Des piani envoûtants : Jonas Kaufmann enchante le Festival de Ljubljana

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« In fernem Land, unnahbar euren Schritten »... C'est avec des piani envoûtants et une immense tendresse que Jonas Kaufmann concluait son récital au Centre Cankar de Ljubljana en Slovenie, avec le récit du Graal de Lohengrin. Cette fois, dans le cadre du Festival de Ljubljana, le concert était notamment articulé autour du répertoire de Richard Wagner. Parmi les airs de la soirée, le ténor allemand a ainsi enchanté le public slovène avec l'air de Walter Stolzing « Morgenlich leuchtend im rosigen Schein » des Maîtres Chanteurs de Nüremberg interprété avec une infinité de nuances. Et dans le monologue de l'épée de Siegmund « Ein Schwert verhieß mir der Vater » de La Walkyrie, le ténor chante toutes les notes les plus hautes, déployant une longue et puissante respiration dans le « Wälse-Rufen », après qu’en écho, l’orchestre eut interprété une « Chevauchée des Valkyries » pleine d’entrain et de puissance.

Mais le maître de Bayreuth n’était pas le seul compositeur au programme du récital de Jonas Kaufmann. Le ténor allemand y a aussi intégré de grands airs du répertoire italien, incluant des arias rarement interprétés : l’air de Don Alvaro « La vita è inferno » extrait de La Force du Destin de Verdi ou encore la romance d’Enzo Grimaldi « Cielo e mar » de La Gioconda d'Amilcare Ponchielli, mais aussi celle, très populaire, du désespéré Canio « Vesti la giubba » de Pagliacci de Ruggero Leoncavallo.

Chaque air est chanté avec un timbre à la fois doux et velouté, inimitable et presque barytonant, ourlé de piani séduisants. Tout au long de la soirée, Jonas Kaufmann déploie de riches nuances, un lyrisme finement filé et un merveilleux ténor. 

Malheureusement, le chef d'orchestre Jochen Rieder n'a pas toujours rendu la tâche aisée au ténor : il laisse le RTV Slovenija Symphonie Orchester s’emballer et jouer avec peu d'équilibre dans l'accompagnement et surtout avec trop de volume dans les cuivres. Les musiciens, emmenés par le premier violon carinthien Benjamin Ziervogel, déploient néanmoins une grande passion et de belles couleurs dans l'Intermezzo de Pagliacci, et avec une légèreté enjouée dans la Danse des heures de Ponchielli.

Enfin, pour le plus grand plaisir du public, une série de quatre (!) rappels en solo a permis d’entendre l’air « Winterstürme wichen dem Wonnemond » de La Walkyrie de Wagner ou encore « Wien, Wien, nur du allein »... Standing ovation !

traduction libre de la chronique allemande d'Helmut Mayer
11 août 2021 (Ljubljana)

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