Renato Bruson

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Informations générales

  • Nom :Bruson
  • Prénom :Renato
  • Date de naissance :13/01/1936
  • Nationalité :Italie
  • Tessiture :Baryton

Biographie

Renato Bruson est un baryton qui s’est illustré dans les grands ouvrages de Verdi qu’il a servi avec une rare exigence et une probité qui en a fait un des artistes fétiches de Riccardo Muti, un chef pour lequel le respect de la partition est fondamental. Tout en étant considéré comme le meilleur Posa et Boccanegra de sa génération, Renato Bruson a aussi été un des acteurs importants de ce que les Anglo-Saxons ont appelé la « Donizetti Renaissance » : que ce soit aux côtés de Leyla Gencer, ou de Montserrat Caballé, le chanteur a ressuscité la grande tradition belcantiste de la première moitié du XIXème siècle, celle qu’avaient su faire revivre avant lui, Mattia Battistini (1856-1928) ou Giuseppe De Luca (1876-1950). Avec une émission vocale impeccable et une souplesse idéalement faite pour l’art du phrasé classique, Bruson faisait merveille dans les emplois de baryton noble. Il savait exprimer avec subtilité toute la densité et l’humanité d’un père déchiré, Rigoletto, ou la poignante générosité d’un ami prêt à se sacrifier, Posa. Malheureusement, le public a trop longtemps ignoré cet artiste adepte de la demi-teinte, plus préoccupé par la justesse de l’interprétation que par la recherche d’effets et Renato Bruson a mis plusieurs années à atteindre la gloire à laquelle il pouvait prétendre plus qu’aucun autre.   


Renato Bruson et Mariella Devia dans Lucia di Lammermoor ; © DR

Renato Bruson dans Ernani ; © DR

Renato Bruson est né le 13 janvier 1936 à Granze, près de Padoue. Contrairement à beaucoup de ses collègues, il a choisi l’opéra tardivement, à la suite d’une représentation de La Gioconda de Ponchielli aux Arènes de Vérone, en 1952. On comprend son enthousiasme quand on sait que ce soir-là, Maria Callas était la Gioconda ! Renato Bruson a commencé par étudier la chimie avant de rejoindre le Conservatoire de Padoue où il a eu comme professeur Elena Fava Ceriati. Le jeune homme fait ses débuts à vingt-cinq ans, à Spolète, en Comte de Luna dans Le Trouvère de Verdi. Sa voix au timbre caressant et la subtilité de son sens du phrasé sont immédiatement reconnues, mais les propositions qui lui sont faites ne sont pas à la hauteur de son talent naissant. Il faut attendre 1967 pour que le baryton puisse enfin saisir sa chance, quand le Teatro Regio de Parme lui propose de chanter Carlo di Vargas dans La Force du destin de Verdi, aux côtés de Franco Corelli ! Dans la salle se trouve Roberto Bauer, chargé par le Metropolitan Opera de New-York de trouver des voix nouvelles. L’agent repère d’emblée Renato Bruson qui fait ses débuts au MET le 1er février 1969, en Enrico dans Lucia di Lammermoor de Donizetti. Cette fois, la carrière du baryton italien est lancée. En 1972, la Scala de Milan l’accueille pour chanter Antonio dans un autre ouvrage de Donizetti, Linda di Chamounix. En 1975, le chanteur est sur la scène du Covent Garden de Londres pour Renato, dans Un Bal masqué de Verdi. Désormais, Bruson est acclamé dans le monde entier et il enregistre plusieurs intégrales avec les chefs les plus prestigieux, de Claudio Abbado à Riccardo Muti, Georg Solti ou Lorin Maazel. En 1982, il a l’honneur d’être choisi par Carlo Maria Giulini qui, après quatorze années d’absence, retrouve l’opéra, avec un Falstaff donné à Los Angeles. La production sera reprise à Florence, puis à Londres avant d’être enregistrée par Deutsche Grammophon.


Placido Domingo et Renato Bruson dans Otello ; © DR

Les années 1980 marquent l’apogée de la carrière du baryton. Parmi les vingt et un rôles de Verdi qu’il a inscrits à son répertoire se détachent Falstaff, Simon Boccanegra et Iago, trois personnages qui lui sont particulièrement chers. Lors de la commémoration du centième anniversaire de la création d’Otello à la Scala de Milan, en 1987, Renato Bruson chantera Iago face à Placido Domingo en Otello et Mirella Freni en Desdémone. En avril 2012, alors qu’il a déjà soixante-dix-huit ans, le baryton incarne encore Germont dans une Traviata donnée en ouverture de la saison du Teatro Verdi de Salerne. Verdi est donc bien une sorte de fil conducteur dans le parcours du chanteur, mais il ne faudrait pas oublier la place essentielle que tient aussi Donizetti dans cette carrière exceptionnelle qui révèle à quel point le chant verdien s’est nourri de l’héritage de Donizetti.   


Renato Bruson ; © DR

Renato Bruson a chanté plus d’une quinzaine d’opéras de Donizetti, participant à la résurrection de plusieurs ouvrages injustement négligés comme Les Martyrs (1840), inspiré du Polyeucte de Corneille. Cette œuvre très rare a été enregistrée en 1978, sous la direction de Gianluigi Gelmetti, avec Renato Bruson en Sévère et Leyla Gencer en Pauline. On y décèle d’emblée les qualités qui ont permis au baryton de s’imposer comme un des meilleurs de son époque : la longueur du souffle, la grande lisibilité de la phrase, et cette expressivité pleine d’humanité qui donne aux personnages toute leur profondeur tragique. En 2014, le public eut l’occasion de découvrir une facette inattendue du grand baryton italien qui se révéla être un fervent collectionneur de peintures italiennes du XIXème et du XXème siècles. A quelques jours de l’ouverture du Festival Verdi de Parme, afin de transmettre « un message d’art » pour « les jeunes d’aujourd’hui, de demain, de toujours », Renato Bruson fit don de soixante-dix toiles à la Fondazione Cariparma. Un exemple encore de cette générosité humaine que sa voix n’a cessé d’exprimer.

 

Catherine Duault

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