Nicolaï Ghiaurov

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Informations générales

  • Nom :Ghiaurov
  • Prénom :Nicolaï
  • Date de naissance :13/09/1929
  • Date de mort :02/06/2004
  • Nationalité :Bulgarie
  • Tessiture :Basse

Biographie

Brillant successeur de son illustre compatriote Boris Christoff, Nicolaï Ghiaurov est considéré comme une des plus remarquables basses du XXème siècle. Il a d’ailleurs été surnommé « Roi des basses ». Venu de Bulgarie, ce chanteur charismatique ne s’est pas limité au répertoire slave, même s’il s’est longtemps imposé comme le meilleur interprète du rôle-titre dans le chef-d’œuvre de Moussorgski, Boris Godounov. Nicolaï Ghiaurov a aussi triomphé dans l’opéra français, et son apparition en Méphisto à l’Opéra de Paris, dans le Faust de Gounod, mis en scène par Jorge Lavelli, reste un souvenir des plus marquants. Mais c’est grâce au répertoire verdien que la basse s’est particulièrement affirmée avec des personnages comme le Ramfis d’Aïda, le Fiesco de Simon Boccanegra, ou surtout le Philippe II de Don Carlo qu’il interprétait avec une humanité bouleversante.

Nicolaï Ghiaurov est né le 13 septembre 1929 à Velingrad. Dès sa plus tendre enfance, il éprouve une attirance irrésistible pour la musique qu’il dit avoir senti en lui « comme une fièvre ». Il cherche à s’emparer de tous les instruments qui passent à sa portée : « A peine avais-je entendu une fanfare dans la rue que je me précipitais au dehors, pour implorer son chef de me confier son instrument ! » L’enfant joue de l’harmonica, de la clarinette, du piano et du violon. Mais à quinze ans, il comprend qu’il ne pourra jamais devenir musicien professionnel et il se découvre une nouvelle passion pour le théâtre en intégrant une compagnie d’amateurs où il jouera Frédéric dans L’Arlésienne de Daudet et Cavaradossi dans la Tosca de Victorien Sardou…


Christo Brambarov ; © DR

Du théâtre à l’opéra, il n’y a qu’un pas que Ghiaurov va rapidement franchir en alliant à ses dons d’acteur les promesses d’une superbe voix de basse. C’est au cours de son service militaire que le jeune homme trouve enfin sa vocation quand il intègre l’école des officiers de réserve. Cette université militaire lui permet de parfaire sa formation intellectuelle tout en développant ses talents musicaux grâce à un orchestre et une chorale réunissant plus d’une centaine de membres.  En 1949, Ghiaurov entre à l’Académie de musique de Sofia. Il suit les cours de Christo Brambarov (1907-1974), un célèbre baryton bulgare qui a fait carrière en Italie entre 1929 et 1936. Brambarov transmet au jeune chanteur les secrets de la technique italienne qui lui permettront d’exceller dans Verdi en particulier. Il a ensuite la chance d’obtenir une bourse pour aller étudier au Conservatoire de Moscou d’où il sort en 1955 après avoir obtenu les plus hautes récompenses. La même année, Nicolaï Ghiaurov débute à l’Opéra de Sofia en chantant Don Basilio dans Le Barbier de Séville de Rossini. Sa carrière commence sous les meilleurs auspices ; il a décroché plusieurs distinctions prestigieuses dont une médaille d’or au concours de Varsovie où il a rencontré sa première épouse, Zlatina, avec laquelle il enregistra des mélodies russes pour la firme Decca. A l’Opéra de Sofia, le chanteur aborde rapidement les rôles qui lui apporteront la célébrité comme le Méphisto du Faust de Gounod et le Mefistofele de Boïto.


Boris Christoff ; © DR

Mirella Freni ; © DR

En 1957, Ghiaurov fait ses débuts au Staatsoper de Vienne et au Bolchoï de Moscou. En décembre de la même année, il décide de partir pour l’Italie, un pays qui l’a toujours fasciné et dont il a passionnément rêvé à travers le témoignage de son premier professeur, Christo Brambarov. Le jeune homme fait ses débuts à Bologne au Teatro Communale, en Méphisto encore une fois. Plus tard, il confiera : « ‘Faust’ m’a accompagné toute ma vie, et reste peut-être « ma passion dominante » (…) J’ai aimé ce Diable élégant et plein de grâce, d’une classe infinie, comme en témoigne la Sérénade ». En1960, le chanteur se voit proposer par la Scala de Milan, le rôle-titre de Boris Godounov, l’ouvrage qui lui permettra de s’imposer sur les plus grandes scènes internationales. Prudemment, Ghiaurov aborde l’œuvre en chantant le rôle de Varlaam dans lequel il remporte un triomphe. Mais la Scala abrite déjà une autre grande basse bulgare, Boris Christoff, qui règne sur cette scène prestigieuse depuis plus d’une dizaine d’années ! Christoff ne supporte pas son jeune challenger et il finit par s’en aller en claquant la porte. Nicolaï Ghiaurov, vainqueur du conflit, devient un des chanteurs emblématiques de la Scala.

Parallèlement, il se produit dans tous les plus grands opéras où chacune de ses apparitions constitue un événement. Il est un des piliers de l’Opéra de Vienne, une ville qu’il affectionnait particulièrement avec sa seconde épouse, Mirella Freni. Seul le répertoire allemand est totalement absent de sa carrière. Le chanteur résista toujours aux propositions de Wieland Wagner en pensant que le placement de la voix qu’exige l’opéra allemand pourrait lui être néfaste.     

A partir de 1962, Ghiaurov est régulièrement invité par Karajan au Festival de Salzbourg ; le chanteur s’y produira pour la dernière fois en 1992, dans le rôle de Goriantchikov dans De la maison des morts de Janacek. Une anecdote célèbre veut qu’un jour Karajan se soit agenouillé devant Ghiaurov et lui ait embrassé la main pour lui témoigner sa vive émotion devant son impressionnante interprétation de la mort du Tsar Boris Godounov. Une très vaste discographie nous permet encore aujourd’hui d’apprécier cette voix immense, aussi enveloppante qu’électrisante, dotée autant d’incroyables résonances graves que d’un brillant aigu et d’un souffle impeccablement maîtrisé. Nicolaï Ghiaurov s’est éteint le 2 juin 2004, à l’âge de 74 ans, à Modène, où il s’était installé avec son épouse Mirella Freni. Il laisse le souvenir d’un chanteur exceptionnel qui alliait à ses dons musicaux l’art d’habiter et de transcender ses personnages.

Catherine Duault

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