Victoria de los Angeles

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Informations générales

  • Nom :de los Angeles
  • Prénom :Victoria
  • Date de naissance :01/11/1923
  • Date de mort :15/01/2005
  • Nationalité :Espagne
  • Tessiture :Soprano

Biographie

On s’accorde généralement sur le charme unique de la voix de Victoria de los Angeles dont le timbre plein de fraîcheur suggérait l’irrésistible séduction de la jeunesse. La soprano espagnole éblouissait les mélomanes autant par son rayonnement personnel que par sa rigueur stylistique. Comme le soulignait la grande Kirsten Flagstad : « il est très rare d’entendre une aussi jolie voix, maniée avec tant de perfection. Quel plaisir on éprouve quand on connaît le rôle mot à mot ». Il faut préciser que Victoria de los Angeles avait une prononciation parfaite qui lui permettait de rendre perceptibles les plus subtiles nuances d’un rôle en ciselant chaque mot. Elle s’est imposée comme une des plus grandes chanteuses du XXème siècle à travers un très large éventail de personnages et de styles, n’hésitant pas à déclarer : « Je n’ai pas voulu me spécialiser. J’aime toutes les musiques comme j’aime tous les parfums ».  


Victoria de Los Angeles

Victoria de los Angeles Lopez Garcia est née à Barcelone le 1er novembre 1923. Elle pratique le chant dès son plus jeune âge, faisant sa voix dans les salles de cours de l’université où son père est employé comme concierge. En 1939, après la fin de la guerre d’Espagne, elle intègre le Conservatoire du Liceu et commence à se produire sur scène et en récital, mais ses vrais débuts ont lieu en 1945 au Gran Teatre del Liceu, en Comtesse Almaviva dans Les Noces de Figaro de Mozart. Ce premier rôle restera l’un de ses emplois favoris tout au long de sa carrière. Après quelques années durant lesquelles elle étoffe son répertoire au Liceu, elle ajoute aux nombreux prix qu’elle a déjà glanés, celui du prestigieux Concours de Genève qu’elle remporte en 1947. C’est le sésame qui lui ouvre les portes de la BBC pour chanter Salud dans La Vie brève de Manuel De Falla. Ensuite, les engagements s’enchaînent très vite, propulsant la jeune chanteuse sur les scènes les plus convoitées. En 1949, elle fait ses premiers pas à Paris, en Marguerite, dans le Faust de Gounod qu’elle enregistra deux fois pour EMI, en 1953 et 1959, avec Nicolai Gedda et Boris Christoff. 1950 est l’année de sa première apparition au Covent Garden de Londres, où elle incarne une Mimi d’une bouleversante innocence dans La Bohème de Puccini. Aujourd’hui encore, un enregistrement avec Thomas Beecham au pupitre, nous permet d’apprécier cette interprétation toujours considérée comme une référence incontournable.


Victoria de Los Angeles, Tannhäuser (Bayreuth)

Au Covent Garden succèdent bientôt la Scala de Milan, puis le Théâtre Colon de Buenos Aires et le Metropolitan Opera de New-York, où elle se produira régulièrement jusqu’en 1961. Partout, Victoria de los Angeles éblouit le public, qu’elle soit Rosina dans Le Barbier de Séville de Rossini, Micaëla dans la Carmen de Bizet ou l’héroïne de Martha, un ouvrage de Friedrich von Flotow, que le Met Opera remonte spécialement pour elle. Au début des années soixante, la soprano espagnole est à l’apogée de sa gloire. En 1961, elle est engagée à Bayreuth pour chanter Elisabeth dans Tannhäuser : « Quand Wieland Wagner m’a choisie, j’ai pleuré de joie et considéré cela comme la plus grande chance de ma carrière (…) Il a voulu que je lui chante le rôle, pour voir comment je le ressentais. Je faisais une Elisabeth très mystique et il a adapté sa conception à ma personnalité. C’est là le génie d’un grand metteur en scène. » Voilà une réflexion qui pourrait aider certains metteurs en scène à réfléchir aujourd’hui quand ils préfèrent servir les idéologies en vogue plutôt que les œuvres et leurs interprètes.


Victoria de Los Angeles

Victoria de los Angeles s’est beaucoup illustrée dans le répertoire français où son art de la diction faisait merveille, mais elle ne s’est jamais laissée enfermer dans une quelconque spécialisation, suivant en cela la tradition des grandes cantatrices du XIXème siècle. A partir de 1963, sa voix commence à donner des signes de fatigue dans l’aigu. La soprano a beaucoup chanté depuis ses débuts et même si elle a toujours su choisir ses rôles avec une parfaite conscience de ses possibilités, elle arrive à un tournant de sa carrière. En 1956, déjà, elle expliquait ainsi à Bernard Gavoty, l’évolution de sa voix : « Parce que ma couleur vocale est plutôt sombre et que mon medium est timbré, on m’a classée parmi les mezzos. En fait, j’étais à mes débuts soprano léger, presque colorature. J’ai ensuite essayé de gagner en profondeur sans perdre mon aigu, bien que je déteste tout ce qui peut ressembler à une performance ». Ceci peut expliquer le choix surprenant qu’elle a fait en enregistrant, en 1958, le rôle-titre de Carmen après avoir chanté pendant longtemps celui de Micaëla. Il y a peu d’exemples d’une soprano se coulant dans un des rôles-phares des mezzos, Carmen !

À partir de 1978, Victoria de los Angeles se fait rare sur les scènes d’opéra et elle se concentre désormais sur les récitals. En 1980, elle chante une dernière fois Mélisande à Madrid. Après cet adieu au théâtre lyrique avec Debussy, elle participe à la première intégrale d’Orlando furioso de Vivaldi sous la direction de Claudio Scimone. Elle chante encore, en 1992, à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Barcelone. Et, en 1998, à soixante-quinze ans, la soprano fait ses adieux définitifs au public.

Victoria de los Angeles disparaît le 15 janvier 2005, à 81 ans, laissant heureusement à tous ses nombreux admirateurs, une très riche discographie où fleurissent nombre d’intégrales de référence, comme témoignage de son immense talent.

Catherine Duault

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