rapport aux plus âgés. Le spectacle promet une « approche bouleversante » ainsi que « beaucoup d’émotion ».
Pas moins de quatre créations et une redécouverte !
Les créations se multiplieront cette saison, avec tout d’abord la création française de L’Opéra de Fleurs (Hwajeonga), en coproduction avec l’Opéra national de Corée. Inspirée de la pièce de théâtre homonyme, l’œuvre fait dialoguer l’intime « avec la grande histoire, fait résonner des voix féminines au sein d’un récit souvent écrit au masculin », puisque l’histoire se déroule au printemps 1950, à la veille de la guerre de Corée, alors que des femmes se réunissent autour d’un pique-nique et de préparation de hwajeon (de délicates galettes de riz ornées de pétales de fleurs). Ce sera l’occasion pour le chœur de la maison montpelliéraine de chanter pour la première fois en coréen.
Inspiré par Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, A Trip to the Moon d’Andrew Norman (créé le 17 juin 2017 à la Philharmonie de Berlin) marquera la seconde création française de la saison, dans une mise en scène de Bérénice Collet et sous la baguette de Jérôme Pillement. Chose exceptionnelle : nous entendrons ici du français mais aussi... du « lunésien » !
Décembre verra la création mondiale du Baiser de la Fée de Théodore Akimenko, décédé en 1945. Datant de 1914, le manuscrit de cet opéra est demeuré enfoui et sera donc créé à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance du compositeur ukrainien, élève de Korsakov, dont la musique pourrait se situer entre Tchaïkovski et Debussy. La période choisie n’est pas un hasard, puisque le livret est librement inspiré du conte La Vierge des glaces d’Andersen et fera s’affronter deux mondes au cœur des Alpes : « l’un sauvage et silencieux, l’autre bruyant et conquérant ». Le jeune collectif Opera Popolare, lauréat du Ring Award 2025, et en résidence à l’Opéra Orchestre, sera en charge de la mise en scène et proposera « un regard résolument actuel ». Par ailleurs, en ces temps troublés, l’Opéra de Montpellier a pour idée de faire don de cette production à un théâtre ukrainien.
Autre création mondiale de la saison, Hotel Moctezuma de Diana Syrse, transportera « le spectateur dans un hôtel vénitien étrange, décoré à la mexicaine, où Xóchitl Reyes, militante écologiste, doit se marier pour éviter l’expulsion. Aux côtés d’un mystérieux employé, elle se lance dans un carnaval nocturne mêlant visions poétiques et symboles, où se croisent migrations, néocolonialisme et défis liés au changement climatique ». Mis en scène par Ewa Rucińska, l’œuvre fusionne musique contemporaine, instruments latino-américains, électronique, voix amplifiées et danse intégrée afin de réinventer « l’opéra comme expérience multidimensionnelle et immersive », et interroger « notre rapport à la planète, aux cultures et à l’avenir, offrant une vision poétique, engagée et carnavalesque du monde contemporain ».
Enfin, en novembre, le Jeune Orchestre Baroque Européen ressuscitera un joyau méconnu : Los Elementos d’Antonio de Literes, premier opéra espagnol à marquer l’histoire de la zarzuela. Composé vers 1705, « Los Elementos est bien plus qu’un simple opéra : c’est une célébration des forces de la nature, où chaque élément s’exprime, se confronte et finit par s’harmoniser au rythme d’une musique à la fois savante et envoûtante ». Ecrit à l’origine pour cinq sopranos, il sera ici porté par six interprètes : Ai Horton, Pauline Gaillard, Tibbe Alkemade, Paul-Émile Burgevin, Antonina Stepanova et Nicole Franco.
Récitals, galas et Pandori
Quelques jours avant l’annonce de sa saison, l’Opéra de Montpellier accueillait dans ses murs le pansori coréen (un art du récit chanté ou d’opéra narratif traditionnel) sous la thématique « Le feu et les larmes ». Ko Yeong-yeol – « l’une des figures de proue de la réinterprétation moderne du patrimoine musical coréen, rendant cet art ancestral accessible à toutes les générations sans en trahir l’essence » – était alors seul en scène, mais il reviendra accompagné par Hwanyoo Lee (entendue dans Séisme) la saison prochaine (ainsi que par Soo Yeon Lyuh à l’haegeum et l’Orchestre de l’Opéra) pour un second rendez-vous, cette fois-ci sous le thème « Rite d’été de Corée ».
Deux galas seront également présents cette saison. Le premier réunira Amina Edris et son mari Pene Pati « pour interpréter les plus beaux airs et duos du répertoire lyrique, des pages qui traversent deux siècles d’opéra français et italien ». Samy Rachid sera à la tête de l’Orchestre maison pour cette soirée qui promet d’être un rendez-vous très attendu. Le second réunira les forces instrumentales mais aussi le chœur de l’OONM sous la baguette de Jean-Marie Zeitouni pour un Gala Ambroise Thomas, porté également par Hélène Carpentier, Éléonore Pancrazi, Julien Henric et Thomas Dolié.
En février, Livia Louis-Joseph Dogué, Winona Berry et Auguste Truel, « trois jeunes artistes au talent déjà affirmé » révélés par le concours Voix des Outre-mer – qui se tiendra par ailleurs le 14 février –, se retrouveront pour un récital Mozart/Da Ponte durant lequel ils déploieront « toute l’élégance, la vivacité et la profondeur émotionnelle de ce répertoire emblématique ».
En juin, le Requiem de Cherubini résonnera pour la première fois à l’Opéra de Montpellier. Ce chef-d’œuvre du classicisme tardif, trop rarement donnée, « atteint ici une sobriété saisissante, entre terreur sacrée et douceur consolatrice ». Pas moins de huit solistes seront réunis, dont Natalia Ruda (entendue dans Médée mais surtout dans Exils), Hwanyoo Lee, Myriam Bouhzada, Laurent Sérou, ou encore Jean-Philippe Elleouët (déjà connu du public pour l’avoir entendu dans Rigoletto ou plus récemment dans La Traviata). L’œuvre sera donnée avec la Fantaisie chorale de Beethoven pour une soirée « de feu et de recueillement, où le chœur est roi ».
Enfin, deux récitals attirent déjà notre attention : celui de Julie Fuchs le 25 avril pour « une promenade dans le Paris effervescent du début du XXe siècle », accompagnée de quatre musiciens virtuoses ; ainsi que celui de Marie-Nicole Lemieux le 8 mai. La cantatrice revient aux côtés « de son fidèle complice depuis plus de vingt ans, le pianiste Daniel Blumenthal, avec lequel s’est tissée une rare connivence artistique, et de Cyrille Tricoire De Haro, violoncelle supersoliste de l’Orchestre » afin d’explorer les multiples visages de l’amour avec Brahms et Massenet.
De nombreux autres spectacles seront également proposés autour des musiques du monde, de spectacles accessibles en LSF ou de rendez-vous familiaux avec les « Petits Parcours », la « Boum fantastique », des concerts de l’Opera Junior (dont un avec le Busan Metropolitan Junior Chorus, venu tout droit de Corée du Sud), Le Petit Prince, etc. Parfois, les plaisirs se mêlent avec des spectacles en famille accessibles en LSF...
Avec sa belle dynamique, sa prise en considération de l’expérience du public (avant, pendant et après spectacle), ou encore son ouverture sur et au monde, l’Opéra de Montpellier offre une fois encore une programmation stimulante et particulièrement vivante.
Alors que sa saison actuelle arrive petit à petit à sa fin, nous avons déjà hâte d’être à la prochaine !
Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel de l’Opéra.
publié le 6 juin 2026 à 10h30 par Elvira Montez
06 juin 2026 | Imprimer
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