Les « Voix célestes » à l'honneur du Festival de Pentecôte de Salzbourg 2019

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Le week-end dernier et comme tous les ans à la même époque, Salzbourg était le théâtre de Festival de Pentecôte et réunissait la fine fleur de l’art lyrique autour de Cecilia Bartoli, directrice artistique de l’événement depuis 2012 – et qui proposait cette année une nouvelle production de l’Italienne à Alger mise en scène par Moshe Leiser et Patrice Caurier (qui sera reprise durant le festival d'été de Salzbourg) ; une Périchole, d’Offenbach, emmenée par une jeune et enthousiasmante distribution française autour de Marc Minkowski ; ou encore un concert de gala dans lequel Cecilia Bartoli accueillait notamment Daniel Barenboïm ou Jonas Kaufmann.
Mais en marge des productions lyriques du festival, la directrice Cecilia Bartoli s’est également attachée à présenter le programme de l’édition 2019 du Festival de Pentecôte de Salzbourg. Et l’année prochaine le festival aura pour thème « Voci celesti » (les Voix célestes des castrats).

Du 7 au 10 juin 2019, le Festival de Pentecôte de Salzbourg 2019, entend donc rendre hommage aux « Voix célestes » des castrats – un thème éminemment d’actualité selon Cecilia Bartoli, à l’heure du mot-dièse #metoo et où « l’intégrité physique et sexuelle des artistes est au cœur des préoccupations ». Dans le cadre de la présentation du programme, la cantatrice s’en expliquait : « au nom de l’art, des milliers de jeunes garçons ont été mutilés – une tradition terrible qui a perduré pendant des siècles, et rarement remise en question. Au regard de ce contexte, je me suis demandée si la beauté artistique de cette période devait être célébrée en programmant ces œuvres musicales. À mon sens, la réponse est évidemment "oui". Pour autant, leur art doit aussi être remis en perspective et le contexte difficile entourant les castrats discuté ».

Telle sera la ligne directrice du festival en 2019 et Cecilia Bartoli y programme deux œuvres laissant la part belle aux contre-ténors : Alcina, d’abord, de Georg Friedrich Haendel (compositeur déjà mis à l’honneur en 2012 par la cantatrice avec Giulio Cesare in Egitto), dans une nouvelle production confiée à l’enthousiasmant metteur en scène italien Damiano Michieletto. La distribution vocale est à l’avenant : Cecilia Bartoli interprètera le rôle-titre aux côtés de Philippe Jaroussky dans le rôle de Ruggiero (initialement composé pour le castrat Giovanni Carestini en 1735), mais aussi  de Sandrine Piau (Morgana), Kristina Hammarström (Bradamante), Christoph Strehl (Oronte) et Alastair Miles (Melisso). Et dans la fosse, le chef Gianluca Capuano dirige Les Musiciens du Prince – Monaco, cet ensemble jouant sur instruments d'époque et dont Cecilia Bartoli est la marraine.

Le festival sera en outre l’occasion de (re)découvrir Polifemo, œuvre rare inspirée du mythe de Polyphème (le cyclope berné par Ulysse dans l'Odyssée) et signée par le compositeur Nicola Porpora dont l’histoire se souvient aussi pour avoir été le professeur du castrat Farinelli. L'année prochaine, ce dramma per musica sera donné en version semi-scénique, dans une scénographie réalisée par Max Emmanuel Cencic qui interprètera également le rôle principal d’Ulysse, aux côtés notamment de Yuriy Mynenko chantant le rôle d’Aci (créé par Farinelli en 1735), de Pavel Kudinov (dans le rôle-titre), Julia Lezhneva pour interpréter Galatea ou Dilyara Idrisova en Nerea. La direction musicale est par ailleurs confiée à George Petrou, habitué à travailler avec Max Emmanuel Cencic et ici à la tête de l’Armonia Atenea et du Salzburg Bach Choir.
S’y ajoute un concert de gala Farinell & Friends, en principe présenté par Rolando Villazón et réunissant Cecilia Bartoli mais aussi Julie Fuchs, Patricia Petibon, Sandrine Piau, Nuria Rial, les mezzo-sopranos Lea Desandre, Vivica Genaux et Ann Hallenberg et la contralto Marie-Nicole Lemieux aux côtés des contre-ténors Christophe Dumaux et Philippe Jaroussky.

Parallèlement aux productions lyriques, pour mettre en perspective l’histoire des castrats, le festival sera également l’occasion d’assister à la projection du film Farinelli (1994) de Gérard Corbiau retraçant la vie du castrat Carlo Broschi, ainsi qu’une conférence évoquant les castrats sous un angle à la fois historique, médical et vocal. De quoi mettre en perspective les pratiques d'alors, quand bien même on en apprécie encore la musique aujourd'hui. 

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