2020-2021, saison de la transfiguration pour Nancy

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Dans sa présentation de saison, le directeur de l’Opéra de Nancy, Matthieu Dussouillez, explique le thème choisi pour cette année, « transfigurer la nuit », en référence à l’œuvre de Schönberg : « transfigurer, c’est donner un autre éclat, un éclat nouveau à un spectacle, à un moment, à une situation ». Quant à la nuit, elle « est le berceau de nos rêves, mais aussi de nos cauchemars ». Voici donc la ligne directrice de la saison qui viendra proposer un voyage autour de cette thématique en six étapes lyriques, agrémenté de quelques haltes concertantes.

La rentrée se fera sous les auspices de Görge le rêveur de Zemlinsky, une fable initiatique créée 75 ans après sa commande et donnée pour la première fois à Nancy dans cette nouvelle production en coproduction avec Dijon, d’où vient Matthieu Dussouillez. La mise en scène sera confiée à Laurent Delvert, dont nous avons déjà vu le travail « certes (parfois) intéressant, mais également irritant et frustrant » pour Don Giovanni à St-Etienne en 2019. Peter Wedd tiendra le rôle de ce personnage qui décide de quitter son village afin de confronter ses rêves à la réalité avant de finalement revenir chez lui, changé. Helena Juntunen reviendra également à Nancy dans les rôles de Gertraud et de la Princesse, sous la direction musicale de Marta Gardolińska.

Pour la fin d’année, place à un spectacle qui ne cesse de ravir depuis sa création à Caen en 2017, où qu’il passe : Le Ballet royal de la nuit, dirigé par Sébastien Daucé – qui fera ses premiers pas à Nancy – et mis en scène par Francesca Lattuada, faisant précédemment halte au Théâtre des Champs-Elysées en octobre. Véritable féérie baroque, la production réunit de nombreux talents – dont Lucile Richardot – et s’ouvre à toute la famille. La bonne humeur et la féérie perdureront en début d’année avec une nouvelle production du Voyage dans la Lune d’Offenbach, mis en scène par Olivier Fredj et dirigé par Chloé Dufresne. Jérôme Boutillier sera le Roi Vlan, Marie Perbost, le Prince Caprice, Jeanne Crousaud, Fantasia, Jennifer Michel, Flamma, et Cécile Galois, la Reine Popotte.

En mars, place à une nouveauté avec NOX (« Nancy Opera Xperience ») qui est un laboratoire de création lyrique permettant de faire travailler dès le départ sur une œuvre compositeur, metteur en scène, chanteurs, et éventuellement public. Pour ce premier essai, intitulé Les Voix de Nancy – Nox #1, la réalisatrice sonore Chloé Kobuta est allée demander à divers nancéens s’ils étaient amoureux, recueillant ainsi des « récits drôles, tristes, tragiques, tendres, passionnés, banals ou extraordinaires de celles et ceux dont elle croisait le chemin », base de cette production qui parlera donc d’amour. Paul Brody, qui « a fait de la voix parlée son terrain de jeu », signera la composition tandis que David Marton s’associera à Kevin Barz pour la mise en scène. Quatre solistes se prêteront au  jeu (d)étonnant de cette création mondiale : Léa Trommenschlager, Guillaume Andrieux, Lionel Peintre et Pauline Sikirdji.

Nous retrouverons une œuvre ensuite plus connue en avril avec une nouvelle production du Tour d’écrou de Britten. Eva-Maria Höckmayr sera en charge de la mise en scène et a déjà indiqué sa volonté de situer l’œuvre dans un espace mental, floutant ainsi la frontière entre réalité et fiction. Sous la baguette experte de Bas Wiegers, le plateau réunira notamment Stuart Jackson, à la fois Peter Quint et Narrateur comme l’avait fait le créateur du rôle, et Gemma Summerfield.

C’est finalement par un grand classique du répertoire que se conclura la saison avec Rigoletto, à nouveau dans une nouvelle production, cette fois signée par Richard Brunel – à qui l’on doit par exemple Le Cercle de craie à Lyon en 2018 qui placera l’action dans un corps de ballet, et dirigée par Alexander Joel. Juan Jesús Rodríguez, dont le magistral Macbeth marseillais avait laissé un souvenir vivace, occupera le rôle-titre tandis que ceux de Gilda et du Duc de Mantoue incomberont à Rocío Pérez et à Alexey Tatarintsev. Ajoutons à cela divers concerts, dont un Stabat Mater de Pergolèse donné le 21 mars par Emöke Baráth et Carlo Vistoli sous la baguette d’Emmanuelle Haïm à la tête de son Concert d’Astrée.

La saison s’annonce donc rêveuse, remplie de nouvelles productions et ouverte sur un répertoire qui n’est pas forcément le plus classique, mêlant ainsi les registres pour faire découvrir toute la diversité de l’art lyrique, de sa création à nos jours.

Plus d'informations sont disponibles sur le site officiel de l'Opéra national de Lorraine.

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