Teresa Berganza

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Informations générales

  • Nom :Berganza
  • Prénom :Teresa
  • Date de naissance :16/03/1933
  • Nationalité :Espagne
  • Tessiture :Mezzo soprano

Biographie

Teresa Berganza dit volontiers qu’il y a deux compositeurs qui veillent sur elle comme des « anges gardiens » : Rossini « pour la technique, l’agilité » et Mozart « pour le style, l’âme ». Il est certain qu’ils ont joué tous les deux un rôle capital dans la brillante carrière de la mezzo-soprano espagnole. Teresa Berganza fait ses débuts sur scène avec Mozart, en 1957, au Festival d’Aix-en-Provence, en Dorabella de Cosi fan tutte. Puis, en 1958, elle se fait connaître du public milanais avec Rossini, dans le page Isolier du Comte Ory. Pendant une vingtaine d’années toutes les plus grandes scènes internationales vont l’accueillir pour chanter ses deux compositeurs fétiches qui constitueront le cœur de son répertoire jusqu’au jour où elle acceptera un rôle qu’elle pensait n’être pas fait pour elle, celui de Carmen. Guidée par son intuition, la chanteuse espagnole donne une interprétation tout à fait originale de la fameuse héroïne de Bizet. La bohémienne, libre jusqu’à l’insolence, est plus qu’un Don Juan en jupons. Figure de la transgression, venue de nulle part et emportée vers la mort par l’impétuosité de ses désirs, elle s’impose avec noblesse, comme le souligne Teresa Berganza : « Carmen ne se jette pas sur tous les hommes comme une femelle en chaleur, elle est une reine qui décide qui, quand et où ». La chanteuse nous entraîne de l’apparente légèreté d’un opéra-comique jusqu’au tragique, retrouvant ainsi, par l’intensité et la profondeur de son interprétation, la violence passionnelle de Carmen à mille lieux des clichés qui en font un personnage pittoresque.


Lola Rodriguez Aragon ; © DR

Teresa Stich-Randall ; © DR

Teresa Berganza voit le jour dans un quartier populaire de Madrid le 16 mars 1933 (et non pas 1935 comme on l’a souvent écrit de façon erronée). Son enfance se déroule en pleine guerre civile et son père sera emprisonné pour ses opinions politiques. Toutefois l’enfant connaît une enfance relativement heureuse et elle manifeste très tôt de véritables dons pour la musique. Son père l’initie au solfège et au piano puis, vers l’âge de huit ans, elle aborde le chant : « Dès ma première leçon, le chant m’a ‘empoisonnée’ et j’ai oublié tout le reste. »  Cette passion fixe ne l’empêche pas d’étudier le piano, l’orgue, l’harmonie et la composition au Conservatoire de Madrid. La jeune fille a pour professeur de chant une élève d’Elisabeth Schumann, Lola Rodriguez Aragon (1910-1984), dont l’influence jouera un rôle déterminant dans la future carrière de la cantatrice puisqu’elle lui fait travailler assidûment Rossini et Mozart. Lola Rodriguez Aragon enseigne à son élève non seulement la technique et le style mais aussi l’art d’égaliser sa voix sur toute son étendue en travaillant l’homogénéité et le naturel de l’émission.

Teresa Berganza fait ses débuts en février 1957 à Madrid, avec un récital dont le programme comporte le cycle de Schumann intitulé L’Amour et la Vie d’une femme. Elle remporte d’emblée un succès éclatant qui en annonce beaucoup d’autres. Bientôt, la jeune mezzo-soprano rejoint l’Italie où elle obtient plusieurs engagements, notamment à la RAI qui lui propose de participer au tournage de L'Italienne à Alger de Rossini : elle y campe une irrésistible Isabella. En juillet 1957, elle fait d’éclatants débuts au Festival d’Aix-en-Provence, en Dorabella du Cosi fan tutte de Mozart. Durant une vingtaine d’années, en plein âge d’or du Festival, Teresa Berganza sera une des artistes incontournables du Théâtre de l’Archevêché aux côtés de la soprano Teresa Stich-Randall, du ténor Luigi Alva et des barytons Rolando Panerai et Gabriel Bacquier. Gabriel Dussurget, fondateur et directeur du Festival, avait repéré la jeune Espagnole de 24 ans : « Mais c’est la voix de la Malibran ! » se serait-il écrié en lui demandant : « Vous pouvez chanter Cherubino, Oui ! Et Cenerentola ? Oui ! Vous allez être « notre artiste » à Aix ! ».


Teresa Berganza en Cherubino ; © Decca

L’année suivante, c’est à Glyndebourne, un autre festival mozartien, que la chanteuse interprète son premier Cherubino des Noces de Figaro. Ce célèbre rôle de page papillonnant d’un cœur à l’autre est un de ceux qui vont constituer pendant une vingtaine d’années le cœur du répertoire de Teresa Berganza en lui ouvrant les portes de tous les grands opéras et festivals internationaux où elle se produira sous la direction des chefs les plus prestigieux, Herbert von Karajan, Karl Böhm, Georg Solti, Claudio Abbado… A Cherubino s’ajoute Angelina, l’héroïne de La Cenerentola de Rossini, que Teresa Berganza inaugure à Naples en 1958. Puis au Covent Garden de Londres, en 1960, elle est une inimitable Rosine du Barbier de Séville, pleine de finesse et d’ironie. La Dorabella de Cosi fan tutte et l’Isabella de L'talienne à Alger viennent compléter ce répertoire de prédilection à travers lequel se manifestent un style impeccable, le charme irrésistible d’un timbre chaleureux et transparent et un sens inné du legato couplé à une aisance parfaite dans l’aigu. 

Mais si Teresa Berganza est décidément l’interprète idéale de Mozart et Rossini, comme en témoigne l’enregistrement d’une série d’intégrales chez EMI, Decca et Deutsche Grammophon, elle n’en connaîtra pas moins un véritable tournant dans sa carrière en 1977. A quarante-quatre ans, elle accepte de chanter pour la première fois Carmen au Festival d’Edimbourg sous la direction de Claudio Abbado. A partir de ce moment, Carmen viendra prendre pour elle le relais de Cherubino et Rosine – et le public identifiera rapidement la chanteuse à la célèbre bohémienne, même si elle continue à aborder d’autres rôles comme Ruggiero dans Alcina de Haendel ou encore Charlotte dans Werther de Massenet.


Affiche du Don Giovanni de Joseph Losey ; © DR

1979 marque un cap important pour Teresa Berganza puisque c’est l’année de la sortie du fameux Don Giovanni réalisé par Joseph Losey. Le grand public découvre au cinéma une piquante Zerlina face au Don Giovanni de Ruggero Raimondi, car la chanteuse est aussi une formidable comédienne. Parallèlement à sa carrière lyrique, Teresa Berganza donne de nombreux récitals qui lui permettent de mieux faire connaître les mélodies des grands compositeurs espagnols que ce soit Manuel de Falla, Enrique Granados ou encore Joaquin Turina. La chanteuse est aussi une parfaite ambassadrice de la zarzuela, sorte d’équivalent de l’opérette française.

En 1992, Teresa Berganza fait ses adieux à la scène lyrique au Teatro de la Maestranza, à Séville, avec Carmen. Même si elle ne donne plus de récitals, elle reste impliquée dans la vie musicale à travers des master classes, des jurys de concours, des émissions de radio ou des colloques mais, de son aveu même, elle aspire surtout à se consacrer à sa famille. Elle demeure pour tous les amoureux de l’opéra, une référence absolue dans l’interprétation de ses rôles fétiches qu’elle a nourris de l’exigence qui l’a toujours guidée : « Je voudrais m’arrêter de chanter avant de me rendre compte qu’une seule note n’a plus la qualité que je savais lui donner ».      

Catherine Duault

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