Une saison 2023-2024 riche et attrayante à l'Opéra national du Rhin

Xl_op_ra_04-2020_jpeg_xl_-_028__nis_for © Nis&For

Pour la saison 2023-2024, l’Opéra national du Rhin parvient à annoncer une programmation alléchante et riche de découvertes, placée sous le signe du voyage et qui invite à « rêver d'un autre monde ». Un véritable tour de force qui multiplie les nouvelles productions, les grands noms et les talents émergents, entre grand répertoire et œuvres moins connues.

C’est même par une création mondiale que débutera la saison, avec Don Giovanni aux enfers de Simon Steen-Andersen, également à la mise en scène. Il « s’empare d’un thème majeur qui hante l’histoire de l’opéra depuis ses origines : la descente aux enfers. Jouant malicieusement avec l’art du collage, de la déconstruction et de la transposition, il fond dans une nouvelle création personnages, situations et musiques empruntés à un large corpus d’œuvres du répertoire lyrique ». Sous la baguette de Bassem Akiki, le plateau réunira Christophe Gay, Sandrine Buendia, Damien Pass ou encore François Rougier pour ce spectacle où « esthétiques, époques et langues s’entremêlent au fil d’une plongée spectaculaire dans les entrailles de la plus infernale des machines : le théâtre ». En décembre et janvier, une autre création mondiale (scénique cette fois-ci) sera proposée : Le Journal d’Hélène Berr, de Bernard Foccroulle, dont la création musicale a eu lieu au Trident à Cherbourg le 3 mai 2023. Adèle Charvet sera accompagnée par le Quatuor Béla et la pianiste Jeanne Bleuse pour ce monodrame retraçant la vie d'une étudiante juive.

Autre nouvelle production annoncée sur le site, la Lakmé imaginée par Laurent Pelly et créée à l’Opéra Comique en septembre 2022où nous l’avions alors vue pour notre plus grand plaisir – arrive sur les planches de Strasbourg et de Mulhouse. Sabine Devieilhe y reprendra le rôle-titre qu’elle maîtrise à la perfection face au Gérald de Julien Behr, à la Mallika d’Ambroisine Bré, au Frédéric de Guillaume Andrieux ou au Nilakantha de Nicolas Courjal. Une production qui aura tout pour plaire, sous la direction de Guillaume Tourniaire.

Emmanuelle Haïm dirigera pour sa part la création française du méconnu Polifemo de Porpora, mis en scène par Bruno Ravella, avec notamment José Coca Loza dans le rôle-titre, Franco Fagioli en Aci, Madison Nonoa en Galatea, ou bien Delphine Galou en Calipso. Durant la même période, entre février et mars, l’opéra proposera également en coréalisation avec la Comédie de Colmar – CDN Grand Est Alsace une comédie musicale librement inspirée des Romanesques d’Edmond Rostand, Les Fantasticks, de Harvey Schmidt. Si le titre ne vous dit rien, certainement n’en est-il pas de même de la chanson « Try to Remember », l’un des titre à succès de cette comédie musicale qui « détient le record absolu de longévité, avec près de quarante-deux années passées à l’affiche du même théâtre new-yorkais ». Elle sera interprétée ici dans une version française et en tournée régionale.

Retour ensuite sur des rives plus « lyriques » avec Lohengrin, dans une nouvelle production mise en scène par Florent Siaud, avec ni plus ni moins que Michael Spyres qui fera ses débuts dans le rôle-titre. Johanni van Oostrum, Anaïk Morel et Josef Wagner l’accompagneront dans les rôles d’Elsa von Brabant, Ortrud et Friedrich von Telramund.

En avril et mai, c’est un « chef-d’œuvre oublié » qui sera proposé au public : Guercœur, d’Albéric Magnard. Cet « opéra fascinant, dont la partition prodigieuse contient des fulgurances post wagnériennes transfigurées par les couleurs de la musique française », revivra ainsi pour la première fois sur une scène lyrique française depuis sa création en 1931, dans une mise en scène de Christof Loy. Cette œuvre raconte l’histoire de « Guercœur, mort dans la fleur de l’âge après avoir trouvé l’amour auprès de Giselle et libéré son peuple d’un tyran aux côtés de son ami Heurtal. Incapable de trouver le repos, Guercœur implore qu’on lui rende son enveloppe charnelle. Vérité le met en garde : deux années se sont déjà écoulées sur cette terre où rien ne dure. Sa chute hors du Paradis pourrait être brutale… » Stéphane Degout prêtera sa voix au héros face à la Vérité de Catherine Hunold (qui avait déjà participé à la redécouverte de Bérénice, autre opéra méconnu d'Albéric Magnard), la Gisèle d’Antoinette Dennefeld, le Heurtal de Julien Henric, la Beauté de Catherine Trottmann, la Bonté d’Eugénie Joneau ou encore la Souffrance d’Adriana Bignagni Lesca.

Enfin, c’est encore par une nouvelle production que se clôturera la saison, mais cette fois-ci d’une œuvre bien plus connue puisqu’il s’agira de Norma. Andrea Sanguineti sera à la direction musicale, tandis que Marie-Eve Signeyrole signera la mise en scène. Karine Deshayes y interprètera le rôle-titre après sa prise de rôle à Aix-en-Provence, aux côtes de Benedetta Torre (Adalgisa), Alexey Tatarintsev (Pollione), Önay Köse (Oroveso), Camille Bauer (Clotilde) et Jean Miannay (Flavio).

A ce florilège de productions et de noms déjà fort attrayants s’ajoutera une série de récitals, qui laisseront entendre Huw Montague Rendall, Gerald Finley, Anne Sofie von Otter, Julie Fuchs et Cyrille Dubois.

Une saison 2023-2024 riche de belles surprises donc, et une programmation qui redonne le sourire, que l'on a hâte de découvrir.

Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel de l’Opéra.

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