La culture à l'arrêt à Bruxelles jusqu'au 19 novembre

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Si les derniers jours ont été sources d'annonces diverses en France, notamment avec un couvre-feu étendu et une aide financière supplémentaire pour le monde de la culture, nos voisins bruxellois doivent faire face à une décision plus drastique encore : la fermeture pure et simple des lieux culturels.

Après l'annonce de mesures plus strictes pour la culture (sans pour autant fermer les musées, théâtres ou autres lieux de spectacles), tels que le retour du port obligatoire du masque sur l'ensemble du territoire bruxellois, la mise en place d'un couvre-feu de 22h à 6h, ou encore la réduction de la jauge à seulement 200 personnes, c'est un véritable coup de massue qu'a asséné Rudi Vervoort, Ministre-Président du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale : la fermeture des salles de spectacles à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 19 novembre inclus. Une décision qui engendre des réactions partagées, comme le montrent celles de Peter de Caluwe, directeur du Théâtre royal de la Monnaie, et de Fabrice Murgia, directeur du Théâtre National.
En effet, pour le premier, "ce qui vient d’être décidé, c’est simplement scandaleux et totalement incompétent. De quel droit ce gouvernement prend-il des décisions, sans aucune concertation, pour des institutions qui ne dépendent nullement de ses compétences et dont il ne connaît rien ? C’est tout simplement une manière de surréagir car ils n’ont rien fait durant tous ces derniers mois. Ils ont été totalement amateurs et maintenant ils veulent compenser d’un seul coup. Nous, nous avons pris nos responsabilités : annulation, report, aménagement des salles, mesures de sécurité, réduction du nombre de spectateurs, protocoles mis en place avec les avis de toutes les autorités concernées. Et là, ils démolissent tout d’un seul coup. Pour moi, ça remet carrément en question le niveau de compétence de la Région bruxelloise et la manière dont elle a géré cela." Le second se montre pour sa part plus mesuré, ou bien plus résigné : "C’est absolument dommageable pour nous mais comme pour tous les pans de la société qui sont touchés. On se retrouve dans la situation du mois de mars. À l’époque, je me suis énervé pour qu’on rouvre le théâtre parce que nous avions le sentiment que le secteur culturel était totalement oublié. Aujourd’hui, je pense qu’on sait que nous sommes là. Et je pense que ce n’est pas le moment de gueuler mais plutôt d’écraser. Parce que la situation est catastrophique. Cette fermeture d’un mois me semble une décision plus claire que les demi-mesures de 200 personnes. Et on espère qu’on va aplatir la courbe avec tout le reste de la société." Des réactions qui se comprennent l'une comme l'autre, d'autant plus que La Monnaie venait tout juste de débuter la production de La Ville morte en respectant toutes les conditions sanitaires imposées jusque-là.

Ce n'est toutefois pas de gaieté de coeur que Rudi Vervoort a pris cette décision difficile samedi après avoir rencontré dix-neuf bourgmestres de la Région, et malgré les mesures sanitaires prises précédemment, mais c'est bien face à la constation de "l'effondrement" du système hospitalier et dans le but d'éviter à tout prix un reconfinement : "Tous ces protocoles auxquels on se réfère ont été avalisés il y a plusieurs mois par le GEES (le groupe d’experts du déconfinement). Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans une politique de déconfinement : ce que l’on veut éviter c’est le confinement total. Ce que l’on autorisait au mois de juillet ou août n’a plus de raison d’être. On est face à un virus qui circule fortement et il faut le ralentir sans pour autant mettre à plat les écoles ou l’économie". Ces mesures sont donc en réponse à une situation grave, et le Ministre-Président est conscient de la difficulté de ces nouvelles mesures annoncées : "S’il faut des mesures dures à Bruxelles c’est parce que la situation est grave. Bruxelles est un grand centre urbain avec une concentration de population énorme où le virus circule plus facilement. Il fallait donc prendre des mesures à la hauteur de la ville internationale qu’est Bruxelles. En sachant d’autant plus que les chiffres sont très mauvais."

En espérant que cette fermeture draconnienne permette à long terme la survie du secteur culturel, ainsi que l'endiguement de la propagation du virus actuelle.

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