Salzbourg 2016 : l'heure du bilan

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Le Festival de Salzbourg est évidemment l’un des rendez-vous incontournables de l’été lyrique et si l’on en croit le bilan chiffré publié par les organisateurs, cette année encore, les amateurs d’art lyrique ont répondu présents.
Cette édition 2016 du festival a ainsi attiré 259 018 visiteurs (contre 263 501, l’année dernière) venus de 81 pays assister à quelque 192 représentations en 41 jours – mais pour un total de recettes de billetterie s’élevant cette année à 28,7 millions d’euros (incluant plus de 3000 places vendues à tarifs réduits à destination du jeune public), là où l’édition 2015 n’avait rapporté que 28,6 millions.

Les lyricomanes retiendront peut-être plus volontiers l’engouement des spectateurs pour les productions d’opéras du festival – qui débutaient cette année le 28 juillet, une semaine plus tard qu’à l’accoutumé, affichant trois nouvelles productions, quatre reprises (dont une du festival de pentecôte, West Side Story, et une mise en scène remise au goût du jour, le Cosi fan tutte de Sven-Eric Bechtolf) et trois opéras en version concert, pour un total de 46 représentations lyriques et qui revendiquent 12 000 entrées de mieux qu’en 2015, un record égalé seulement en 2006 lors de l'année Mozart.
Premier fait notable, l’engouement suscité par L’Ange exterminateur : la création du compositeur Thomas Adès, qui dirigeait son opéra à Salzbourg, revendique un taux de remplissage de 91 %. Un chiffre particulièrement élevé pour un opéra contemporain, et qui démontre l’appétit croissant du public pour les œuvres modernes – et l’œuvre ayant été coproduite avec plusieurs grandes maisons d’opéra, L'Ange exterminateur débute une tournée et sera donné cette saison à la Royal Opera House de Londres, puis la saison prochaine à New York. Même enthousiasme sortant des sentiers battus pour West Side Story, créé au festival de pentecôte avec Cecilia Bartoli, puisque toutes les places étaient déjà épuisées bien avant le début de l’été pour sa reprise estivale.

Le festival souligne par ailleurs l’importance des distributions de ses productions : 10 659 spectateurs se sont déplacés pour la nouvelle production de L’Amour de Danaé mise en scène Alvis Hermanis, dirigée par Franz Welser-Möst, avec Krassimira Stoyanova, Tomasz Konieczny et Gerhard Siegel, soit 50% de mieux que la précédente production de l’œuvre de Richard Strauss présentée en 2002. Et si le festival n’annonce aucun chiffre de fréquentation pour sa production de Faust (qui suscitait des avis partagés), les organisateurs soulignent néanmoins cette première (l’opéra de Gounod n’avait encore jamais été donné à Salzbourg) et sa distribution : Piotr Beczala, Ildar Abdrazakov et Maria Agresta.
La fin du cycle Mozart / Da Ponte mis en scène par Sven Eric Bechtolf constituait un autre point majeur de cette édition 2016 (fort d'un taux de remplissage de 94 %, pour 25 700 spectateurs attirés par Mozart). Présentés successivement en 2013, 2014 et 2015, Cosi fan tutte, Don Giovanni et Les Noces de Figaro étaient tous les trois à l'affiche cet été, marquant également la fin de mandat de Sven Eric Bechtolf comme intendant général intérimaire du festival (suite au départ tumultueux d’Alexander Perreira), avant de laisser sa place au pianiste autrichien Markus Hinterhäuser, actuel directeur des Wiener Festwochen, le festival culturel organisé chaque année de mai à juin dans la capitale viennoise.

Comme pour souligner l’importance des créations, des nouveautés et du renouvellement, le festival s’enorgueillit des résultats de la soirée de gala organisée le 7 août en l’honneur d’Anna Netrebko, ayant permis de réunir 107 618 euros destinés aux programmes éducatifs destinés aux jeunes du Festival de Salzbourg.

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