Iolanta - Iolanta

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Piotr Ilitch Tchaïkovski
  • Librettiste :Modeste Tchaïkovski
  • Année de création :1892
  • Lieu de création :Russie, fédération de
  • Nombre d'acte :1
  • Catalogue :Op. 69
  • Langue originale :Russe
  • Maison d'opéra de la production originale :Mariinsky Theatre
  • Orchestration originale :Piccolo, 2 Flutes, 2 Oboes, Cor Anglais, 2 Clarinets (B-flat & A), 2 Bassoons 4 Horns (all in F), 2 Trumpets (B-flat, A), 3 Trombones, Tuba, Timpani, 2 Harps, Strings

Description de l'Œuvre

Description Acte unique

Le dernier des dix ouvrages lyriques composés par  Tchaïkovski fait partie d’une double commande de la direction des Théâtres impériaux pour la saison 1891-1892, consistant en un ballet, Casse-noisette et un opéra, Iolanta. Les deux œuvres furent composées simultanément et créées au cours de la même soirée. L’opéra rencontra alors plus de succès que le ballet, préférence démentie ensuite par l’immense notoriété de Casse-noisette  contrastant avec l’oubli qui allait éclipser Iolanta, ouvrage atypique en raison de plusieurs particularités qui en font justement toute la séduction. Première originalité, Iolanta  met en scène des personnages historiques dans une histoire traitée comme un conte de fées chargé de symbolisme et de significations qui relèvent de la psychanalyse. Pour l’empêcher de prendre conscience de sa cécité, le roi René a élevé sa fille Iolanta dans un palais dont l’entrée est interdite sous peine de mort. Pour recouvrer la vue, elle doit d’abord prendre conscience de son infirmité pour mieux affirmer sa volonté de guérison. Le compositeur s’identifie certainement à cette jeune fille qui doit « ouvrir les yeux » pour voir enfin la réalité, comme la Belle au bois dormant de son célèbre ballet ou la trop sentimentale Tatiana d’Eugène Onéguine. Autre particularité, Tchaïkovski choisit une fin heureuse pour cette œuvre inhabituellement courte et pour une fois écrite d’un seul tenant. Cette construction portée par un continuum de mélodies élégiaques fut d’emblée critiquée comme une simple « succession de romances », sans égard pour la  grande qualité du livret rédigé par le propre frère de Tchaïkovski. L’originalité de l’introduction confiée aux instruments à vents, avait quant à elle suscité la désapprobation de Rimski-Korsakov. Le personnage d’Ebn Hakia, l’énigmatique médecin maure, apporte une dimension exotique inhabituelle chez Tchaïkovski qui se tenait à l’écart de l’orientalisme très présent dans la musique de ses compatriotes. Enfin Iolanta, ouvrage intimiste centré autour de personnages absorbés par leur intériorité, ne réserve qu’une faible importance au chœur, ce qui reste exceptionnel dans l’opéra russe. Après la mort de Tchaïkovski en 1893, Gustav Mahler assura la création allemande de Iolanta à Hambourg. Il fallut attendre 1940, pour que le Bolchoï s’engage dans une nouvelle production en ayant pris soin d’effacer soigneusement toute référence religieuse. En 1974, Iolanta  triompha de nouveau grâce à la magnifique interprétation de Galina Vichnievskaïa.

Résumé

Iolanta, aveugle de naissance, a été élevée dans l’isolement selon la volonté du roi René, son père, qui a tout mis en œuvre pour lui cacher son infirmité. La jeune fille ne sait même pas que les autres voient le monde qui l’entoure. Un mystérieux médecin maure affirme qu’elle peut guérir à condition de prendre conscience de sa cécité et de vouloir en guérir, mais le père hésite à suivre ses recommandations jusqu’à ce que le comte Vaudémont, séduit par la beauté de Iolanta, lui révèle la lumière et l’amour qui lui permettront d’ouvrir enfin les yeux pour découvrir le monde.
 

Acte unique

Dans le verger du Palais, Iolanta, se laisse gagner par la tristesse et la lassitude. Elle pressent que Marthe, sa nourrice, lui cache quelque chose. La jeune aveugle s’interroge sur son inexplicable angoisse née d’un sentiment confus d’attente et de manque (Pourquoi n’ai-je connu jusque-là ni tristesse ni larmes ?). Ses compagnes la rassurent et l’endorment en chantant une berceuse.

On annonce que le roi René arrive, accompagné d’un grand médecin maure, Ebn Hakia, qui va examiner Iolanta. Resté seul, le roi se lamente (« Seigneur, si j’ai péché, pourquoi faut-il qu’un ange souffre ?).

Ebn Hakia annonce au roi que sa fille peut recouvrer la vue à condition qu’on lui révèle enfin  son infirmité pour qu’elle éprouve elle-même le désir de guérir. Comme le roi est hésitant, le médecin lui propose d’attendre jusqu’au soir pour prendre sa décision.

Le duc Robert de Bourgogne et son ami le chevalier Vaudémont arrivent dans le parc du Palais. Robert, fiancé depuis l’enfance à Iolanta, vient demander au roi de le délivrer de cet engagement car il aime passionnément une autre princesse, Mathilde. (Qui peut se comparer à Mathilde ?). Vaudémont rêve pour sa part d’un amour pur et idéal.  (Non les charmes d’une beauté ardente ne me disent rien…).

Tandis que Robert s’inquiète de  l’étrangeté des lieux et décide de partir, Vaudémont est ébloui dès qu’il aperçoit Iolanta. Il lui demande par deux fois une rose rouge et elle lui tend une rose blanche…Le jeune homme comprend qu’elle est aveugle et qu’elle ignore qu’on peut appréhender le monde autrement que par le toucher. Vaudémont dévoile à Iolanta l’existence de la lumière « première merveille de la création » et suscite en elle le désir de voir pour partager le sens de la vue avec lui.

Le roi et les compagnes de Iolanta arrivent et sont stupéfaits de la voir en compagnie d’un étranger. Quand René demande à sa fille si elle souhaite guérir après les révélations que lui a faites Vaudémont, la jeune fille hésite disant qu’elle n’a encore qu’une idée confuse de ce qu’est la vue. Le roi a recours à un subterfuge. Il menace sa fille de faire exécuter Vaudémont si le traitement proposé par Ebn Hakia devait échouer. Iolanta se déclare prête à tout endurer pour sauver Vaudémont et elle suit le médecin à l’intérieur du Palais.

Quand Ebn Hakia revient avec elle et ôte de ses yeux le bandeau qui les protégeait, Iolanta voit enfin le monde qui l’entoure (« Bon, immense, éternel, tu m’es apparu dans la lumière »). Après avoir consenti à rompre les fiançailles de sa fille avec Robert, le Roi confie Iolanta à Vaudrémont et tous chantent la gloire de l’Eternel.

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