Jussi Björling

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Informations générales

  • Nom :Björling
  • Prénom :Jussi
  • Date de naissance :05/02/1911
  • Date de mort :09/09/1960
  • Nationalité :Suède
  • Tessiture :Tenor

Biographie

Jussi Björling, qu’on surnomma le « Caruso suédois », reste à jamais présent dans la mémoire des mélomanes. Aujourd’hui, le meilleur témoignage de son art demeure un Trouvère de légende, enregistré en 1952 pour RCA, sous la direction de Renato Cellini, avec Zinka Milanov, l’une des stars du Met, et Leonard Warren, l’un des plus grands barytons verdiens de sa génération. Cet enregistrement de référence nous restitue tout le rayonnement de la voix solaire de Jussi Björling dont le timbre radieux et velouté suscitait d’emblée l’émotion du public. Le ténor suédois se distinguait par la clarté de sa diction, la souplesse de son phrasé et la facilité de ses aigus éblouissants. Il excellait dans le répertoire français et italien ce qui lui permit de s’imposer comme un des « rois » du Met de New-York. Le plus « italien » des chanteurs suédois demeure à ce-jour l’un des meilleurs interprètes de Manrico, le héros du Trouvère de Verdi.

Jussi Björling est né le 5 février 1911 à Borlänge, dans le centre de la Suède. Il appartient à une famille de musiciens et il travaille très tôt sa voix sous la houlette de son père, ténor et professeur de chant. En 1916, le jeune Jussi se produit pour la première fois en public au sein du quatuor vocal familial qui devient bientôt le « Björling Male Quartet » pour entamer une grande tournée aux Etats-Unis de 1919 à 1921. Le quatuor est composé du père, David Björling (1873-1926), et des deux frères de Jussi, Johan Olof « Olle » (1909-1965) et Karl Gustav « Gösta » (1912-1957) qui feront également carrière ainsi qu’un troisième frère, Karl David « Kalle » (1917-1975). Il faut préciser que le baryton wagnérien Sigurd Björling (1907-1983) n’a aucun lien de parenté avec cette famille qui compte déjà quatre fils chanteurs professionnels !


Jussi Björling en Chevalier Des Grieux ; © DR

Jussi Björling en Rodolfo ; © DR

Le quatuor familial continue à se produire jusqu’en 1926 mais, à partir de 1928, Jussi Björling entreprend des études de chant au Conservatoire de Stockholm où il a pour professeur le baryton John Forsell (1868-1941). Le jeune chanteur fait ses débuts de soliste au Théâtre royal de Stockholm, l’année de ses dix-neuf ans, dans le rôle de l’Allumeur public dans Manon Lescaut de Puccini. Il intègre dès 1931 la troupe de l’Opéra de Stockholm où il se produira jusqu’en 1939 en abordant près de cinquante-cinq rôles différents, de Mozart à Puccini en passant par Verdi, Gounod ou Tchaïkovski. Il n’hésite pas à aller même au-delà de son répertoire naturel de ténor lyrique pour aborder des rôles de ténor lirico spinto, osant Radamès dans l’Aïda de Verdi ou Turridu, dans Cavalleria rusticana de Mascagni.

1936 marque l’essor d’une carrière qui prend sa véritable dimension internationale pour culminer en 1941 au moment où l’artiste est au sommet de son art. Jussi Björling est programmé au Staatsoper de Vienne, à l’Opéra de Dresde, au Festival de Salzbourg puis, le 28 novembre 1937, il triomphe à New-York, au Carnegie Hall, lors d’un concert radiodiffusé. L’année suivante, il fait ses premiers pas sur la scène du Metropolitan Opera en Rodolfo dans La Bohème de Puccini. Jusqu’en 1959, c’est-à-dire jusqu’à la veille de sa disparition prématurée, le ténor suédois se produira régulièrement au Met dont il est une des gloires incontournables. La Seconde Guerre Mondiale va malheureusement freiner le cours de cette ascension. Deux semaines avant le déclenchement du conflit, Jussi Björling partage pour la première fois l’affiche du Festival de Lucerne avec Arturo Toscanini qui dirige le Requiem de Verdi. Puis, après une grande tournée américaine en 1941, l’artiste finit par regagner la Suède. Après la fin du conflit, le ténor reprend brillamment sa carrière mais il se concentre désormais sur quelques rôles et se produit essentiellement au Met.


Jussi Björling ; © DR

Les années 50 vont marquer le commencement d’ennuis de plus en plus préoccupants. Une mauvaise laryngite vient régulièrement compromettre les engagements du ténor qui doit notamment annuler ses débuts à l’Opéra de Paris en 1953. Il doit aussi renoncer à l’enregistrement d’Un Bal masqué de Verdi sous la direction de Toscanini. Les problèmes de santé se multiplient, largement aggravés par une addiction à l’alcool dont les effets sont de plus en plus difficiles à dissimuler. En septembre 1959, le chanteur est victime d’une crise cardiaque alors qu’il enregistre Madame Butterfly pour EMI. Ce sera l’ultime intégrale d’un interprète qui laisse néanmoins à la postérité une très riche discographie. Le dernier enregistrement du ténor devait être celui du Requiem de Verdi, à Vienne, au printemps 1960, sous la direction de Fritz Reiner.

Sans chercher à ralentir son activité pour se ménager, Jussi Björling donnent encore quelques représentations au Met, puis à Stockholm et à Londres. Le 1er avril 1960, il est à San Francisco pour un Faust qui constituera son ultime adieu à la scène lyrique, quelques mois seulement avant son dernier concert, le 20 août, à Stockholm. Et le 9 septembre 1960, dans sa villa proche de Stockholm, le chanteur succombe à une nouvelle crise cardiaque. Mais le cœur de ceux qui l’aiment continue de battre pour cette voix qui semblait avoir apprivoisé le soleil. 

Catherine Duault

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