Retour sur les Victoires de la Musique Classique 2022

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Hier soir la 29e édition des Victoires de la Musique Classique se tenait au Grand Théâtre de Provence, présentée principalement par Stéphane Bern (accompagné de Clément Rochefort en coulisses, sans oublier Frédéric Lodéon qui participera également à la soirée) au cours d’une « cérémonie qui a une saveur très particulière : celle des retrouvailles, pour célébrer la musique et les artistes » selon les termes du maître de soirée. Une cérémonie au cours de laquelle un hommage a également été rendu à l’Ukraine, introduit par quelques mots de la cheffe Ariane Matiakh qui dirigeait l'Orchestre philharmonique de Nice pour cette soirée. Elle a également rappelé que « les artistes n'ont pas à payer le prix des dérives du gouvernement de la Russie » et qu’elle était opposée au « rejet soudain et global des artistes russes ».

C’est toutefois par la danse que la cérémonie s’est ouverte, avant de nous emmener dans la salle et de révéler l’orchestre par la levée des panneaux qui serviront d’écran. La 5ème Danse hongroise de Brahms lançait les festivités dans la salle, après que la Symphonie du Nouveau monde a sonné le coup d’envoi en accompagnant les danseurs en extérieur. « Ensemble, ils ont donné le ton de cette soirée : celui de l’excellence, de la jeunesse et de la transmission » indiquait alors Stéphane Bern.

Si la situation géopolitique actuelle a été évoquée, la cérémonie mettait avant tout la musique et les artistes en avant, et inaugurait cette année une nouvelle catégorie : celle de la « Révélation chef d'orchestre ». Nous avons donc pu entendre et voir diriger les trois nommés de cette nouvelle catégorie dès le début de soirée, et c'est Pierre Dumoussaud qui a remporté ce nouveau trophée face à Stéphanie Childress et Chloé Dufresne.

Nous avons également pu entendre les trois nommées dans la catégorie « Révélation Artiste lyrique », en commençant par Sarah Aristidou avec l’air « O luce di quest'anima » (Linda Di Chamounix), ici sous la direction de la cheffe Stéphanie Childress. Deuxième candidate que le public a pu entendre, Eugénie Joneau chante avec brio « Las hijas del Zebedeo », une zarzuela comique de Ruperto Chapí, tandis que Marie-Andrée Bouchard-Lesieur opte plus tard dans la soirée pour « Amours divins, ardentes flammes » (La Belle Hélène), là aussi très joliment interprété. C’est toutefois Eugénie Joneau qui devient lauréate de cette édition 2022, dans sa région natale. Le trophée lui a été décerné par Daniel Auteuil après avoir raconté avec émotion ses premiers pas sur scène, enfant, dans Madame Butterfly.

Barbara Hannigan a pour sa part interprété (et dirigé) « Youkali » avant que Sabine Devieilhe ne chante le « lied der nachtigall » de Franz Grothe. Le troisième interprète en lice pour le prix d’Artiste lyrique, Ludovic Tézier, n’était malheureusement pas présent, mais a tenu à adresser quelques mots par le biais d’un message vidéo que nous avons pu voir lorsqu’il a reçu cette troisième victoire dans cette catégorie.

Sol Gabetta, nommée dans la catégorie « Soliste instrumental », devait interpréter le Nocture op.19 n°4 de Tchaïkovsky, mais suite à une blessure à la main, elle a été remplacée par Raphaël Pidoux. Elle est par ailleurs lauréate ex-aequo – événement extrêmement rare – dans cette catégorie avec une autre violoncelliste, Emmanuelle Bertrand, face au violoniste Théotime Langlois de Swarte. Celui-ci était également nommé avec Thomas Dunford dans la catégorie « Enregistrement » pour The mad lover (Harmonia Mundi), aux côtés de BariTenor de Michael Spyres que nous avions beaucoup apprécié (Erato Warner Classics), et de l'album Cris de Thierry Escaich (Radio France) qui remporte le prix.

Jérémie Moreau, Valentin Tournet et Manon Galy (que nous avons entendue en duo avec Renaud Capuçon pour le 3ème mouvement du Concerto pour deux violons de Bach) étaient en lice pour le titre de « Révélation, soliste instrumental », remporté finalement par la jeune violoniste et reçu des mains de Renaud Capuçon vingt-deux ans après qu’il l’a lui-même obtenu.

Benoît Menut pour Une Odyssée, commande de l'ensemble Musicatreize ; Alex Nante pour Sinfonia del cuepo de luz ; et Kaija Saariaho pour son opéra Innocence créé justement dans cette salle où se déroulaient ces Victoires et dont nous rendions compte en juillet dernier concourraient pour leur part dans la catégorie « compositeur », et c’est cette dernière qui l’a emporté. Là aussi, la compositrice qui n’était pas présente avait tenu à faire parvenir un message vidéo en français.

Parmi les artistes invités, citons la pianiste Alice Sara Ott, Renaud Capuçon, Lucienne Renaudin Vary, Céline Frisch, Julien Henric et Alexandre Duhamel qui ont interprété « Dieu, tu semas dans nos âmes » extrait de Don Carlos. Alexandre Duhamel est également revenu en fin de soirée pour « Voilà donc la terrible cité » (Thaïs), avant que la traditionnelle Marche de Radetzky réunissant l’ensemble des artistes sur le plateau ne résonne dans la salle.

Le rendez-vous est d’ores et déjà donné pour la prochaine édition, qui marquera les 30 ans des Victoires de la Musique Classique.

Elodie Martinez

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