Disparition d'Andréa Guiot

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C’est une bien triste nouvelle que celle-ci : la soprano française Andréa Guiot, surnommée « Mireille nationale », s’est éteinte hier, le 15 février, à l’âge de 93 ans. Elle était considérée comme l'une des meilleures ambassadrices de l'école de chant française à travers le monde.

Née le 11 janvier 1928 à Garons (dans le Gard), elle tenait son surnom de son interprétation emblématique du rôle-titre de l’opéra Mireille de Charles Gounod. Il faut dire qu’elle a découvert très tôt l’opéra, à l’âge de quatre ou cinq ans seulement, lors d'une représentation du Faust de Gounod – un compositeur décidément important dans sa vie lyrique –, donnée alors aux arènes de Nîmes.

En 1955, elle obtienait les premiers prix de chant et d'opéra du Conservatoire de Paris ainsi que le prix Osiris. Ce dernier est décernée tous les trois ans par l'Institut de France, sur proposition des cinq académies qui le composent. Il récompense « la découverte ou l'œuvre la plus remarquable dans les sciences, les lettres, les arts, l'industrie et, généralement, dans tout ce qui touche à l'intérêt public ». De 1956 à 1973, elle intègre la Réunion des théâtres lyriques nationaux (RTLN).

En même temps que ses études au Conservatoire, Andréa Guiot préparait le rôle de Marguerite (Faust), et c’est dans ce rôle qu’elle fit ses débuts sur scène à l'âge de 24 ans. C’est également avec cette partition qu’on la retrouve sur la scène de l’Opéra de Paris en 1959, où elle sera par ailleurs la toute première Micaela lorsque Carmen y sera donnée pour la première fois. Antonia (Les Contes d’Hoffmann) a marqué ses débuts à l’Opéra-Comique. Elle a également chanté Salomé dans Hérodiade de Massenet, Elvire dans Don Giovanni ou Fiordiligi dans Cosi fan tutte, mais c’est bel et bien Mireille qui a marqué sa carrière. Andréa Guiot disait à propos de ce rôle : « Je dis toujours que Mireille, je ne l’ai pas appris, je l’ai chanté. J’ai l’impression que lorsque j’ai ouvert la partition, je la connaissais déjà. Elle faisait partie de ma culture et de ma vie ».

Andréa Guiot avait mis un terme à sa carrière en 1975, à Strasbourg, alors dans le rôle d'Elisabeth de Valois dans Don Carlos. Deux ans plus tard, elle devenait professeur au Conservatoire de Paris, mais également à Lyon, Toulouse, Marseille, Strasbourg et Montpellier. Elle donnait alors des cours particulièrement recherchés.

C’est finalement dans la ville où elle a découvert l’Opéra, Nîmes, qu’Andréa Guiot s’est éteinte hier, laissant derrière elle une belle discographie, dont une Carmen aux côtés de Maria Callas et des Contes d’Hoffmann avec Mady Mesplé.

© Poirier / Roger-Viollet - AFP

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