Disparition de la soprano Felicity Lott : le charme et l’élégance

Xl_felicity-lott © Felicity Lott

Voici quelques jours, Felicity Lott annonçait être atteinte d’un cancer. Elle s’est éteinte dans la nuit du 15 au 16 mai, l'âge de 79 ans. La soprano britannique laisse un vaste répertoire, marqué par ses rôles mozartiens et straussiens, mais aussi par un goût pour les œuvres françaises ou l’opérette, qu'elle sublimait de son charme et de son élégance. 

Le 11 mai dernier, alors qu’elle venait de fêter ses 79 ans, Felicity Lott annonçait sur les antennes de la BBC être atteinte d’un cancer en phase terminale, diagnostiqué un an plus tôt. La soprano s’est atteinte dans la nuit du 15 au 16 mai. Avec elle disparaît l’une des grandes ambassadrices du répertoire mozartien et straussien, mais aussi une artiste singulière, qui reste dans les mémoires autant pour sa musicalité que sa simplicité, son humour ou son autodérision, sa distinction et son goût du théâtre.

Elevée dans une famille mélomane, Felicity Lott s’était d’abord formée au piano puis au violon avant de se tourner vers le chant. Pour autant son parcours ne la destinait pas d’emblée à la scène : titulaire d’une maîtrise de français et de latin obtenue au Royal Holloway en 1969, elle envisageait une carrière d’interprète. Un séjour déterminant en France comme assistante d’anglais la conduisit néanmoins à suivre des cours de chant à Grenoble, avant son entrée à la Royal Academy of Music, dont elle est sortie diplômée en 1973.

Très vite, Felicity Lott s’est imposée comme une grande interprète de Mozart et Richard Strauss : elle fait ses débuts à l'English National Opera de Londres dans le rôle de Pamina en 1975, puis vinrent la Maréchale du Chevalier à la Rose, la Comtesse Madeleine dans Capriccio, la Comtesse des Noces de Figaro, Fiordiligi (Così fan tutte) ou Donna Elvira (Don Giovanni) qui deviendront quelques-uns des grands rôles emblématiques de son répertoire. Sa voix, son timbre et sa présence scénique lui vaudront une reconnaissance durable et son répertoire s’étoffera au gré de sa carrière : elle se distinguait aussi dans le lied ou la mélodie française, à laquelle elle apportait une finesse et une intelligence d’interprétation unanimement saluées. Son goût pour la langue française la conduisit aussi à chanter une Blanche mémorable dans Dialogues des Carmélites ou La Voix humaine (à Lyon dans une mise en scène de Laurent Pelly) et son intégrale de Francis Poulenc demeure l’un de ses grands accomplissements discographiques.

Grande, élégante, incarnant cette forme de raffinement britannique, Felicity Lott n’en était pas moins aussi une grande interprète d’opérette et d’opéra-bouffe, auxquels elle apportait son sourire et sa malice. Elle a notamment chanté le rôle-titre de La Veuve joyeuse de Lehár (et en laisse un enregistrement chez EMI), mais aussi Rosalinde dans La Chauve-Souris de Johann Strauss (à Chicago), et puis aussi Offenbach avec les rôles titres de La Belle Hélène (au Châtelet à Paris) ou de La Grande Duchesse de Gerolstein (disponible au disque).

Fin décembre 2018, l’Opéra de Lyon accueillait Felicity Lott le temps d’un récital pour le réveillon. Au terme de plusieurs bis ovationnés par le public, elle concluait déjà son tour de chant en ses termes : « adieu les amis, adieu ». On le retrouvait néanmoins avec délice en 2024 à l’Opéra de Paris dans La fille du régiment en duchesse de Crakentorp : « chipie à souhait », ses quelques répliques « ramenaient aux oreilles bien des souvenirs ». Felicity Lott en laisse de nombreux aux amateurs d’art lyrique.

par

| Imprimer

En savoir plus

Commentaires

Loading