Le festival de Salzbourg dévoile son édition 2021

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En cette période incertaine, le Festival de Salzbourg décide, avec l’annonce de son programme de 2021 et selon ses propres termes, d’envoyer « un signal fort », en prévoyant notamment de présenter des spectacles importants qui n’ont pas pu être donnés en 2020, prolongeant ainsi les célébrations de son centenaire. En espérant « que nous pourrons vivre les événements de l’été prochain à l’abri de l’ombre de la pandémie et inaugurer le prochain siècle du Festival avec une confiance rétablie ».

Le Festival de Pentecôte, d’abord, proposera trois œuvres du 21 au 24 mai.  La première est l’oratorio d’Haendel, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno, qui sera ici imaginé par Robert Carsen et réunira Mélissa Petit, Cecilia Bartoli, Lawrence Zazzo ainsi que Charles Workman sous la baguette de Gianluca Capuano. On retrouvera la plupart de ces artistes pour La Clemenza di Tito, puisque Charles Workman tiendra le rôle de Titus, Cecilia Bartoli celui de Sesto, et Mélissa Petit, celui de Servilia. Anna Prohaska, Lea Desandre et Peter Kálmán seront respectivement Vitellia, Annio et Publio. Enfin, Tosca devrait être particulièrement attendu, puisque le public y retrouvera non seulement la mezzo italienne (en Pastorello) mais aussi toute une distribution de grande envergure : Anja Harteros dans le rôle-titre, Jonas Kaufmann en Cavaradossi, ou encore Bryn Terfel en Scarpia. Le tout sous la direction de Zubin Mehta.

Outre la production d’Il Trionfo del Tempo e del Disinganno de Robert Carsen, le festival d’été comptera une majorité d’œuvres plutôt classiques, mais toujours servies par des distributions superlatives et faisant appel à des visions atypiques ou des scénographes qui n’ont généralement rien de classiques. Il en sera donc ainsi du Don Giovanni qui ouvrira la série des opéras le 26 juillet en réunissant ni plus ni moins que Teodor Currentzis et Romeo Castellucci pour les directions musicale et scénique. Côté plateau, Davide Luciano tiendra le rôle-titre, Vito Priante celui de Leporello et Michael Spyres sera un Don Ottavio de premier ordre. Ce sera ensuite un autre metteur en scène connu pour ses visions parfois audacieuses, en tout cas jamais simplistes et qui partagent généralement le public et la critique : Krzysztof Warlikowski, pour mettre en scène Elektra. Une production qui devait être initialement créée en 2020, mais qui sera modifiée suite aux mesures sanitaires en vigueur à ce moment là. On retrouve d’ailleurs plusieurs des interprètes annoncés pour l'édition 2020, dont Ausrine Stundyte (Elektra), Tanja Ariane Baumgartner (Klytämnestra), Vida Miknevičiūtė et Asmik Grigorian (Chrysothemis) ou encore Michael Laurenz (Aegisth).

Christof Loy se chargera de reprendre Cosi fan tutte, avec la Dorabella de Marianne Crebassa – nous avons déjà pu constater à quel point la mezzo française excelle dans ce rôle –, la Despina de Lea Desandre, ou encore la Fiordiligi de Elsa Dreisig un trio de charme qui devrait ravir le public ! Marco Armiliato dirigera un autre classique italien, Tosca, qui ne sera cette fois-ci pas donnée en version de concert, et surtout avec une autre distribution, tout aussi impressionnante : Anna Netrebko, Yusif Eyvazov et Ludovic Tézier.

L’édition 2020 devait être l'occasion de proposer Intolleranza 1960 de Luigi Nono, mais ce sera finalement l’été 2021 qui aura ce privilège, dans la mise en scène de Jan Lauwers et avec la distribution initialement prévue. Autre œuvre rare donnée dans le cadre du festival, Neither de Morton Feldman est basé sur le texte de Samuel Beckett et se défini comme opéra en un acte, pour soprano (ici Sarah Aristidou) et orchestre.

Enfin, retour à un titre plus connu du répertoire en clôture de festival avec La Damnation de Faust en version de concert. Sous la baguette d’Alain Altinoglu, Charles Castronovo interprétera le rôle-titre face à la Marguerite que l’on imagine déjà grandiose d’Elīna Garanča, le Brander de Peter Kellner, ainsi que le Méphistophélès sombre et puissant d’Ildar Abdrazakov.

Difficile donc de ne pas se réjouir face à des telles promesses, qui augurent une édition toujours respectueuse de l’excellence du Festival de Salzbourg, d’autant plus appréciable face à la crise que traverse l’univers de la musique classique, de l’opéra et de l’art en général.

Plus d'informations sont dismonibles sur le site officiel du festival.

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