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Afin de réduire l’empreinte carbone de leurs productions, plusieurs maisons d’opéra se réunissent au sein du Collectif 17h25 afin de développer des synergies : elles imaginent des « structures standards » de décors.
Le spectacle vivant est parfois dénoncé pour son mauvais bilan carbone – notamment parce que le plus souvent les spectateurs se déplacent pour se rendre dans les salles de spectacle, parfois de loin, en voiture, en train voire en avion. Les acteurs du secteur sont néanmoins conscients de ce bilan et œuvrent à le réduire, par exemple en imaginant des salles de plus en plus sobres sur un plan énergétique ou en optimisant l’utilisation de leurs décors.
Fin 2019, l’Opéra de Paris, l’Opéra de Lyon, le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, le Théâtre du Châtelet et le Festival d’Aix-en-Provence fondaient le Collectif 17h25 avec précisément cet objectif de « travailler conjointement à la transformation durable de leurs processus de création et de production du spectacle vivant ». Plus concrètement, ces cinq institutions ambitionnent de « faire ensemble » afin de mutualiser leurs ressources et leurs moyens – et entre autres initiatives, elles développent un système de standardisation des décors.
La réflexion du Collectif résulte d’un constat : « chaque production engendre la réalisation l’éléments techniques de décor, qui, pour nombre d’entre eux, sont à usage unique et qu’il faut transporter entre les institutions coproductrices ». Raison pour laquelle le Collectif 17h25 a imaginé le module MOD 200, des « structures standards », uniformisées dans chaque maison, réutilisables, et adaptables aux décors des différentes productions. Ces structures permettent une réduction du volume de pièces à construire et donc de ressources, une diminution du poids du transport et du stockage, facilitent le partage de décors entre les maisons coproductrices de spectacles.
Au cours de la saison 2024-2025, plusieurs productions des établissements du Collectif 17h25 ont utilisé ces modules pour réaliser leurs structures de décor : Fanny and Alexander au Théâtre Royal de la Monnaie, L’Histoire du soldat et Hamlet/Fantômes au Châtelet, La Calisto et Don Giovanni au Festival d’Aix-en-Provence, ainsi que Louise au Festival et à l’Opéra national de Lyon ou encore Eugène Onéguine à l’Opéra national de Paris.
Le Collectif dresse maintenant le bilan de cette initiative et on en retient que « la standardisation facilite et fluidifie les étapes de fabrication, et elle optimise le transport et le stockage » et selon ses calculs, « dès la deuxième utilisation, l’impact est inférieur à celui d’une structure dédiée ». L’implémentation de l’outil « permet donc de diminuer l’empreinte (carbone des spectacles) ». Gageons ces modules auront vocation à être utilisés encore davantage à l’avenir et que les membres du Collectif 17h25 poursuivront leur collaboration pour développer de nouvelles synergies.
publié le 9 mars 2026 2026 à 20h55 par La rédaction
09 mars 2026 | Imprimer
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