Alfredo Kraus

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Informations générales

  • Nom :Kraus
  • Prénom :Alfredo
  • Date de naissance :24/11/1927
  • Date de mort :10/09/1999
  • Nationalité :Espagne
  • Tessiture :Tenor

Biographie

Le ténor Alfredo Kraus était un merveilleux styliste dont la carrière, menée avec d’infinies précautions, s’est épanouie à rebours du rythme effréné auquel sont soumis les chanteurs du XXIème siècle ! Restant de marbre face à toutes les sollicitations susceptibles de le faire sortir de son répertoire habituel, le chanteur s’est consacré avec la plus grande exigence à l’approfondissement des rôles qui convenaient le mieux à son identité vocale, celle d’un ténor lyrique et lyrique léger. C’est grâce à cette ligne de conduite qu’il a pu, au terme d’une carrière de près de quarante ans, enthousiasmer le public de l’Opéra-Comique en interprétant à soixante-six ans son rôle préféré, celui de Werther, le héros romantique de Massenet.  En ce printemps 1994, Alfredo Kraus était encore un Werther éblouissant, aussi captivant musicalement que convaincant en jeune homme déchiré par un amour impossible. Une telle longévité reste un exemple d’une grande rareté.


Mercedes Llopart ; © DR

Alfredo Kraus est né le 24 septembre 1927 à Las Palmas, sur l’île de Grande Canarie. Il a pour professeur la soprano Mercedes Llopart (1895-1970) qui compte, parmi ses élèves les plus célèbres, Anna Moffo, Renata Scotto ou encore Fiorenza Cossotto. Il fait ses débuts à Madrid en 1954 en chantant des zarzuelas. Dès ses premiers pas sur une scène d’opéra en 1956, Alfredo Kraus prend le parti de se limiter à un répertoire qui restera le sien tout au long de sa carrière.  Il est d’abord le Duc de Mantoue dans Rigoletto à l’Opéra du Caire, puis il chante Alfredo dans La Traviata à Turin. C’est en Duc de Mantoue qu’il fera ses débuts au Metropolitan Opera de New-York en 1966 et au Staatsoper de Vienne en 1968, alors qu’Alfredo lui ouvre les portes de l’Opéra de Marseille et du Teatro Sao Carlos de Lisbonne, où Maria Callas est sa partenaire en 1958.

A Verdi vont bientôt s’ajouter les grands rôles de Rossini, Bellini et Donizetti qui lui permettent de se révéler sur toutes les plus grandes scènes internationales. Très vite, ce « tenore di grazia » à la technique incomparable s’impose rapidement comme un Elvino exceptionnel dans La Somnambule de Bellini à la Scala de Milan en 1960. L’année précédente, il a triomphé à Covent Garden en Edgardo dans Lucia di Lammermoor de Donizetti, mais il est surtout stupéfiant quand il incarne Arturo dans Les Puritains, l’ultime chef-d’œuvre de Bellini. Le Lyric Opera de Chicago l’accueille en 1962 pour chanter Nemorino dans l’Elixir d’amour et c’est un autre ouvrage de Donizetti, La Fille du régiment, qui lui offre bientôt un emploi idéal avec celui de Tonio en lui permettant de lancer une kyrielle de contre-ut époustouflants. La clarté de sa prononciation et le rayonnement de son timbre font du ténor espagnol un des plus grands noms de la renaissance du bel canto romantique à côté de Luciano Pavarotti.


Alfredo Kraus en Werther à l'Opéra de San Francisco en 1985 ; © DR

Tout prédisposait Alfredo Kraus à briller dans l’opéra français. Son style impeccable, l’élégance et la beauté de son phrasé, auxquels s’ajoute un art de l’interprétation marqué par une extrême attention aux plus subtiles nuances, font du ténor l’un des deux meilleurs Werther de sa génération avec Alain Vanzo. Quand il évoque le héros de Massenet, le chanteur affirme : « La combinaison entre la musique et le personnage dans Werther est vraiment unique, avec ce poids d’intériorité qui est en lui, qui le tend comme un arc. Cela correspond probablement à mon caractère : je n’aime guère l’extériorisation des sentiments ». En soulignant ces correspondances entre sa propre personnalité et celle de son personnage favori, Alfredo Kraus reconnaissait qu’on pouvait le juger froid et distant parce qu’il était surtout absorbé par sa vie intérieure. La pudeur naturelle du chanteur l’a sans doute éloigné du grand public et cela d’autant plus qu’il détestait toute forme de médiatisation. Il n’était pas homme à rechercher la une des magazines et l’on sait qu’il désapprouvait totalement une initiative comme celle des « Trois Ténors » donnant un concert aux Thermes de Caracalla lors de la coupe du monde de football en 1990…

La discographie d’Alfredo Kraus nous restitue aujourd’hui la perfection de son art. On trouve de nombreux enregistrements datant du début de sa carrière dans les années 60 puis, après une relative éclipse, les intégrales se multiplient à nouveau chez EMI dans les années 80.
En 1997, Alfredo Kraus est cruellement éprouvé par la disparition de sa femme. Il retrouve brièvement la scène et l’enseignement jusqu’à son dernier concert à Madrid au début de l’année 1999. Il s’éteint quelques mois plus tard, le 10 septembre, vaincu par un cancer. Sa disparition cause un émoi considérable dans l’univers lyrique car, s’il n’a jamais connu la notoriété d’un Pavarotti ou d’un Domingo, de nombreux mélomanes le considèrent comme le plus grand artiste de sa génération.

Catherine Duault

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