Saison 2021-2022 : excellence pour tous au Théâtre du Capitole de Toulouse

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Ce matin, le Théâtre du Capitole de Toulouse annonçait sa saison en direct depuis sa salle, conviant non seulement journalistes mais aussi artistes à cette conférence numérique conviviale. En compagnie notamment de Francis Grass et de Christophe Ghristi, la maison a rappelé que la période actuelle était ainsi non seulement celle de la reprise, mais aussi de la possibilité de se projeter vers la saison future, qui souhaite (re)conquérir le public et poursuivre sa politique d’ouverture et de grande accessibilité. La maison compte ainsi sur ses traditionnels rendez-vous autour de récitals à tarifs très attractifs, mais aussi sur sept productions lyriques, dont cinq nouvelles, portées par quelques figures tutélaires de la maison et de jeunes artistes, promettant de nombreuses prises de rôle.

Pour commencer, La Gioconda ouvrira le bal en septembre. Cette nouvelle production, en coproduction avec La Monnaie de Bruxelles où nous l’avons vue en 2019, marquera l’entrée au répertoire de l’œuvre, dans la mise en scène d’Olivier Py. Ce dernier entretient des rapports passionnés avec l’œuvre, pour laquelle le mot « grandiose » n’est pas trop fort selon lui, puisqu’elle récapitule en quelque sorte tout ce que l’on peut faire dans l’univers verdien, tout en visant ce que l’on appellera plus tard le vérisme. La partition exige également six interprètes de talent, et l’on retrouvera Béatrice Uria Monzon dans le rôle-titre qu’elle chantait justement pour la première fois en 2019. Elle sera entourée de Renée Morloc (La Cieca), Marco Spotti (Alvise Badoero), Varduhi Abrahamyan (Laura), Ramón Vargas (Enzo Grimaldo), Pierre-Yves Pruvot (pour son premier Barnaba), Roberto Covatta Isepo et Sulkhan Jaiani (Zuane/Un Pilote/Un Chanteur).

On se souvient par ailleurs que cette saison devait notamment marquer la prise de rôle de Stéphane Degout dans Eugène Onéguine en début d’année. Si la production est reportée à une saison plus tardive, celle qui arrive verra néanmoins bien une prise de rôle du baryton français : celle du rôle-titre de Wozzeck, prévue pour novembre. Présent depuis Aix-en-Provence, le principal intéressé a expliqué qu’il a déjà commencé à se plonger dans cette partition depuis quelques semaines, et qu’il retrouvait des impressions similaires à celles qu’il a connues en plongeant le nez dans Pelléas et Mélisande. Il prévient que son Wozzeck sera probablement « vert et frais », de même que son premier Pelléas, mais qu’il espère bien chanter ce rôle encore après afin d’évoluer dans l’univers très particulier de l’œuvre. Sophie Koch sera elle aussi présente pour sa première Marie, aux côtés du Tambour-Major de Nikolai Schukoff, sans oublier Thomas Bettinger, Falk Struckmann, Guillaume Andrieux ou Anaïk Morel.

La fin d’année sera plus légère, avec une nouvelle production de La Flûte enchantée confiée au chorégraphe Pierre Rigal, pour qui le plus important est la quête des personnages, et non sa résolution. Il souhaite rendre l’œuvre accessible à tous, aux connaisseurs comme aux simples curieux, et annonce des « images objets » – non des vidéos – afin de créer l’illusion. Une double distribution de jeunes chanteurs devrait ravir le public, entre Anaïs Constans, Serenad Uyar, Philippe Estèphe, Andreea Soare, Valentin Thill ou encore Marie Perbost. Cette dernière sera d’ailleurs également présente dans Platée, qui sera enfin créé après avoir été annulée en mars 2020, alors que les répétitions avaient déjà commencé. Corinne et Gilles Benizio n’ont pas caché leur enthousiasme à l’idée de reprendre ce travail et de retrouver la distribution qui comprend également Mathias Vidal dans le rôle-titre. La mise en scène devrait nous plonger dans un univers « loufoque », plein d’amusement. Le monde annoncé est celui de travestis, fort d'une inspiration puisée chez Almodóvar, et l’on attend de retrouver la complicité des metteurs en scène avec le chef Hervé Niquet.

Une des productions qui devraient être particulièrement attendue est celle de Carmen, donnée en janvier, dans la reprise de la mise en scène de Jean-Louis Grinda déjà donnée dans ces lieux en 2018, et à Monte-Carlo en 2020. Ce début d’année marquera donc une double prise de rôle du rôle-titre : tout d’abord, celle de Marie-Nicole Lemieux (qui donne justement en ce moment même sa première Charlotte), qui interprètera sa première Carmen mise en scène, après avoir néanmoins déjà chanté ce rôle dans une version mise en espace au TCE en 2017 (et dans laquelle elle excellait déjà). Elle partagera le rôle avec Eva Zaïcik, pour qui ce sera donc la première Carmen, et dont nous avons plusieurs fois dit tout le bien que nous en pensons. Face à elles, Jean-François Borras reprendra la rôle de Don José, qu’il partagera toutefois avec Amadi Lagha, alors que Alexandre Duhamel et Armando Noguera seront Escqmillo, et Elsa Benoit et Marianne Croux interprèteront Micaëla.

En avril, place à Jenůfa, dans la reprise de la mise en scène de Nicolas Joel, afin de faire aussi vivre le patrimoine lyrique riche de la maison. La distribution annoncée est éblouissante : on y retrouvera notamment Angela Denoke dans le rôle de la Sacristine, Cheryl Studer en Grand-Mère Buryjovka et la soprano française Marie-Adeline Henry dans le rôle-titre. Puis ce sera finalement à une nouvelle production du Barbier de Séville (en coproduction avec le Liceu) de clore la saison dans une mise en scène de Josef Ernst Köpplinger. Florian Sempey y tiendra son premier Figaro toulousain, en alternance avec Vincenzo Taormina, tandis qu’Adèle Charvet reprendra le rôle de Rosina dans lequel nous l’avions entendu en 2020 à Montpellier, en alternance avec Eva Zaïcik. Le reste de la distribution comprend notamment Kévin Amiel, Julie Pasturaud ou encore Julien Véronèse.

Des récitals viendront également parsemer la saison, avec Sophie Koch, Michael Spyres, Karine Deshayes, Catherine Hunold, Lawrence Brownlee et Levy Sekgapane. A cela s’ajouteront les « Midis du Capitole », cette pause déjeuner musicale maintenant culte au Capitole, en compagnie cette année d’Anaïk Morel, Marie Perbost, Victor Sicard et Edwin Fardini. Enfin, parmi les différents autres rendez-vous, citons le « bus Figaro », un spectacle itinérant qui voyagera dans les écoles, proposant l’œuvre en français et en une heure, « avec quatre belles voix, un accordéon, une guitare, quelques costumes et accessoires ».

La billetterie de la maison est d’ores et déjà ouverte, vous invitant ainsi à prendre connaissance de son nouveau logiciel et d’une souplesse nouvelle dans les abonnements, ou encore d’un pass pour les jeunes permettant de voir quatre spectacles pour 20 euros sans que cela ne soit en dernière minute.

Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel du Théâtre du Capitole de Toulouse.

Elodie Martinez

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