2020-2021, l'année de la "french touch" à Bordeaux

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Hier soir, l’Opéra national de Bordeaux proposait une présentation en direct sur son compte Facebook de sa saison 2020-2021, en présence notamment du maire de la ville et de la présidente de l’Opéra, Laurence Dessertine. L'actualité est évidemment particulière et selon la présidente, c’est la première fois dans son histoire que le Grand Théâtre a cessé ses activités durant trois mois – soit l’annulation de plus de 80 représentations. Pour autant, la période n'a pas été synonyme d’inaction, puisque l'établissement s'est consacré à la fabrication de masques, a diffusé son catalogue en streaming, et s'est attaché à préparer l'avenir. Laurence Dessertine rappelle également que l’Opéra de Bordeaux a été l’un des premiers opéras français à rouvrir ses portes au public, dimanche dernier. À présent, il est donc temps de se tourner vers l’avenir et la saison prochaine, présentée par Marc Minkowski, directeur général de l’Opéra, entouré par Olivier Lombardie (Administrateur général), Paul Daniel (Directeur musical), Eric Quilleré (Directeur du Ballet), Salvatore Caputo (Directeur du Chœur) et Laurent Croizier (dramaturge, Directeur adjoint des Publics).

Marc Minkowski commence par rappeler certains des spectacles annulés ces derniers mois, dont une trilogie Da Ponte, particulièrement attendue. Il assure néanmoins que plusieurs de ces productions ont pu être reportées pour la saison prochaine ou la suivante, comme ce sera justement le cas pour cette trilogie qui devrait finalement voir le jour en 2022. La saison qui arrive n’est toutefois « pas une saison de misérabilisme » et préserve l'essentiel de ce qui était initialement prévu. Quant à la thématique de la saison, « elle sera d’exister, de jouer, de faire ce pourquoi nous sommes faits, c’est-à-dire communiquer avec un public », et même l’anniversaire de Beethoven ne sera pas oublié. La maison se veut donc optimiste et entend croire en l'avenir.

Une nouvelle production de La Traviata (en coproduction avec Toulouse où elle a d’abord été donnée en 2018) ouvrira la saison, avec les débuts en Violetta de Rachel Willis-Sørensen, un rôle qu’elle partagera avec Elbenita Kajtazi face aux Alfredo de Benjamin Bernheim et Kevin Amiel, aux Giorgio Germont de Lionel Lhote et Anthony Clark-Evans, ou encore la Flora d’Ambroisine Bré qui devrait être un luxe dans ce rôle. La mise en scène sera pour sa part signée Pierre Rambert, et la direction musicale par Paul Daniel. Novembre fera place à la reprise de Pelléas et Mélisande créée en 2018 à l’Auditorium avec une triple prise de rôle. Dans cette mise en scène signée Philippe Béziat et Florent Siaud, l’orchestre est au cœur du drame, et nous aurons le plaisir de retrouver à nouveau Chiara Skerath, Stanislas de Barbeyrac et Alexandre Duhamel, mais également l’Arkel de Jérôme Varnier, sous la baguette de Pierre Dumoussaud.

La nouvelle année débutera avec un spectacle « un peu holé holé », V’lan, dans l’œil de Hervé, une nouvelle production en coproduction avec le Palazzetto Bru Zane France, les Opéras de Montpellier, de Rouen Normandie, et de Limoges. La mise en scène est signée par Pierre-André Weitz, à qui l’on doit déjà la précédente production haute en couleurs de Mam’zelle Nitouche, et la direction sera toujours assurée par Christophe Grapperon. Nous retrouverons d’ailleurs certains autres interprètes déjà présents précédemment, comme Lara Neumann, Olivier Py ou Clémentine Bourgoin. Nous resterons ensuite dans le divertissement, avec un Falstaff imaginé par Laurent Pelly, autre nouvelle production en coproduction avec cette fois-ci le Teatro Real de Madrid, La Monnaie de Bruxelles (où elle sera donnée en décembre 2020), et la Tokyo Nikikai Opera Foundation. La distribution a de quoi faire rêver, avec Laurent Naouri dans le rôle-titre, Véronique Gens dans celui d’Alice Ford, Florie Valiquette en Nanneta, ou encore Kévin Amiel en Fenton.

Enfin, la Carmen signée par Jean-François Sivadier fera ses débuts à l’Opéra de Bordeaux, tandis que Marc Minkowski sera dans la fosse. Côté distribution, nous retrouverons Aude Extrémo, ainsi qu’Adèle Charvet dans le rôle-titre. Ce sera également l’occasion de la prise de rôle de Stanislas de Barbeyrac en Don José, rôle qu’il partagera avec Jérémie Schütz, et il retrouvera Chiara Skerath en Micaela, interprétée également par Amina Edris. Brett Polegato et Jean-Fernand Setti seront pour leurs parts Escamillo.

Viendront également ponctuer la saison de nombreux récitals, comme ceux de Natalie Dessay le 11 octobre, Karine Deshayes le 19 novembre, Anna Netrebko le lendemain, Anita Rachvelishvili le 9 janvier, ou encore Pretty Yende et Benjamin Bernheim le 12 mai.

Avec une telle saison, l’Opéra de Bordeaux propose une année loin de la morosité et de l’austérité que la pandémie pourrait faire redouter, mais il met aussi en avant les talents français, aussi bien que les compositeurs – même si les Italiens ne sont pas laissés pour compte – ou les metteurs en scène, les chefs et les interprètes. Le directeur de la maison rappelle en effet que la « french touch » fait toujours chic à l’étranger, mais que c’est aussi bien de l’avoir à domicile !

Plus d'informations sont disponibles sur le site officiel de l'Opéra national de Bordeaux.

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