Nicolai Gedda

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Informations générales

  • Nom :Gedda
  • Prénom :Nicolai
  • Date de naissance :11/07/1925
  • Date de mort :08/01/2017
  • Nationalité :Suède
  • Tessiture :Tenor

Biographie

On pourrait qualifier Nicolai Gedda de chanteur protéiforme car l’étendue de ses dons est aussi exceptionnelle que la diversité des rôles qu’il a abordés durant sa très longue carrière. Ses qualités les plus souvent soulignées sont la beauté du timbre alliée à la facilité dans l’aigu, l’élégance du phrasé et la parfaite qualité de sa prononciation que ce soit en français, en italien, en allemand, en anglais ou en russe. Le ténor suédois a abordé tous les répertoires en parvenant à exceller dans des emplois réputés incompatibles : il a été un merveilleux Tamino dans La Flûte enchantée et un Ricardo confondant dans Un Ballo in maschera, passant ainsi de la grâce toute poétique de Mozart à l’intensité dramatique de Verdi. Nicolai Gedda a travaillé avec les plus grands chefs, d’Otto Klemperer à Herbert von Karajan, ou Wolfgang Sawallisch et il a aussi eu la chance d’être dirigé par les metteurs en scène les plus novateurs. Avec Patrice Chéreau, il participe à des Contes d’Hoffmann d’Offenbach restés longtemps inégalés puis, avec Jorge Lavelli, on le retrouve au cœur d’un Faust de Gounod inscrit dans l’histoire de l’opéra. Nicolai Gedda éblouit les mélomanes par la clarté de son chant et la distinction aristocratique de son style qui ne s’éloigne pourtant jamais du naturel le plus confondant. La grande soprano wagnérienne Birgit Nilsson disait de son compatriote : « Nicolai Gedda est incontestablement le ténor le plus musicien, le plus polyvalent, le plus subtil et le plus nuancé qu’il m’ait été donné de côtoyer tout au long de ma carrière, voire que le monde lyrique ait même connu ».

Nicolai Gedda est né le 11 juillet 1925, à Stockholm, d’une mère suédoise et d’un père russe qui l’abandonnent à sa naissance. L’enfant est recueilli et élevé par sa tante paternelle et son mari, un Russe qui a fui la révolution de 1917, Mikhail Ustinov, apparenté au célèbre acteur Peter Ustinov. Ce n’est qu’à l’âge de dix-sept ans que Nicolaï découvrira la vérité sur ses origines. En 1928, la famille part s’installer à Leipzig, en Allemagne, où le père adoptif de Nicolai est cantor à l’église orthodoxe russe Saint-Alexis. Dès l’âge de cinq ans, l’enfant intègre la chorale dirigée par son père qui lui donne ses premières leçons de musique. En 1934, les Ustinov regagnent la Suède pour fuir la montée du nazisme. Nicolai maîtrise déjà trois langues : le russe, le suédois et l’allemand ; quelques années plus tard, il parlera jusqu’à sept langues différentes ! Il entame bientôt de sérieuses études musicales qu’il complète par des cours de philosophie, d’histoire, de latin et de français. Toute la future carrière du chanteur sera nourrie par cette insatiable curiosité intellectuelle, gage d’une culture générale des plus approfondies.

A dix-huit ans, afin d’aider financièrement ses parents adoptifs, Nicolai Gedda prend un emploi de guichetier à la banque de Scandinavie sans toutefois renoncer à sa vocation lyrique. Grâce à la générosité d’un client mélomane, il peut étudier le chant avec Carl Martin Oehmann (1887-1967), l’un des plus célèbres ténors suédois des années 1920-1930. Le jeune homme obtient rapidement un prix qui lui ouvre les portes de l’Académie royale de musique de Stockholm où il parfait sa formation durant deux ans. Le 8 avril 1952, Nicolai Gedda fait ses débuts à l’Opéra de Stockholm dans le rôle-titre du Postillon de Longjumeau d’Alfred Adam, le compositeur du célèbre ballet Giselle. C’est un triomphe qui met en lumière un aigu éclatant de facilité comme peu de ténors en sont capables. Le périlleux rôle de Chapelou, côtoyant les zones les plus élevées du registre, permet à l’audacieux débutant de retenir l’attention du producteur Walter Legge qui l’engage aussitôt pour chanter Dimitri dans un Boris Godunov de Moussorgski enregistré avec Boris Christoff. Ce disque EMI, réalisé à l’été 1952, est une immense chance pour Nicolai Gedda. Il est rarissime que le début de la carrière discographique d’un chanteur coïncide avec celui de sa carrière scénique. Le parcours de Gedda dans les studios connaît donc un démarrage fulgurant et la liste de ses enregistrements sera exceptionnellement riche. On y trouve plusieurs intégrales de référence mais aussi des récitals embrassant tous les genres, de l’oratorio jusqu’à l’opérette, et chaque fois avec les partenaires et les chefs les plus prestigieux : Victoria de Los Angeles, Maria Callas, ou encore Galina Vichnevskaïa et à la direction, Otto Klemperer, Colin Davis ou Leonard Bernstein…

Après l’enregistrement de Boris vient rapidement celui de la Messe en si de Bach avec l’épouse de Legge, Elisabeth Schwarzkopf, sous la direction d’Herbert von Karajan. Ce dernier invite le jeune ténor à la RAI pour Oedipus Rex de Stravinsky, puis il le programme à la Scala de Milan en 1953, en Ottavio dans le Don Giovanni de Mozart. Dès lors, allant de triomphe en triomphe, Nicolai Gedda devient un des artistes lyriques les plus recherchés dans le monde. De 1957, année où il y débute, jusqu’en 1983, il se produira trois cent soixante-sept fois au Metropolitan Opera de New-York. A l’Opéra de Paris, son passage est tout aussi remarquable, en particulier avec Les Contes d’Hoffmann, mis en scène par Patrice Chéreau en 1974, puis, l’année suivante, avec le Faust conçu par Jorge Lavelli. Aux quatre coins du monde, Nicolai Gedda excelle à la scène comme dans les récitals, parcourant les siècles, depuis Gluck jusqu’à la création contemporaine, que ce soit avec Vanessa de Samuel Barber en 1958 ou la première américaine de The Last Savage de Gian Carlo Menotti en 1964. Le ténor suédois est aussi régulièrement invité par les plus grands festivals comme celui de Salzbourg ou celui d’Aix-en-Provence, où il enchante pendant plusieurs années le public de l’Archevêché, définitivement conquis par son art absolu du chant mozartien. 

Souvent considéré comme le digne héritier du grand Jussi Björling (1911-1960), surnommé le « Caruso suédois », Nicolai Gedda a fait une carrière aussi longue qu’éblouissante car il a toujours su faire les bons choix pour préserver la qualité et la souplesse de sa voix de ténor lyrique. Il a résisté aux propositions d’emplois wagnériens, acceptant seulement de chanter Lohengrin à l’Opéra de Stockholm.  A soixante-dix-huit ans, il enregistrait encore le Grand Prêtre de Neptune dans Idomeneo de Haendel pour le label Chandos. Nicola Gedda ne fit pas d’adieux officiels mais on a pu l’entendre une dernière fois, en 2005, l’année de ses quatre-vingt ans, lors d’un concert donné dans l’église russe orthodoxe de Leipzig où il avait commencé à chanter enfant. Il s’est éteint le 8 janvier 2017, dans sa résidence suisse, à Tolochenaz, où il menait une existence des plus paisibles après avoir été l’un des plus grands ténors du XXème siècle. Quatre jours auparavant, était mort Georges Prêtre qui l’avait dirigé à plusieurs reprises en Don José, notamment dans l’unique enregistrement de Carmen réalisé par Maria Callas

Catherine Duault

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