Rencontre avec David Agler, directeur du Festival de Wexford

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A l'occasion de notre couverture du Festival de Wexford - où nous avons assisté aux représentations de Salomé de Mariotte et de Don Bucefalo de Cagnoni -, nous avons pu rencontré David Agler, directeur de la manifestation irlandaise, qui est revenu pour Opera-Online sur son parcours et ses projets.

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Opera-Online : Mr David Agler, en tant que directeur artistique du Festival de Wexford, vous avez pris la suite de Mr Luigi Ferrarri en 2005. Dans quel état d'esprit étiez-vous alors ?

David Agler : Je savais que je m'embarquais dans une nouvelle direction car 2005 était également la dernière saison dans les murs du Théâtre Royal, puisque nous construisions alors le nouvel Opéra de Wexford, qui porte désormais le titre d'Opéra National d'Irlande. En revanche, je ne m'attendais pas au décès brutal du Directeur général Jerome Hynes, le premier jour des répétitions. Soudainement, l'énorme tâche que je devais assumer en partenariat avec lui est devenue une mission en solo. Ayant déjà dirigé à Wexford en 1996, puis en 2000, j'avais une idée des attentes du public du Festival, et que celui-ci réagirait bien si je lui proposais des ouvrages nord-américains (ndlr : cette année Silent Night de Kevin Puts). Jusqu'à présent, il répond bel et bien présent.

Vous a t-on donné tous les moyens pour faire réussir votre projet ?

J'ai réussi à mettre en place trois choses : avoir un orchestre dédié au Festival, projet qui s'est concrétisé en 2006, avoir un choeur dédié (depuis 2010), et construire un nouvel opéra. Pendant cette période, l'économie s'est éffondrée, mais nous avons néanmoins atteint ces objectifs.

Sur la vingtaine d'opéras qu'Antonio Cagnoni a composé, pourquoi avoir choisi Don Bucefalo alors que son auteur n'avait que 19 ans et était encore étudiant ?

L'ouvrage a été rarement joué et rappelle la musique de Donizetti et de Rossini, deux compositeurs qui sont très populaires ici, alors j'ai pensé que c'était un choix judicieux...

Pourquoi tenez vous tant à programmer des opéras français rarement représentés même en France : Une éducation manquée de Chabrier en 2009, La Cour de Célimène de Thomas en 2011, Le Roi malgré lui de Chabrier en 2012, La Navarraise et Thérèse de Massenet en 2013, Salomé de Mariotte cette année ?

Je ne cherche pas spécialement à programmer des opéras français, même s'il est vrai que nos principaux mécènes aiment le répertoire français - ainsi que la langue française. Disons que nous cherchons surtout à proposer des saisons « équilibrées », avec des idiomes et des genres musicaux différents.

Vos responsabiltés au sein du Festival ne contrarient-elles pas votre activité de chef d'orchestre ?

Ma priorité reste bien sûr la direction du Festival de Wexford, mais je continue cependant à diriger, comme récemment Turandot à Salt Lake City ou La Petite renarde rusée à Vancouver.

Quels seraient vos arguments pour faire traverser la Manche aux mélomanes français afin de découvrir le Festival de Wexford ?

Comme nous présentons des opéras rarement - voire jamais – joués, c'est une opportunité qui leur est offerte de (re)découvrir une partie de leur propre patrimoine musical, mais aussi des ouvrages qu'ils n'auront que peu de chance d'entendre en France.

Pouvez-vous nous dévoiler un peu la prochaine édition ?

Nous sommes notamment impatients de monter Le Pré aux clercs de Louis-Ferdinand Hérold, dans une coproduction avec l'Opéra Comique de Paris. Nous espérons d'ailleurs collaborer à l'avenir avec l'Opéra de Paris, ainsi que diverses autres structures lyriques françaises.

Propos recueillis à Wexford par Emmanuel Andrieu, le 25 octobre 2014

Wexford Opera Festival : Du 22 octobre au 2 novembre 2014

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