Jonathan Tetelman et Ludovic Tézier : deux chanteurs d'exception au festival de Ljubljana

Xl_tezier-tetelmann-boemi-slowenische_philharmonie-_c_darjastravstisu-laibach-8-23 © Darjastravstisu Laibach

La soirée a débuté et s’est achevée avec deux célèbres « duo d’amitié » emblématique. D’abord en ouverture, l’aria « Au fond du temple saint » extrait des Pêcheurs de Perles de Bizet : les paroles sont nobles et belles, façonnées par le compositeur en une mélodie merveilleusement sensible et touchante, répétée en leitmotiv, et qui s’impose aujourd’hui comme un véritable tube de l’opéra. Et ensuite pour conclure cette soirée réussie à la Philharmonie slovène, le célèbre duo du Don Carlo de Verdi.

Les deux airs resteront dans les mémoires des auditeurs, car le festival de Ljubljana a réuni ce soir deux voix remarquables : l’un, Jonathan Tetelman, est une étoile montante de l'opéra. Son ténor révèle un timbre merveilleusement clair et lyrique, empreint d’une grande douceur et projetant des aigus sûrs et rayonnants. L'autre, Ludovic Tézier, est considéré depuis longtemps comme l'un des plus grands barytons des scènes lyriques. Sa voix douce et puissante est riche d’infinies nuances et porte une élégance d’une grande noblesse.

Entre les deux airs, la soirée enchainait nombre de véritables gourmandises pour l’auditoire. Jonathan Tetelman s’est notamment distingué avec l'aria de Werther, « Pourquoi me réveiller » de Jules Massenet ou avec « O figli, o figli miei ! » l'aria de Macduff qu'il venait de chanter dans le Macbeth de Verdi au Festival de Salzbourg. Ludovic Tézier n’est pas en reste, envoutant le public avec l’air du torero Escamillo de Carmen de Bizet ou encore dans le rôle de Gérard d’Andréa Chénier de Giordano avec « Nemica della patria ».

Pour ne rien gâter, les deux chanteurs d'exception étaient accompagnés avec sensibilité par l'Orchestre philharmonique de Slovénie placé sous la direction de Marco Boemi. Là aussi, le public est séduit, notamment par l'ouverture de La Force du Destin de Verdi, par l'intermezzo de Thais de Massenet, porté par un magnifique solo du premier violon, ou encore par la « Danse des heures » de La Gioconda de Ponchielli.

La salle comble réserve une ovation debout à l’ensemble des interprètes, et leur réclame deux rappels !

traduction libre de la chronique en allemand de Helmut Christian Mayer
Ljubljana (29 août 2023)

Jonathan Tetelman et Ludovic Tézier au festival de Ljubljana, 29 août 2023

| Imprimer

En savoir plus

Commentaires

Loading