Leonie Rysanek

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Informations générales

  • Nom :Rysanek
  • Prénom :Leonie
  • Date de naissance :14/11/1926
  • Date de mort :07/03/1998
  • Nationalité :Autriche
  • Tessiture :Soprano

Biographie

Même si le nom de Leonie Rysanek est étroitement lié à celui de Richard Strauss qu’elle a fait rayonner d’un éclat exceptionnel, ce serait éclipser une grande partie de sa très longue carrière que de ne pas y ajouter celui de Richard Wagner auquel elle a offert toute l’ardeur de sa voix somptueuse, au timbre incandescent et aux aigus lumineux. Celle qui était « née pour chanter Strauss », fut aussi une des étoiles du « Nouveau Bayreuth » instauré par Wieland Wagner à partir de 1951. Mais pour ne rien oublier, il faut encore préciser que c’est la Lady Macbeth de Verdi qui a rendu mondialement célèbre la soprano autrichienne quand elle l’a chantée en 1959 au Metropolitan Opera de New-york pour remplacer Maria Callas. Ce soir-là, Leonie Rysanek faisait ses premiers pas sur la prestigieuse scène newyorkaise et la liste de ses héroïnes verdiennes allait continuer de s’allonger même si la couleur de sa voix n’était pas vraiment « italienne ».


Leonie Rysanek en Sieglinde à l'Opéra de Seatlle ; © DR

Leonie Rysanek est née le 14 novembre 1926 à Vienne. Après avoir envisagé une carrière d’actrice, elle entame des études de chant avec des professeurs réputés comme Alfred Jerger et Rudolf Grossmann – qui allait devenir son premier mari. La jeune femme débute avec le rôle d’Agathe dans Le Freischütz de Carl Maria von Weber, en 1949, à Innsbruck. De 1950 à 1952, elle sera membre de la troupe de l’Opéra de Sarrebruck où elle se familiarise avec un vaste répertoire. Mais c’est l’année 1951 qui marque une étape décisive dans la carrière de Leonie Rysanek. Avec d’autres jeunes chanteuses comme Martha Mödl et Astrid Varnay, elle a été choisie par Wieland Wagner pour la réouverture du Festival de Bayreuth qui cherche à prendre un nouveau départ après une période de compromissions avec le régime hitlérien.  Leonie Rysanek fait immédiatement sensation en Sieglinde dans La Walkyrie. Le public enthousiaste est conquis par l’ampleur et l’ardeur d’une voix frémissante de jeunesse dont la séduction est décuplée par l’intensité de l’engagement scénique. De telles performances vocales associées à un réel talent d’actrice épousent parfaitement les nouvelles conceptions de Wieland Wagner, qui cherche à renouveler le théâtre lyrique à travers des mises en scènes intemporelles, à la fois plus épurées et plus dramatiques. A Bayreuth, Leonie Rysanek entrera dans la légende du chant wagnérien en modifiant complètement la conception des fameux « Wagner blonds » que sont les personnages de Senta, Elisabeth ou Elsa, incarnés parfois avec une certaine mièvrerie. En 1966, Leonie Rysanek interprétera à nouveau Sieglinde, sous la direction de Karl Böhm, dans Le Ring capté par Philips. Autre moment mémorable, en 1982, la chanteuse sera la Kundry du centenaire de la création de Parsifal mis en scène par Götz Friedrich.


Leonie Rysanek ; © DR

Bayreuth aura donc joué un rôle déterminant dans l’essor de la soprano autrichienne qui est engagée à Munich, Londres, et Vienne, à la suite de sa première apparition sur la « Colline verte ». Leonie Rysanek chante aussi Wagner hors du Festival, notamment en France, pour ses débuts à l’Opéra de Paris en 1955. Quel que soit le lieu, ses interprétations constituent toujours des moments inoubliables même si elle ne se considère pas exclusivement comme une « wagnérienne », estimant qu’elle est plutôt une « straussienne ». En 1955, à Vienne, sous la direction de Karl Böhm, Leonie Rysanek chante pour la première fois l’Impératrice de La femme sans ombre de Richard Strauss. A vingt-neuf ans, la chanteuse inaugure ainsi une longue série de rôles straussiens dans lesquels elle demeure encore inégalée car elle possédait au plus haut point toutes les qualités exigées par ce répertoire. Une étonnante facilité dans les aigus, une voix aussi puissante que lumineuse et une infaillible discipline intérieure se voient complétées par un tempérament scénique qui communique une tension captivante à tous ses personnages que ce soit les rôles-titre d’Ariane à Naxos ou de Salomé, ou encore la Maréchale du Chevalier à la rose ou Chrysothémis dans Elektra.  Elle ne chantera jamais Elektra à la scène, mais elle acceptera, uniquement pour Karl Böhm, d’incarner cette héroïne passionnée dans un film tourné en studio par Götz Friedrich.


Leonie Rysanek en Desdemone ; © DR

Ce qui rend uniques les interprétations de Leonie Rysanek, c’est aussi son goût personnel pour l’analyse de ces différents rôles qu’elle aborde toujours avec le désir de servir au mieux leurs implications vocales et dramatiques. Elle définissait ainsi la Maréchale du Chevalier à la rose : « Pour moi la Maréchale n’est pas un personnage tragique, c’est une femme secouée d’un frisson ». A côté de Strauss et de Wagner, Leonie Rysanek a toujours chanté les grands Verdi comme Lady Macbeth ou Desdémone dans Otello, un ouvrage qu’elle enregistre en 1960, aux côtés de John Vickers et Tito Gobbi, sous la direction de Tullio Serafin. Aujourd’hui, cet enregistrement est toujours considéré comme une référence absolue.

A partir des années 1980, Leonie Rysanek commence à se tourner progressivement vers le répertoire de mezzo-soprano pour accompagner l’évolution de sa voix qui a gagné en largeur et en puissance dans le médium et le grave. Peu à peu, chez Wagner, elle passe d’Elsa à Ortrud dans Lohengrin et, chez Strauss, elle chante désormais Clytemnestre plutôt que Chrysothemis dans Elektra. Trois nouveaux rôles viennent consolider cette dernière phase d’une carrière menée avec une rare énergie comme si le temps n’avait pas de prise sur cette artiste, Kostelnicka dans Jenufa, Kabanicha dans Katia Kabanova, deux personnages très forts de Janacek, auxquels s’ajoute la Comtesse de La Dame de pique de Tchaikovski. C’est d’ailleurs dans ce dernier rôle que la chanteuse fait ses adieux au Metropolitan Opera de New-York, en janvier 1996. L’été suivant, elle apparaît pour la dernière fois sur scène, en Clytemnestre, dans le cadre du Festival de Salzbourg. Leonie Rysanek devait succomber à un cancer le 7 mars 1998, à l’âge de soixante et onze ans ; avec elle s’éteignait une des dernières légendes de l’histoire de l’opéra.

Catherine Duault

Répertoire

Interprété dans

Leonie Rysanek (Interprète)

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Mode immersif

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