Festspielhaus de Baden-Baden 20/21 : la Russie à l'honneur !

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Pour sa deuxième saison en tant que directeur du Festspielhaus de Baden-Baden, Benedikt Stampa présente une programmation toujours plus riche, qui inclue notamment six opéras dont quatre sous format scénique. Même si, grâce à l’inconditionnelle présence et fidélité de Valery Gergiev, la musique russe (et slave) a toujours eu une portion de choix dans la célèbre ville thermale, elle prendra cette fois une place toute particulière, tant par les titres retenus que par les interprètes qui se succèderont à Baden-Baden.

C’est ainsi que la saison débutera le 20 septembre avec Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartok (en version de concert), l’opéra-thriller du compositeur hongrois étant défendu par Sir Simon Rattle à la tête du London Symphony Orchestra. La mezzo israélienne Rinat Shaham interprètera le rôle de Judith tandis que le britannique Gerald Finley endossera les habits de Barbe-Bleue.

Parenthèse baroque, ensuite, avec la venue de Cecilia Bartoli (les 6 et 8 novembre) pour défendre le rôle qu’elle a le plus souvent chanté en scène : La Cenerentola de Rossini (dont à l’Opéra de Monte-Carlo en 2017 dans la mythique proposition de Jean-Pierre Ponnelle), mais c’est cette fois dans une version semi-scénique que le festspielhaus donnera ce bijou de tendresse et d’humour signé par le Cygne de Pesaro. Aux côtés de la célèbre cantatrice romaine brilleront également Maxim Mironov (Don Ramiro), Carlos Chausson (Don Magnifico), Pietro Spagnoli (Dandini), Rosa Bove (Tisbe), Sen Guo (Clorinda), et José Loca Loza (Alidoro). Et puis ce sera l’occasion d’entendre l’excellente formation baroque que sont Les Musiciens du Prince-Monaco, entraînés par leur chef Gianluca Capuano.

Les dimanches 29 novembre et 6 décembre, c’est le maestro russe Valery Gergiev qui investira les lieux pour faire entendre tous les effluves vénéneux de la Salomé de Richard Strauss, avec l’une des meilleures phalanges européennes pour ce répertoire, le Münchner Philharmoniker. La très talentueuse soprano russe Evgenia Muraveva (entendue dernièrement dans Le Démon de Rubinstein au Grand-Théâtre de Bordeaux) incarnera la Princesse de Judée face au Jochanaan de Michael Volle. Ils seront entourés par Evelyn Herlitzius en Hérodiade et Andreï Popov en Hérode. La (nouvelle) mise en scène sera assurée par le metteur en scène allemand Philipp Stölzl (dont on se souvient d’un intéressant Parsifal à la Deutsche Oper Berlin en 2016).

Pour son Festival de Pâques, c’est comme à l’accoutumée l’Orchestre Philharmonique de Berlin qui officiera en fosse, dirigé par son directeur musical Kirill Petrenko, dans une œuvre aussi rare que splendide : Mazeppa de Tchaïkovski. Le rôle-titre sera tenu par Vladislav Sulimsky, accompagné par Olga Peretyatko (Maria), Dmitry Ulyanov (Kotschubeï), Dmytro Popov (Andreï), Ekaterina Semenchuk (Ljubow), Vasily Gorshkov (Iskra) et Dimitry Ivashchenko (Orlik). Cerise sur le gâteau, c’est le génial metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov qui mettra en images l’épopée de Pouchkine (les 27 mars, 1er et 5 avril). Toujours plus russe, la manifestation pascale se poursuivra avec la Francesca da Rimini de Sergueï Rachmaninov (le 4 avril), donnée en version concertante, avec là encore Kirill Petrenko à la baguette. La magnifique soprano arménienne Kristina Mkhitaryan (applaudie récemment dans des Indes galantes genevoises) sera Francesca, aux côtés du ténor ukrainien Dmytro Popov en Malatesta,

Quant au Festival d’été, où officie depuis longtemps Valery Gergiev, il offrira notamment une Tosca (les 22 et 25 juillet) dans une nouvelle mise en scène imaginée par le britannique Paul Curran, où les Solistes, le Chœur et l’Orchestre du Théâtre Mariinsky pourront démontrer une nouvelle fois toute l'étendue de leur talent. Mais la manifestation estivale sera également l’occasion d’entendre la grande Joyce DiDonato, d’abord dans Le Voyage d’hiver de Franz Schubert, accompagné au piano par Yannick Nézet-Séguin (le 2 juillet), avant que le chef québécois ne lui offre l’écrin de l’Orchestre du Metropolitan Opera, le lendemain, dans un programme Berlioz, où la cantatrice américaine interprètera notamment des extraits des Troyens. Le 4, la phalange new-yorkaise sera à nouveau en fosse pour une exécution (en version de concert) du premier acte de La Walkyrie de Richard Wagner, avec Christina Goerke en Siegliende, Brandon Jovanovich en Siegmund et Günther Groissböck en Hunding.

Au cours de la saison, les plus grands gosiers de la planète se feront entendre en récital dans le vaisseau de 3000 places qu’est le festspielhaus, comme la superbe mezzo lettone Elina Garanca, aux côtés de Malcom Martineau au piano, dans un concert dédié à des Lieder de Strauss et de Rachmaninov, entrecoupés de Zarzuelas (le 14 novembre). Le 4 décembre, c’est la soprano allemande Diana Damrau qui chantera aux côtés de son époux Nicolas Testé, dans un récital consacré à de grands airs tirés d’opéra de Bellini, Donizetti, Rossini et Verdi. Un peu plus tard, l’inusable Placido Domingo interprétera des arias et duos des plus célèbres opéras de Giuseppe Verdi, avec la soprano espagnole Saioa Hernandez et le ténor italien Fabio Sartori à ses côtés (le 6 mars). De son côté, Sonya Yoncheva se produira le 12 juin, aux côtés de son mari le chef helvético-vénézuélien Domingo Hindoyan, dans un programme réunissant des airs de Bellini, Verdi et Puccini.

Enfin, toujours très attendu à Baden-Baden, le Concert de la Saint-Sylvestre sera dirigé cette année par le trublion gréco-russe Teodor Currentzis, placé à la tête du SWR Symphonieorchester : ils donneront à entendre le Concerto pour violon de Tchaïkovski (avec Patricia Kopatchinskaja à l’archet), L’Oiseau de feu de Stravinsky et l’incontournable Boléro de Ravel.

Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel du Festspielhaus de Baden-Baden

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